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Un rapport lève le voile sur la corruption en Chine

Des billets de 100 yuans chinois

Des billets de 100 yuans chinois

Photo : AFP / Frederic J. Brown

Radio-Canada

De 16 000 à 18 000 cadres gouvernementaux chinois ont fui à l'étranger en emportant avec eux 121 milliards de dollars entre le milieu des années 1990 et 2008, indique un rapport de la banque centrale chinoise, et plusieurs d'entre eux sont venus se réfugier au Canada.

Le rapport de 67 pages, apparemment publié par erreur, lève le voile sur l'ampleur du phénomène en Chine. La somme de 121 milliards de dollars représente 2 % du produit intérieur brut.

L'étude, rédigée par des spécialistes en blanchiment d'argent de la banque centrale, ne se contente de chiffrer le phénomène. Elle explique les huit méthodes grâce auxquelles les responsables corrompus arrivent à se remplir les poches.

La méthode la plus simple consiste à dissimuler de l'argent liquide dans ses bagages et à prendre la poudre d'escampette en direction de l'aéroport.

D'autres se lancent dans des dépenses somptuaires à l'étranger et utilisent des fonds publics pour se faire rembourser ces dépenses.

D'autres fraudeurs, plus sophistiqués encore, élaborent de faux contrats ou créent, grâce à des tiers, des entreprises fictives à l'étranger vers lesquelles ils acheminent des fonds.

Le rapport révèle que les plus hauts responsables impliqués dans des détournements de fonds ont fui vers des pays occidentaux, comme les États-Unis, le Canada, l'Australie et les Pays-Bas. Ils transitent souvent par Hong Kong, qui a un statut administratif spécial.

Ceux d'un rang moindre trouvent plutôt refuge en Russie, dans les pays d'Europe de l'Est ou dans des pays voisins, comme la Thaïlande, la Malaisie, la Mongolie ou la Birmanie.

Selon l'étude, le prix des maisons dans certains quartiers résidentiels de New York ou de Los Angeles a fortement progressé en raison de l'afflux important de familles chinoises à la fortune d'origine douteuse.

Les entreprises du secteur financier, les entreprises d'État en situation de monopole, les firmes du secteur de la construction et des transports ainsi que les organismes du gouvernement chinois spécialisés dans la fiscalité, l'investissement ou le commerce sont les plus susceptibles d'être touchés par des détournements de fonds.

Reprenant un credo du Parti communiste chinois, les auteurs soulignent que ces transferts hors de Chine de sommes issues de la corruption sont susceptibles de « saper les fondations de l'autorité du Parti ».

« Il est crucial pour conserver le soutien de la population et pour l'existence du Parti de punir avec fermeté [les bénéficiaires de la corruption] et de prévenir de façon efficace la corruption », écrivent-ils.

Le rapport, intitulé La route qu'utilisent les responsables corrompus du pays pour transférer des fonds à l'étranger, a été brièvement publié sur le site du bureau de lutte au blanchiment d'argent de la banque centrale, avant d'en être retiré.

Il semble qu'il a été publié après avoir été primé par une société spécialisée dans les domaines bancaires et financiers, même s'il portait la mention « données internes, ranger avec précaution ».

Le rapport aurait été retiré après que des médias chinois l'aient remarqué et rapporté ses conclusions.

Avec les informations de Agence France-Presse, Financial Times, Wall Street Journal, et The Australian

International