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Fusillade à Montréal : des civils impliqués dans l'enquête?

Reconstitution des événements par les enquêteurs.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À la suite de la fusillade de mardi qui a coûté la vie à deux civils à Montréal, la protectrice du citoyen demande la création d'une escouade mixte formée de citoyens et de policiers pour enquêter sur des incidents impliquant des policiers. Mme Raymonde Saint-Germain affirme qu'ainsi, les enquêtes seraient plus transparentes et impartiales.

Je reconnais l'expertise policière, mais il faut aussi une expertise et un encadrement qui soit civil pour ajouter à la crédibilité. Présentement, l'encadrement n'est pas suffisant. Les critères et la cohérence de ses enquêtes-là peuvent varier d'une enquête à l'autre. Ce sont des éléments qui affaiblissent les enquêtes, et qui affaiblissent la perception de l'impartialité, et, en conséquence, de la confiance.

Une citation de :Raymonde Saint-Germain, protectrice du citoyen

Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, serait ouvert à cette idée. Il veut toutefois attendre le rapport sur la mort de Freddy Villanueva, qui implique aussi des policiers, avant d'agir.

M. Dutil demande pour le moment à l'école nationale de police d'étudier la possibilité d'améliorer la formation des futurs policiers.

« Ce matin, la directrice générale de l'école de police a été contactée pour voir s'il y aurait des améliorations à apporter ou des idées pour améliorer la formation et voir à long terme ce que nous pouvons faire », a déclaré le ministre Dutil aux journalistes.

Cette demande du ministre survient à la suite de la mort d'un sans-abri et d'un passant mardi matin, lors d'une opération policière à l'intersection des rues Saint-Denis et Christin, à Montréal.

Plusieurs questions se posent dans l'opinion publique sur l'utilisation par les policiers du SPVM de leurs armes de service lors de cette arrestation, qui s'est soldée par la mort du suspect et de celle d'un passant atteint par une balle perdue.

L'enquête

Par ailleurs, les enquêteurs de la Sûreté du Québec ont procédé jeudi matin à une reconstitution exhaustive des événements sur les lieux du drame.

Les enquêteurs qui s'affairent toujours à recueillir des éléments de preuve ont aussi interrogé un nouveau témoin de la fusillade, un cycliste d'une soixantaine d'années. Les quatre agents du SPVM impliqués dans cet incident n'ont cependant pas encore été rencontrés par les enquêteurs de la SQ chargés par Québec de faire la lumière sur ces événements.

Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'avant de rencontrer les témoins principaux lors d'un événement, les enquêteurs doivent faire les premières constatations pour être en mesure, lorsqu'ils rencontrent les témoins, de poser les bonnes questions et d'avoir déjà une idée de la situation.

Une citation de :Guy Lapointe, Sûreté du Québec

Une enquête du coroner aura lieu pour déterminer les causes et les circonstances du drame.

Le fil des événements

Vers 6 h 40, mardi, les policiers du SPVM ont reçu un appel leur indiquant que Mario Hamel, un itinérant de 40 ans, apparemment en proie à une crise, éventrait des sacs d'ordures près de l'angle des rues Sainte-Élisabeth et Sainte-Catherine, dans l'arrondissement Ville-Marie.

Selon la Sûreté du Québec, quelques minutes avant l'opération policière, Hamel, agité et armé d'un couteau, aurait menacé un passant, qui a appelé les policiers.

Les agents du SPVM l'ont pris en chasse, et l'opération s'est déplacée vers l'intersection des rues Saint-Denis et Christin. L'homme aurait alors résisté à son arrestation et c'est à ce moment que les policiers auraient ouvert le feu sur lui, l'atteignant de plusieurs projectiles.

Au moment où se déroulait la scène, Patrick Limoges, qui était dans le secteur « par hasard », selon les termes de la SQ, a lui aussi été atteint par une balle. Grièvement blessé, le citoyen de 36 ans a succombé à ses blessures en fin de journée, mardi.

Quant au décès de Mario Hamel, il a été constaté peu après son arrivée à l'hôpital. Trois des quatre policiers qui étaient présents sur les lieux ont été traités pour des chocs nerveux.



Manifestation violente au centre-ville

La colère était palpable au centre-ville de Montréal, mercredi soir, au lendemain de cette bavure policière. Environ 300 personnes ont marché dans les rues en réaction à l'intervention policière qui a mal tourné.

Les manifestants ont accusé les policiers de faire preuve de brutalité. Des projectiles ont été lancés contre des policiers et des journalistes. Des vitrines ont aussi été fracassées, mais personne n'a été arrêté.

Des manifestants ont réclamé la fin des politiques ministérielles qui permettent aux policiers d'enquêter sur d'autres policiers dans des événements semblables.

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