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Inondations : Ottawa ne veut pas que l'armée concurrence le privé

Un véhicule de l'armée circule dans une rue inondée de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Selon un échange de lettres obtenues par Radio-Canada, le ministre fédéral de la Sécurité publique a refusé à Québec que les Forces canadiennes donnent un coup de main pour accomplir du travail de « réintégration » lorsque les inondations seront terminées en Montérégie.

Dans une lettre datée du 20 mai dernier, le ministre Vic Toews donne comme raison que les services demandés par Québec, comme l'enlèvement des sacs de sable, auraient pour conséquence de placer « les Forces canadiennes en compétition avec le secteur privé ».

Une semaine plus tôt, le 13 mai, le ministre québécois de la Sécurité publique, Robert Dutil, avait demandé « l'aide des Forces armées canadiennes afin d'effectuer, de concert avec les autorités municipales et le ministère de la Sécurité publique, des travaux visant notamment à enlever les sacs de sable et autres dispositifs ». Ces derniers servent à la « protection temporaire des infrastructures municipales essentielles, routes d'accès essentielles [et] résidences des particuliers ».

Dans sa réponse à Robert Dutil, le ministre conservateur écrivait : « Le rôle des Forces canadiennes est principalement axé sur les activités de défense, et par conséquent, elles doivent maintenir une capacité dans ce domaine pour pallier à d'autres événements s'ils devaient se produire au pays ou outremer ». De plus, si Ottawa répondait à la demande de Québec, a dit M. Toews, les Forces canadiennes seraient placées en concurrence avec le secteur privé « à l'échelle locale ou provinciale ».

Vic Toews ajoute que son « bureau a été en contact » avec celui de son collègue de la Défense nationale et qu'il a décidé de ne pas faire parvenir la demande du Québec à ce ministère.

J'en ai discuté avec le ministre MacKay et nous sommes d'accord sur le fait que la collecte des sacs de sable ne représente pas un rôle approprié pour les Forces canadiennes.

Vic Toews

Un porte-parole des Forces canadiennes, le lieutenant Dennis Noël, a affirmé à Radio-Canada que le nettoyage ne faisait pas partie du mandat de l'armée.

En entrevue sur les ondes de Radio-Canada, le ministre Dutil a précisé que la Sécurité civile va participer aux opérations de nettoyage « que ce soit [avec] l'armée ou [avec] d'autres services ».

La question des sacs de sable [...], on a calculé à peu près 155 personnes pendant 10 jours, et le tour sera joué. Il y a d'autres problèmes beaucoup plus importants sur le plan de la santé publique qui seront à régler.

Robert Dutil

En attendant le retrait des eaux

En raison de la situation qui n'a cessé d'empirer au cours des derniers jours alors que le Richelieu a atteint un niveau record, les Forces canadiennes ont envoyé des renforts mardi, soit 250 militaires additionnels et 35 véhicules.

Le ministre canadien de la Défense nationale, Peter MacKay, doit se rendre mercredi en Montérégie pour faire une tournée avec les militaires et répondre aux questions des journalistes.

Pourtant, Yvan Leroux, de la Sécurité civile, avait indiqué qu'aucune demande n'avait été faite pour l'instant afin que les militaires restent dans la région pour les opérations de nettoyage. Or, cette affirmation contredit la demande du ministre Dutil datée du 13 mai dernier, qui a été obtenue par Radio-Canada.

Devant les critiques de citoyens qui se plaignent de ne pas avoir assez d'aide de l'armée, Yvan Leroux affirme que l'armée répond aux mandats qui leur ont été confiés. Il précise que chaque citoyen doit faire part de ses besoins spécifiques aux autorités municipales qui, elles, en informeront la Sécurité civile. Cette dernière s'assurera ensuite de coordonner l'opération avec les différents services concernés.

M. Leroux précise que ce n'est pas la Sécurité civile qui détermine combien de militaires vont rester sur place, ni pendant combien de temps.

Correspondance entre les ministres Dutil et Toews (Nouvelle fenêtre)

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