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Washington profite du chaos au Yémen pour amplifier ses frappes

Des militants yéménites surveillent la région de Taiz, la deuxième plus grande ville du pays, le 8 juin.

Des militants yéménites surveillent la région de Taiz, la deuxième plus grande ville du pays, le 8 juin.

Photo : AFP / Mohammed Huwais

Radio-Canada

Les États-Unis ont intensifié leurs frappes au Yémen depuis les dernières semaines, profitant du chaos politique au pays, alors que le chef d'État Ali Abdallah Saleh est en convalescence en Arabie Saoudite. Les autorités américaines citées mercredi par le New York Times disent vouloir empêcher les partisans d'Al-Qaïda dans le sud du pays de s'emparer du pouvoir.

Selon une source du journal au Pentagone, l'usage de la force au Yémen, un pays allié des États-Unis, est compliqué par le fait que les militants d'Al-Qaïda se sont mêlés à d'autres groupes de protestataires opposés au gouvernement de Saleh. Il devient donc difficile pour les États-Unis d'intervenir sans donner l'apparence de prendre position dans le conflit politique interne du pays, où le gouvernement est en pleine crise de légitimité.

L'ambassadeur américain au Yémen, Gérald M. Feierstein, a récemment rencontré des chefs de l'opposition pour plaider la poursuite des opérations aériennes de son pays sur le territoire yéménite advenant la chute du gouvernement de Saleh. Les autorités américaines affirment que les chefs de l'opposition ont convenu que les tirs contre Al-Qaïda pourraient se poursuivre dans la péninsule arabique, indépendamment de qui remporterait le pouvoir au Yémen à l'issu de la crise.

Jeudi, au moins « 10 membres d'Al-Qaïda » et trois militaires ont été tués dans des combats près de Zinjibar, dans la province d'Abyane, selon un officier de l'armée cité par l'Agence France-Presse. La ville de Zinjibar est sous le contrôle de forces rebelles depuis le 29 mai dernier. Les autorités yéménites présentent ces rebelles comme des membres du réseau d'Al-Qaïda. Mardi, le ministère de la Défense avait annoncé la mort de 30 membres du réseau près de la ville.

Ali Abdallah Saleh a autorisé les missions américaines au Yémen en 2009, mais a balisé les opérations et se les ait publiquement appropriées, affirmant qu'elles étaient menées par ses propres troupes.

Les États-Unis avaient suspendu leurs opérations sur le sol yéménite depuis un an, lorsqu'ils avaient constaté que des informations erronées avaient entraîné la mort de civils pendant des bombardements, selon le New York Times.

Le dirigeant du Yémen, Ali Abdallah Saleh, blessé dans l'explosion d'une bombe dans le palais présidentiel vendredi dernier, a été opéré à Riyad, en Arabie Saoudite. L'attaque contre la mosquée du palais, à l'heure de la prière, a été attribuée par les autorités yéménites à des membres d'une tribu.

L'Agence de presse officielle du Yémen, Saba, a déclaré que l'opération de M. Saleh avait été un succès et que l'état du dirigeant était stable.

Au pays, le retour de M. Saleh en tant que chef d'État est contesté. Les militants yéménites qui le désavouent veulent que M. Saleh « ne rentre au pays qu'en simple citoyen » et se disent prêts à poursuivre leurs manifestations jusqu'à ce que le vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi accepte la formation d'un « conseil présidentiel de transition ».

Avec les informations de Agence France-Presse, New York Times, et Reuters

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