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Québec s'apprête à dévoiler son plan Nord

Un inukshuk surplombe le village de Kuujjuaq.
Un inukshuk surplombe le village de Kuujjuaq. Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot

C'est cet après-midi, à Lévis, que le premier ministre du Québec Jean Charest dévoilera les grandes lignes de son programme de développement du Nord québécois, une zone de 1,2 million de kilomètres carrés qui couvre 72 % du territoire de la province, mais où n'habite que 1,6 % de la population québécoise.

Le territoire visé par ce que le gouvernement a appelé le Plan Nord couvre toute la zone située entre le 49e parallèle et le détroit d'Hudson, dans un axe nord-sud, et s'étend de la Basse-Côte-Nord jusqu'à la partie boréale de l'Abitibi-Témiscamingue, dans un axe est-ouest.

Le premier ministre Charest devrait expliquer à Lévis comment Québec entend exploiter ce territoire au cours des 25 prochaines années, de concert avec le secteur privé. Jusqu'ici, le Plan Nord, annoncé en grande pompe en 2008, s'est surtout traduit par une démarche de consultations auprès d'une série de partenaires du gouvernement.

Depuis le 26 janvier 2010, Québec a organisé pas moins de neuf rencontres de la Table des partenaires, qui réunit près d'une trentaine de personnes issues du milieu municipal, des communautés autochtones, des secteurs économique et environnemental, du milieu scolaire et de la recherche. La dernière rencontre a eu lieu le 14 mars dernier.

La carte du Plan Nord

Au terme de cette rencontre, Québec a soutenu que son Plan Nord constitue « un projet exemplaire de développement durable qui intégrera le développement énergétique, minier, forestier, bioalimentaire, touristique et du transport, la mise en valeur de la faune ainsi que la protection de l'environnement et la conservation de la biodiversité », qui s'effectuera « au profit des communautés concernées et du Québec tout entier, et ce, dans le respect des cultures et des identités ».

Selon le dernier budget Bachand, Québec prévoit consacrer 1,6 milliard de dollars au Plan Nord d'ici 2015, soit environ 1,2 milliard pour l'amélioration des infrastructures (routes, chemins de fer, aéroport, etc.) et près de 400 millions pour du soutien social et communautaire, dont 80 millions dès cette année. Cette dernière somme sera investie dans la formation de la main-d'oeuvre, a révélé Radio-Canada dimanche.

Un plan ambitieux

Le Nord québécois regorge de ressources naturelles, dont d'importants gisements de fer et de diamants, mais les obstacles à leur développement sont nombreux. Les investissements nécessaires à leur exploitation sont immenses, d'autant plus que les infrastructures sont souvent déficientes.

Québec devrait donc confirmer l'aménagement de différentes infrastructures - prolongement de la route 167 de Chibougamau vers les monts Otish, prolongement de liens ferroviaires, mise à niveaux d'aéroports, etc. - et le financement d'études devant mener à la construction d'un port en eau profonde, à Kuujjuarapik, sur les rives de la baie d'Hudson.

Le Plan Nord aura aussi une dimension énergétique. Québec a déjà demandé à Hydro-Québec de développer 3500 MW de plus que ce qui avait été prévu au départ pour la région. L'ensemble du territoire couvert par le Plan Nord aurait un potentiel de 20 000 MW, soit suffisamment pour éclairer 4 millions de résidences. Le développement de l'énergie éolienne devrait aussi être abordé.

Québec présentera son plan comme un exemple de développement durable. Le gouvernement a déjà annoncé son intention de soustraire la moitié du territoire à toute exploitation industrielle en multipliant les aires protégées. Quatre nouveaux parcs nationaux doivent notamment être créés. Il s'est aussi engagé à replanter 100 millions d'arbres sur le territoire.

Québec doit par ailleurs annoncer la construction de 500 logements pour les Autochtones. Le territoire couvert par le Plan Nord compte environ 33 000 Autochtones, soit environ 27 % de la population.

Malgré les assurances du gouvernement, l'appui des chefs autochtones n'est pas acquis. Les Innus de la Côte-Nord ont déjà fait savoir qu'ils contesteront le plan Nord s'ils jugent que Québec ne respecte pas leurs conditions.

Des écologistes prévoient aussi monter aux barricades. Certains d'entre eux entendent se prononcer contre le Plan Nord dès aujourd'hui.

Avec les informations de La Presse canadienne

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