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Mort de Bianca Leduc : Brandon Pardi aurait conduit 2 ou 3 fois plus vite que permis

Brandon Pardi

Brandon Pardi, peu après le drame en 2007

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un homme accusé d'avoir tué une enfant avec sa voiture lors de son 18e anniversaire aurait conduit deux ou trois fois plus vite que la vitesse permise, a témoigné mardi son coaccusé.

Brandon Pardi risque une peine d'emprisonnement à vie s'il est reconnu coupable de conduite dangereuse ayant causé la mort et de négligence criminelle ayant causé la mort.

Le cas a suscité l'intérêt sur le plan national parce que Pardi avait eu 18 ans le jour même du drame et qu'il s'est battu pour être jugé comme un mineur. La Cour suprême du Canada a finalement tranché en ordonnant que le jeune homme se présente devant la justice en tant qu'adulte.

Pour des accusations semblables, un mineur risque une peine de quatre ans de prison.

Le coaccusé de Pardi, qui fait face aux mêmes accusations, est mineur et n'a donc pas pu être identifié.

Les deux hommes conduisaient des véhicules différents à Salaberry-de-Valleyfield, à l'ouest de Montréal, en octobre 2007, lorsque Bianca Leduc, une jeune enfant de trois ans, a été happée par une auto alors qu'elle installait des décorations de l'Halloween sur le terrain de sa gardienne.

La Couronne allègue que le véhicule de Pardi a frappé celui de son ami avant de perdre le contrôle.

La Cour a appris que Pardi n'avait qu'un permis d'apprenti et n'était pas sensé conduire sans supervision. Son coaccusé n'avait son permis que depuis une semaine lorsque la collision fatale a eu lieu.

Ce dernier a témoigné que Pardi aurait pu avoir conduit à deux ou trois fois la limite de vitesse lorsque les voitures se sont heurtées.

Interrogé par le procureur de la Couronne Joey Dubois, le coaccusé affirme avoir perdu connaissance à la suite de l'accident. « Je me suis réveillé dans l'herbe [dans ma voiture], sans savoir ce qui s'était passé », a déclaré le coaccusé.

« J'étais en état de choc complet. Tout ce que je pouvais sentir, c'était le caoutchouc brûlé et l'essence, et je pouvais entendre la gardienne crier. » Il a ajouté que Pardi lui avait parlé après l'accident, la tête dans les mains. « Je ne pouvais pas arrêter, mon vieux, je ne pouvais pas arrêter », aurait déclaré Pardi, selon son coaccusé.

Pierre Joyal, l'avocat de Brandon Pardi, a contre-interrogé le coaccusé, l'attaquant sur les points où son témoignage ne concordait pas avec ce qu'il a déclaré à la police ou lors de l'enquête préliminaire de Pardi en 2009.

« Je tentais de le protéger », a admis le coaccusé, dont le procès devant le Tribunal de la jeunesse est terminé. L'individu attend le verdict, prévu à la mi-juin.

« Vous sentez-vous en sécurité maintenant que votre procès est terminé? », a demandé Me Joyal alors que le coaccusé semblait mal à l'aise à la barre. « Je n'ai rien fait de mal », a répondu celui-ci au cours d'une série d'échanges tendus. « J'avais mon permis et je conduisais correctement. » Finalement, au terme d'un intense barrage de questions, il a répliqué : « J'en ai assez enduré ».

L'affaire a nécessité trois ans et demi de démarches judiciaires pour en arriver au procès, en partie en raison du fait que l'avocat de Pardi arguait que son client ne devait pas être jugé comme un adulte.

La Cour a d'abord donné raison à la défense et affirmé qu'une période de grâce de 24 heures était offerte aux personnes commettant un acte criminel le jour de leur 18e anniversaire, citant une jurisprudence albertaine en la matière.

La Couronne a porté ce jugement en appel, et la Cour supérieure a infirmé la décision. La Cour d'appel du Québec a cependant maintenu ce jugement, forçant ainsi un appel à la Cour suprême et un délai dans le procès.

La mère de l'enfant tué, Nadine Leduc, se trouvait dans la salle d'audience en compagnie de sa nouvelle fille. La mère et d'autres membres de la famille portaient des t-shirts affichant le visage de Bianca et l'inscription « La vitesse tue ».

Mme Leduc a déclaré à des journalistes à l'extérieur de la salle qu'elle avait pardonné à la famille du coaccusé, qui s'est excusé, bien que Pardi ne l'ait pas fait.

La Presse Canadienne

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