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Profilage ethnique : Montréal au coeur du problème, selon la Commission des droits de la personne

Des policiers du SPVM (archives)

Des policiers du SPVM (archives)

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Commission des droits de la personne et de la jeunesse du Québec (CDPDJ) réclame des modifications à la Charte québécoise des droits et libertés ainsi qu'une révision en profondeur de pratiques policières pour contrer le profilage ethnique.

Dans un rapport déposé mercredi matin, la commission estime qu'au Québec, les minorités ethniques sont l'objet « d'une surveillance ciblée et disproportionnée de la part des forces policières ».

Montréal est davantage touchée par ce problème

Selon la CDPDJ, le problème se poserait davantage à Montréal, l'une des villes les plus multiethniques du Canada.

Le profilage ethnique, rappelle la CDPDJ, mine la confiance des minorités ethniques envers les autorités policières et les institutions publiques.

Selon la commission, cette pratique creuse des fossés entre les communautés et marginalise les minorités qui se sentent visées, voire épiées par les autorités lorsqu'elles occupent l'espace public.

Recommandations

La Commission des droits de la personne formule une série de recommandations visant les corps policiers, les agences de sécurités privées et le ministère de la Sécurité publique du Québec.

La CDPDJ recommande, entre autres, la révision des politiques de lutte contre les gangs de rue et des politiques d'intervention dans les quartiers sensibles.

L'organisme demande également que le profilage ethnique soit clairement identifié et interdit par la Charte québécoise des droits et libertés et qu'une formation antiracisme soit intégrée à la formation des nouveaux policiers.

Autres recommandations : imposer une reddition de comptes plus stricte aux policiers, octroyer des pouvoirs accrus au Commissaire à la déontologie policière et confier à un Bureau spécial d'enquête indépendant ne comprenant pas d'anciens policiers les enquêtes sur les incidents ayant fait un mort ou un blessé grave à la suite d'une intervention policière.

Enfin, le rapport suggère de collecter et de publier systématiquement des données sur l'appartenance ethnique lors d'interventions des corps policiers.

Le SPVM dit bien accueillir le rapport

Le directeur du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, a soutenu qu'il recevait positivement le rapport, reconnaissant l'existence du profilage ethnique et de comportements parfois discriminatoires de ses policiers.

Il a également bien accueilli les recommandations. « Personne ne gagne avec un déficit de transparence ou de perception ou de manque de confiance avec le système qui est actuellement en place », a-t-il déclaré.

La seule réserve concerne la recommandation de collecter systématiquement des données sur l'appartenance ethnique. M. Parent croit que le « sentiment de confiance peut [...] être affecté [...] lorsque des policiers de première ligne remettent les citoyens dans une position d'immigrant en leur posant des questions sur leur statut. »

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