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Marois déplore la démission de trois députés péquistes

Pauline Marois
Radio-Canada

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, déplore la démission de trois députés de son parti - Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Lisette Lapointe - en raison de leur opposition au projet de loi d'intérêt privé de leur collègue Agnès Maltais. Se disant « triste », elle a rejeté également du revers de la main les critiques sur sa gestion du parti.

Après avoir tenté de les joindre pendant la fin de semaine, Mme Marois a réussi à leur parler lundi. Elle leur a offert de s'absenter lors de la tenue du vote sur le projet de loi 204 - proposant de mettre à l'abri de poursuites judiciaires l'entente pour la construction de l'amphithéâtre à Québec - pour leur éviter de voter contre leur conscience. Les trois députés ont rejeté l'offre de Mme Marois, ce qui fait croire à cette dernière qu'il se cache autre chose derrière ces démissions.

« La décision de mes collègues ne fait pas avancer d'un iota, ni les principes desquels se réclament les députés, ni la souveraineté, ni le Québec », avance Mme Marois.

Les seuls qui y gagnent sont le Parti libéral, Jean Charest et les fédéralistes.

Pauline Marois

La chef du PQ rejette par ailleurs les critiques de son leadership lancées par les trois démissionnaires qui le qualifie d'autoritaire. Mme Marois soutient qu'elle écoute et consulte longuement son caucus, mais qu'elle doit, en fin de compte, prendre des décisions.

Elle a indiqué qu'elle était « carrément, honnêtement, renversée » par les propos des trois élus démissionnaires sur son leadership. Elle a souligné avoir fait la preuve de compétence pour le poste de chef du PQ, rappelant qu'elle a reçu l'appui de 93 % des militants de son parti au congrès tenu à la mi-avril. « Mon style nous a menés là où nous sommes maintenant. Nous formerions le prochain gouvernement », a-t-elle fait valoir.

La chef du PQ a précisé qu'en dépit de ces départs, le Parti québécois possède une équipe remarquable, « fringante, décidée, déterminée » qui va « accuser le coup » puis se retrousser les manches et se remettre à l'ouvrage.

Mme Marois ne s'attend pas à ce que d'autres députés emboîtent le pas aux trois démissionnaires, mais n'exclut pas cette possibilité. « Nous avons prévu de toute façon un caucus demain [mardi]. J'imagine que, normalement, les gens ont le courage de venir rencontrer leur caucus pour s'expliquer », a-t-elle souligné.

Un « tsunami » salutaire pour le PQ?

L'ancien chef du PQ Bernard Landry a affirmé que la démission des trois poids lourds péquistes constituait « un tremblement de terre qui risque de devenir un tsunami ». M. Landry estime que ces démissions forceront une réflexion en profondeur au sein du PQ.

Ce parti a été fondé pour mener le Québec à l'indépendance nationale et aux Nations unies, pas au Conseil de la fédération. C'est peut-être une occasion extraordinaire pour battre le rappel.

Bernard Landry

Les trois démissionnaires « sont des gens profondément indépendantistes », estime M. Landry, et leur départ n'a que « bien peu à voir avec le dossier de l'amphithéâtre ». « C'est la goutte qui a fait déborder le vase et c'est peut-être le temps pour le vase de repenser sérieusement ses objectifs et ses façons de procéder et si c'est ça, c'est un tremblement de terre qui pourrait faire tsunami, un tsunami favorable au Québec et au Parti québécois. »

Loin de sembler dévasté par la crise qui secoue le PQ, M. Landry avance qu'il est temps de remettre l'indépendance à l'avant-plan. « Le temps du réveil » a sonné pour le PQ, estime-t-il.

Un « coup terrible », selon Jean-Pierre Charbonneau

Même s'il parle d'un « coup terrible », l'ex-député péquiste Jean-Pierre Charbonneau a confié à Radio-Canada.ca qu'il n'était pas surpris par le départ de ces trois députés, connaissant l'« insatisfaction profonde » qui existe au sein du caucus du PQ.

M. Charbonneau estime que Pauline Marois a fait le choix de « se coller aux plus électoralistes et aux députés-dinosaures » du PQ, tout en « négligeant les autres opinions », comme celles de Pierre Curzi, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe.

De l'avis de l'ancien député, ce n'est pas seulement Jean Charest qui doit se frotter les mains en ce moment, estimant que François Legault doit lui aussi se réjouir de ce départ fracassant de trois députés péquistes.

L'ex-premier ministre péquiste Jacques Parizeau accompagnait sa femme Lisette Lapointe au moment de l'annonce faite par les trois élus. Il s'est refusé à tout commentaire, sinon pour reconnaître que sa présence est hautement symbolique.

Réaction de Charest

Se refusant de « commenter les affaires internes » du PQ, le premier ministre Jean Charest s'est contenté de dire que ces démissions exacerbent un « malaise relié à la manière dont le Parti québécois a fait de la politique au cours des deux dernières années ». Une façon de faire que les libéraux ont critiqué dans le passé, conclut-il.

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