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Le Pakistan remet en question ses relations avec les États-Unis

Des agents de sécurité pakistanais collectent les effets personnels des victimes de l’attaque de vendredi commis devant un centre d'entraînement de la police des frontières à Shaqbadar, dans le nord-ouest du Pakistan.

Des agents de sécurité pakistanais collectent les effets personnels des victimes de l’attaque de vendredi commis devant un centre d'entraînement de la police des frontières à Shaqbadar, dans le nord-ouest du Pakistan.

Photo : A. Majeed

Radio-Canada

Le Parlement pakistanais demande une commission d'enquête indépendante sur le raid américain qui a tué Oussama ben Laden le 2 mai dernier, à Abbottabad, et réclame l'arrêt des attaques de drone menées par la CIA sur son territoire contre les talibans.

Les parlementaires pakistanais se disent prêts à agir pour obtenir satisfaction.

Après plusieurs heures de débats, ils ont adopté une résolution qualifiant les attaques de drone américaines d'« inacceptables ». Si elles ne cessent pas, le gouvernement étudiera les « mesures nécessaires » pour les faire stopper.

La résolution cite notamment la possibilité de couper les lignes d'approvisionnement des forces de l'OTAN déployées en Afghanistan. Une grande partie du matériel utilisé par les forces internationales en Afghanistan transite par le nord-ouest du Pakistan. Ces convois sont souvent attaqués par les insurgés.

Le Parlement se dit aussi prêt à prendre des mesures pour s'assurer qu'un incident comme celui du raid américain qui a tué Ben Laden ne se reproduise plus sur son sol.

Le Parlement [...] condamne l'initiative unilatérale d'Abbottabad, qui constitue une violation de la souveraineté pakistanaise.

Extrait du communiqué publié samedi par le Parlement pakistanais

Le président du Pakistan, Asif Ali Zardari, a confirmé au lendemain de la mort d'Oussama ben Laden que son administration n'avait pas été informée de l'opération des forces spéciales de la marine américaine.

Par contre, le quotidien britannique The Guardian publiait cette semaine, sur la foi de témoignages de responsables américains et pakistanais, qu'une entente avait été conclue en 2001 par les présidents américain et pakistanais, George W. Bush et Pervez Moucharraf, autorisant l'armée américaine à intervenir en sol pakistanais pour mettre la main sur Oussama ben Laden.

Depuis la mort du chef d'Al-Qaïda, le Pakistan a essuyé plusieurs critiques officieuses, certains accusant notamment de complicité ses services de renseignements, soulignant qu'Oussama ben Laden, l'homme le plus recherché de la dernière décennie, vivait à proximité d'une ville-garnison, près de la capitale.

La campagne des drones de la CIA

La campagne de la CIA au Pakistan a commencé en 2004 et s'est nettement intensifiée depuis l'été 2008. Les tirs de drones sont devenus au cours des derniers mois pratiquement quotidiens. Selon les responsables militaires, en 2010, une centaine de tirs ont fait plus de 670 morts au Pakistan, dont un nombre indéterminé de civils.

Le gouvernement pakistanais dénonce régulièrement ces attaques lancées sur son territoire, mais Washington assure qu'elles respectent les accords bilatéraux.

Les requêtes du Parlement pakistanais surviennent au lendemain d'un double attentat revendiqué par les talibans qui a fait au moins 80 morts et 140 blessés dans le nord-ouest du Pakistan. La grande majorité des victimes sont de jeunes recrues d'un centre d'entraînement de la police chargé de surveiller la frontière avec l'Afghanistan. Les dirigeants des talibans ont indiqué qu'ils voulaient ainsi venger la mort du chef d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden.

Cette attaque est la plus meurtrière à se produire au Pakistan cette année. Elle s'est déroulée selon un modus operandi déjà utilisé à maintes reprises. Le premier kamikaze, à moto, s'est fait exploser au milieu d'une foule de cadets; le second a attendu que les secours arrivent avant de faire de même.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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