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Après une quatrième démission, Marois admet avoir commis une erreur

Pauline Marois
Radio-Canada

Alors que le Parti québécois est en pleine crise avec la démission de quatre députés en deux jours, la chef Pauline Marois a admis avoir commis une erreur dans sa gestion de l'affaire entourant le projet de loi privé 204 concernant l'entente entre Quebecor Media et la Ville de Québec sur la gestion du futur amphithéâtre.

Elle dit ainsi qu'elle n'aurait peut-être pas dû donner son accord au projet de loi sans avoir consulté ses députés, au préalable. Lundi, les trois députés qui ont démissionné ont parlé du projet de loi et du fait qu'ils n'avaient pas été consultés comme une des raisons de leur départ.

« J'admets que j'ai commis une erreur au départ. En quatre ans, c'est la première fois que je ne les consulte pas », a-t-elle affirmé à la sortie de la réunion spéciale du caucus du Parti québécois.

Mme Marois a aussi dit avoir été surprise par l'ampleur qu'a prise ce débat.

« Je ne croyais pas honnêtement que cela prendrait l'ampleur que cela a pris, il faut que je sois bien franche et dans ce sens-là, peut-être aurais-je dû diriger le tout différemment. Sincèrement, quand on m'a proposé ce fameux projet de loi privé, il y avait 25 précédents. Je ne pouvais pas imaginer que cette fois-ci, on serait en désaccord, alors que toutes les autres fois, on avait été d'accord. [...] Cela a pris une telle ampleur parce qu'il y a d'autres facteurs, des gens qui n'aiment pas Quebecor, ou M. Labeaume, toutes sortes d'enjeux », a-t-elle ajouté.

Mme Marois a aussi affirmé qu'elle envisageait de permettre à ses députés de voter selon leur conscience sur le projet de loi privé 204.

« On a fait le tour de la question et c'est une hypothèse qui est envisagée », a-t-elle déclaré. Cette déclaration a été faite avant que le premier ministre, Jean Charest, annonce que son gouvernement reportait à l'automne le vote sur le projet de loi.

Mme Marois a aussi répliqué au député Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant, qui a démissionné mardi en réclamant le départ de la chef péquiste. Selon lui, Pauline Marois n'est pas la bonne personne pour mener le Québec à la souveraineté.

La chef du PQ a répliqué en rejetant cette demande de démission et a insisté pour dire que la souveraineté est au coeur de ses engagements et au coeur de l'action du parti.

Le député de Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Aussant claque la porte

Jean-Martin Aussant a annoncé mardi matin sa démission et demandé à la chef péquiste de faire la même chose. Même s'il dit reconnaître les compétences de Pauline Marois. il estime que la chef du PQ « devrait penser à la cause souverainiste d'abord », car il juge qu'elle ne peut pas « convaincre les fédéralistes de rejoindre l'option du "oui" dans un référendum ».

« Je tiens à vous dire que j'ai du respect pour Pauline Marois. C'est une grande dame de l'histoire politique québécoise. C'est elle qui a occupé le plus de fonctions ministérielles au Québec, hommes et femmes confondues. Elle est donc clairement une personne exceptionnelle » a tenu à spécifier M. Aussant.

Il blâme donc plutôt la direction du Parti québécois qui, selon lui, pratique un type de politique pas vraiment différent de celui du Parti libéral dans son désir de conquérir le pouvoir.

« C'est cette joute "pouvoiriste" que je qualifie d'irrespectueuse envers l'électorat, qui est la pire ennemie de notre démocratie », a déclaré M. Aussant.

« Faire de la politique autrement, ça veut dire toujours parler vrai et ne jamais faire passer l'intérêt personnel ou partisan avant l'intérêt national », soutient-il, estimant que ces maux atteignent maintenant le Parti québécois.

« Je ne crois pas qu'avec la direction actuelle et son entourage, qu'un véritable changement de méthodes et de tactiques soit possible », a-t-il asséné.

Sa démission n'a donc rien à voir, certifie-t-il, avec le dossier de l'amphithéâtre de Québec.

Réunion spéciale du caucus

Le caucus du Parti québécois a dû se réunir exceptionnellement afin de permettre à chaque député d'exprimer son point de vue et de trouver une solution satisfaisante pour tous sur la question du projet de loi 204.

Selon des quotidiens, plusieurs députés, qui éprouvent un malaise avec le projet de loi 204, auraient pu imiter leurs collègues démissionnaires. Parmi ceux-ci, on retrouverait les députés de Labelle, Sylvain Pagé, de Marguerite-D'Youville, Monique Richard, de Rimouski, Irvin Pelletier. Les députés de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, de Joliette, Véronique Hivon et un autre député de Lanaudière refuseraient eux aussi d'entériner le projet de loi.

Bernard Drainville, un autre poids lourd du parti, aurait exprimé ses réticences par rapport au projet de loi et aurait songé à voter contre, même s'il a tenté ce week-end de dissuader ses collègues de faire « sauter la baraque » afin de ne pas affaiblir « irrémédiablement le mouvement indépendantiste québécois ».

Mardi matin, il s'est dit « désolé » du départ de ses collègues et a affirmé ne pas être d'accord avec eux au sujet de la supposée « autorité outrancière » exercée par la direction du parti. M. Drainville y est tout de même allé de quelques commentaires sur le PQ, affirmant qu'il doit changer et qu'il est prêt à oeuvrer à ce changement « de l'intérieur ».

Cette crise au sein du PQ survient deux mois seulement après que Pauline Marois eut obtenu un résultat historique de 93,08 % au vote de confiance auquel elle s'était soumise. « J'ai l'intention d'aller de l'avant » a affirmé Pauline Marois lundi en conférence de presse.

Pauline Marois reçoit des appuis

Quelques députés péquistes ont tenu à renouveler leur soutien envers leur chef, notamment les députés de Drummond, Yves-François Blanchet, de Bourget, Maka Kotto, et de Jonhson, Étienne-Alexis Boucher.

Quant au député de Bertrand, Claude Cousineau, qui ne voulait pas voter en faveur du projet de loi 204 et qui menaçait de rejoindre ses collègues démissionnaires, il a indiqué, après la réunion du caucus, être maintenant « à l'aise ». « Il y a de belles portes d'ouvertes, dont celle du vote libre », a-t-il déclaré.

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