•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tranquillement, mais sûrement, l'ADN humain!

Un foetus
Photo: iStockphoto

Une soixantaine de nouvelles mutations génétiques sont transmises par les parents à leur enfant, ont découvert des chercheurs québécois du projet CARTaGENE et des collègues américains.

C'est beaucoup moins que ce que les estimations avancées à ce jour ne laissaient penser. Cette nouvelle découverte remet en question l'échelle de temps utilisée pour calculer le rythme d'évolution de notre espèce au fil des générations.

Explications

Le génome humain est constitué de près de six milliards d'éléments d'information appelés nucléotides. Chaque parent en transmet trois milliards à son enfant. Une seule erreur de copie d'un seul nucléotide peut se traduire par une mutation génétique.

Les généticiens pensaient jusqu'à maintenant que les parents contribuaient à une moyenne de 100 à 200 erreurs dans les nucléotides transmis à leur enfant. Ces travaux montrent que c'est plutôt, en moyenne, une trentaine de nouvelles mutations génétiques qu'un parent transmet à son enfant.

L'étude génétique que nous venons de mener, la première en la matière, révèle qu'en réalité, ces erreurs ou mutations sont beaucoup moins nombreuses qu'on ne le pensait jusqu'alors.

Pr Philip Awadalla

Les mutations font émerger de nouvelles séquences génétiques et jouent un rôle clé dans le processus d'évolution des espèces, notent les auteurs de ces travaux.

Des cousins encore plus lointains

Les généticiens devront donc réviser le nombre de générations qui séparent des espèces qui sont génétiquement apparentées, comme les humains et les grands singes.

En principe, l'évolution est 30 % moins rapide qu'on pensait.

Pr Awadalla

L'époque de la divergence entre homme et chimpanzé pourrait ainsi être repoussée de 7 millions d'années dans le passé, comme le suggèrent déjà de récentes découvertes fossiles.

D'où viennent les mutations?

Les chercheurs ont aussi vérifié si le père transmet davantage de mutations à l'enfant que la mère, puisque les erreurs surviennent pendant la division cellulaire et la réplication de l'ADN et que les hommes produisent plus de gamètes (spermatozoïdes) que les femmes (ovules).

La théorie voulait qu'un plus grand nombre de mutations proviennent des hommes que des femmes. Or, dans les deux familles étudiées, les résultats ont été tout à fait surprenants : 92 % des mutations ont été transmises par le père dans une des familles, mais seulement 36 % dans l'autre.

Ces résultats laissent penser que dans certaines familles, la plupart des mutations viennent de la mère et que dans d'autres, la plupart peuvent venir du père.

En outre, le taux de mutations serait extrêmement variable d'un individu à l'autre, notent les auteurs de ces travaux publiés dans le magazine Nature Genetics.

Aucun thème sélectionné