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L'OTAN mène ses raids les plus violents depuis le début des opérations en Libye

Des colonnes de fumée s'élèvent dans le ciel de Tripoli après un bombardement de l'OTAN.

Des colonnes de fumée s'élèvent dans le ciel de Tripoli après un bombardement de l'OTAN.

Photo : AFP / Pigiste

Radio-Canada

L'OTAN a mené ses bombardements les plus violents sur Tripoli jusqu'ici, les raids se succédant en matinée, puis en après-midi de mardi ainsi que dans la nuit de mercredi. Depuis le début de l'offensive de l'OTAN, le 19 mars, les frappes aériennes ont surtout eu lieu la nuit.

Au cours des dernières heures, de puissantes explosions ont de nouveau secoué le secteur du complexe de Bab al-Azizia, où vit le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, dans le centre de la ville, a rapporté un journaliste de l'AFP.

L'information a également été relayée par le porte-parole du régime, Moussa Ibrahim, qui a soutenu que la banlieue de Tajoura de même que la route de l'aéroport au sud de la capitale avaient elles aussi été bombardées.

Moussa Ibrahim a par ailleurs affirmé que la capitale avait été frappée « avec plus de 60 bombes », ajoutant que l'« attaque haineuse [de l'OTAN] sur Tripoli » avait fait 31 morts et des dizaines de blessés.

« Des dizaines de milliers d'enfants vivent à Tripoli, a-t-il poursuivi. Vous pouvez imaginer le choc et l'horreur pour les enfants. Vous pouvez imaginer l'horreur pour les parents qui ne peuvent surveiller leurs enfants qui sont loin d'eux. »

Malgré l'intensification des bombardements, le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, a profité d'une entrevue audio diffusée par la télévision d'État libyenne pour appeler ses partisans à se rassembler dans son complexe de Bab al-Azizia et « à résister ».

Malgré les bombardements, nous ne nous soumettrons jamais. Nous saluons la mort.
Le martyre est un million de fois préférable.

Une citation de Mouammar Kadhafi

« Nous vaincrons nos ennemis », a soutenu le dictateur, qui célébrait mercredi son 69e anniversaire. « Nous n'avons qu'un seul choix : nous resterons sur notre terre, morts ou vifs. »

Cible fréquente des frappes, le complexe résidentiel de Kadhafi est désormais en ruines, a précisé l'AFP.

Sur le plan judiciaire, la fille de Kadhafi, Aïcha Kadhafi, a porté plainte contre l'OTAN à Bruxelles et à Paris pour « crimes de guerre », dans la foulée d'un raid qui a tué le plus jeune fils du dirigeant libyen et trois de ses petits-enfants, le 30 avril dernier.

L'OTAN maintient la pression

« Tant que Kadhafi continuera de menacer les civils, l'OTAN maintiendra la pression sur son régime et continuera de détruire sa capacité de nuire à la population », a déclaré le chef de la mission de l'OTAN en Libye, le lieutenant-général canadien Charles Bouchard. Un porte-parole de l'organisation, Mike Bracken, a de son côté assuré que les milliers de raids de l'Alliance atlantique avaient « considérablement affaibli » le régime.

À Washington, le président Barack Obama s'est montré encore plus clair, assurant voir une « tendance inexorable » vers le départ du colonel Kadhafi.

Kadhafi doit quitter le pouvoir et le rendre aux Libyens, et la pression ne fera que s'intensifier jusqu'à ce qu'il le fasse.

Une citation de Le président Obama

Le régime a d'ailleurs enregistré une nouvelle défection mardi : le ministre du Travail, Al Amin Manfur, en déplacement à Genève. Celui-ci a annoncé son appui à la rébellion et proposé ses services au Conseil national de transition (CNT), la direction politique de la rébellion.

Tractations diplomatiques

Pendant ce temps, l'envoyé spécial du Kremlin, Mikhaïl Marguelov, est arrivé mardi à Benghazi, fief des rebelles dans l'est du pays, pour tenter « d'établir un dialogue » entre Tripoli et la rébellion. Il y a rencontré plusieurs responsables du Conseil national de transition (CNT), la direction politique de la rébellion, dont son président Moustapha Abdeljalil.

Au terme des discussions, M. Marguelov a répété devant la presse que la Russie prônait « une solution politique, pas une escalade militaire ». Il a cependant déclaré que « Kadhafi a perdu sa légitimité dès la première balle qui a tué un innocent ».

L'émissaire russe a fait savoir qu'il serait mercredi au Caire, en Égypte, et qu'il était « ultérieurement disposé à se rendre à Tripoli ».

Un émissaire spécial de l'ONU, Abdul-Elah Al-Khatib, est aussi arrivé à Tripoli mardi. Le régime libyen a aussi dépêché son ministre des Affaires étrangères, Abdul-Ati Al-Obeidi, à Pékin, en Chine.

À l'instar de la Russie, la Chine a ouvert un canal de communications avec les rebelles libyens la semaine dernière. Moscou et Pékin se sont abstenus lors du vote sur la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU.

Près d'un million de Libyens ont pris la fuite

Quelque 6850 réfugiés libyens fuyant les violences ont par ailleurs franchi la frontière tunisienne au cours des deux derniers jours, ont indiqué les autorités tunisiennes mardi. Un bateau libyen en provenance de Benghazi, notamment, est arrivé lundi au port tunisien de Sfax, avec 24 blessés et une équipe de médecins à son bord.

Depuis le début de l'insurrection, le 15 février, entre « 10 000 et 15 000 » personnes sont mortes et 890 000 ont pris la fuite, selon l'ONU.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press et Reuters

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