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Pierre Curzi, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe quittent le PQ

Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Lisette Lapointe
Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Lisette Lapointe

Trois poids lourds du Parti québécois, Pierre Curzi, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe, ont annoncé, lundi matin, qu'ils quittaient le caucus péquiste et qu'ils siégeraient désormais comme députés souverainistes indépendants.

Dans un point de presse, les trois députés ont affirmé qu'ils ne se reconnaissaient plus au sein de leur formation politique.

Le Parti québécois que je quitte, c'est celui de l'autorité outrancière, d'une direction obsédée par le pouvoir. L'atmosphère est devenue irrespirable.

Lisette Lapointe, députée de Crémazie

Ils ont notamment dénoncé le climat étouffant qui règne au sein du PQ. Le projet de loi 204 consacré à l'entente entre Quebecor Media et la Ville de Québec sur la gestion du futur amphithéâtre, parrainé par la péquiste Agnès Maltais, est « la goutte d'eau qui a fait déborder le vase ». Le caucus péquiste est en effet divisé à ce sujet.

Pierre Curzi, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe ont expliqué que le caucus péquiste n'a pas été consulté avant la mise en branle de ce dossier par leur collègue. « J'ai été sonnée d'apprendre que la décision était sans appel et qu'aucune note discordante ne serait acceptée », a expliqué Mme Lapointe, la femme de l'ex-premier ministre Jacques Parizeau.

Pour les trois députés, le projet de loi 204 créerait un dangereux précédent, puisqu'il vise à protéger de toutes contestations judiciaires des contrats qui ne sont pas encore rédigés.

M. Curzi a affirmé qu'il n'aurait plus été capable de se « regarder dans le miroir » s'il avait été obligé de voter en faveur du projet de loi.

Selon Louise Beaudoin, il n'y avait aucune ouverture : « Jusqu'à samedi, c'était clair, on devait se soumettre ou se démettre ».

La députée de Rosemont, membre du PQ depuis 1970, a expliqué que son sens de la justice ne lui permettait pas de rester.

Mme Beaudoin a ensuite critiqué la façon dont se fait la politique aujourd'hui, déplorant notamment « la partisanerie qui rend aveugle », « la rigidité de la ligne de parti » et « le ton guerrier » en Chambre. Autant de choses, selon elle, qui alimentent le cynisme de la population.

Pour Lisette Lapointe, qui se décrit comme une admiratrice des Nordiques, sa défection « est beaucoup plus qu'une histoire d'aréna ». « Je ne me reconnais plus dans ce parti, je ne m'y sens plus à ma place. J'ai la pénible impression que nous nous éloignons de la souveraineté et du pouvoir, qui semblaient si proches », a-t-elle ajouté.

Lire la réaction de Pauline Marois à la suite de la démission des trois députés.

Une main tendue de Pauline Marois, mais trop tard

Les députés démissionnaires se sont entretenus avec leur chef quelques minutes avant d'annoncer leur démission. Pauline Marois leur aurait fait différentes propositions, soit s'absenter ou s'abstenir lors du vote, voire voter contre le projet de loi, mais il était trop tard, ont-ils estimé.

Pierre Curzi a reconnu le dur coup qu'il porte à sa formation. « Mais on sait aussi que la classe politique est modifiée et qu'elle risque de l'être encore. Espérons que ce sera un effet passager. »

Mme Lapointe croit que ces démissions auront un effet positif sur le parti. « Ça va certainement faire en sorte que des députés vont vouloir faire de la politique autrement. Pas du clientélisme, pas prendre une position avec laquelle une majorité du caucus est inconfortable pour deux, trois votes. »

Le député de Bertrand, Claude Cousineau, a également menacé de rejoindre ses collègues si on le forçait à voter pour le projet de loi 204. Le député de Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant, que plusieurs ont identifié aux opposants au projet de loi, attendra pour sa part avant de se prononcer.

Rappelons que la Ville de Québec échappe au Parti québécois depuis de nombreuses années, et que la formation aimerait faire des gains dans la région.

L'entente en bref

Dévoilée en mars dernier, l'entente de principe comporte deux scénarios. Si la Ville obtient un franchise de la LNH, Quebecor Media s'engage à verser 63 millions de dollars pour que le futur amphithéâtre porte son nom sur une période de 25 ans, en plus de payer un loyer annuel de 5 millions de dollars et de verser à la Ville 10 % des bénéfices annuels nets sur les spectacles.

Sans équipe, le droit de nommer l'amphithéâtre passerait à 33 millions de dollars, avec un loyer annuel de 3,15 millions et le versement de 15 % des bénéfices annuels nets à la Ville.


Louise Beaudoin
Louise Beaudoin

  • Âgée de 65 ans
  • Députée de Rosemont depuis 2008
  • Députée de Chambly (1994-2003)
  • Était porte-parole du PQ en matière de laïcité et de condition féminine jusqu'à sa démission
  • A occupé des fonctions ministérielles : ministre déléguée aux Affaires intergouvernementales canadiennes, ministre de la Culture et des Communications ainsi que ministre des Relations internationales
  • Est vice-présidente de la Délégation de l'Assemblée nationale pour les relations avec l'Assemblée nationale française

Pierre Curzi Pierre Curzi

  • Âgé de 65 ans
  • Député de Borduas depuis 2007
  • A déjà été président de l'Union des artistes et vice-président de la Fédération internationale des acteurs
  • Était porte-parole du PQ en matière de langue jusqu'à sa démission et vice-président de la Commission de la culture et de l'éducation

Lisette LapointeLisette Lapointe

  • Députée de Crémazie depuis 2007
  • Conjointe de l'ancien premier ministre Jacques Parizeau
  • Était porte-parole du PQ pour les aînés jusqu'à sa démission




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