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Conflit israélo-palestinien : Obama veut un accord sur la base des frontières de 1967

Radio-Canada

Les frontières d'Israël et d'un futur État palestinien devraient être fondées sur celles de 1967, et la Palestine indépendante ne devrait pas être militarisée, a déclaré jeudi le président Obama, dans un discours sur le Moyen-Orient prononcé depuis le département d'État et télédiffusé.

Barack ObamaBarack Obama Photo : AFP / MARK WILSON

« Les États-Unis croient que les négociations de paix doivent aboutir à la création de deux États, avec des frontières palestiniennes permanentes avec Israël, la Jordanie et l'Égypte et des frontières israéliennes permanentes avec la Palestine », a indiqué le président.

« Les frontières d'Israël et de la Palestine doivent être définies sur la base des frontières de 1967. Les échanges de territoire doivent faire l'objet d'un accord mutuel, afin que les deux États aient des frontières sûres et reconnues » par la communauté internationale, a-t-il ajouté.

Le président maintient qu'Israël a le droit de se défendre et qu'un éventuel accord doit empêcher une résurgence du terrorisme, mettre un terme à l'infiltration des armes et offrir une sécurité efficace aux frontières.

« Le retrait complet et graduel de l'armée israélienne doit être coordonné dans l'hypothèse selon laquelle les Palestiniens auront la responsabilité de la sécurité dans un État souverain et démilitarisé », a soutenu M. Obama. La durée de cette transition doit faire l'objet d'une entente entre les deux parties, a-t-il poursuivi.

Ces principes fournissent une base de négociations. Les Palestiniens doivent connaître les frontières de leur État; les Israéliens doivent savoir qu'on répondra à leurs préoccupations élémentaires en matière de sécurité. [...] Deux dossiers déchirants et émotionnels demeurent: l'avenir de Jérusalem et le sort des réfugiés palestiniens.

Barack Obama

Visionnez notre webdocumentaire sur les réfugiés palestiniens dans le camp de Chatila au Liban. Vous pouvez également participer au clavardage sur le sujet à compter de 18 h.

Le président Obama a par ailleurs exprimé son opposition à la tentative des Palestiniens d'obtenir une reconnaissance internationale de leur État lors de l'Assemblée générale de l'ONU, en septembre prochain. Ces actions « visant à isoler Israël », a-t-il dit, « ne permettront pas de créer un État palestinien indépendant ».

Le président Obama est demeuré circonspect quant à l'accord de réconciliation interpalestinien conclu il y a quelques semaines par le mouvement islamiste Hamas et le mouvement laïque Fatah.

Cet accord soulève selon lui des questions « légitimes » pour Israël : « Comment peut-on négocier avec une partie qui est opposée à reconnaître votre droit à exister? Dans les semaines et les mois à venir, les responsables palestiniens devront offrir une réponse crédible à cette question. »

« Les Palestiniens ne réaliseront jamais leur indépendance en niant à Israël le droit d'exister », a-t-il fait valoir, dans une référence à la charte du Hamas.

Le président Obama a par ailleurs réitéré l'opposition des États-Unis aux colonies juives en Cisjordanie. « Le rêve d'un État juif et démocratique ne peut être atteint avec une occupation permanente » des Territoires palestiniens, a-t-il dit.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, l'Autorité palestinienne et le Hamas ont rapidement réagi à ce discours.

L'épineux problème de la colonisation

Construction de nouveaux logements (archives)Construction de nouveaux logements dans la colonie d'Ariel, en Cisjordanie. Photo : AFP / Jack Guez

Au moment même où le président Obama prononçait son discours, une ONG anticolonisation israélienne a déclaré à l'Agence France-Presse qu'une commission gouvernementale israélienne a approuvé jeudi la construction de 620 nouveaux logements dans le quartier de colonisation juive de Pisgat Zeev, à Jérusalem-Est , un territoire occupé et annexé au terme de la guerre des Six Jours, en 1967.

Les dernières négociations directes entre Palestiniens et Israéliens se sont effondrées lorsqu'Israël a refusé de prolonger un moratoire sur la construction de logements dans les Territoires palestiniens occupés, et notamment à Jérusalem-Est, que l'Autorité palestinienne revendique comme capitale du futur État palestinien.

Une visite de Nétanyahou plus tard cette semaine

Le processus de paix israélo-palestinien continuera de faire couler beaucoup d'encre au cours des prochains jours. Le président Obama doit recevoir le premier ministre Nétanyahou vendredi à la Maison-Blanche.

MM. Obama et Nétanyahou doivent aussi tous deux prendre la parole au cours des prochains jours devant l'AIPAC, le principal lobby pro-israélien aux États-Unis. Le président américain s'adressera dimanche aux délégués du groupe réunis en congrès. Le premier ministre israélien le fera à son tour lundi.

M. Nétanyahou doit aussi prononcer un discours devant les membres du Congrès américain mardi.

De l'aide pour l'Égypte et la Tunisie

La position du président Obama sur le conflit israélo-palestinien a été donnée au terme d'un discours qui s'attardait plutôt au printemps arabe.

Le président a soutenu que la politique des États-Unis face à ce mouvement consiste d'une part à « promouvoir les réformes et les transitions démocratiques au Moyen-Orient », et d'autre part à soutenir ces pays en transition en favorisant leur « développement économique ».

Il a confirmé du coup différentes mesures pour offrir une aide économique à la Tunisie et à l'Égypte, où les populations ont réussi à se libérer du joug de leur oppresseur cet hiver.

Il n'a cependant pas déclaré quoique ce soit de nouveau au sujet de la Libye, de la Syrie, du Yémen ou de Bahreïn, où des mouvements insurrectionnels ont été et sont toujours réprimés par des autocrates.

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