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Des tribus de Papouasie-Nouvelle-Guinée dénoncent les «abus» de Barrick Gold

Peter Munk, fondateur et président du conseil d'administration de Barrick Gold
Peter Munk, fondateur et président du conseil d'administration de Barrick Gold (archives) Photo: La Presse canadienne / Frank Gunn
Radio-Canada

Deux membres de la tribu Ilipi, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, ont fait le voyage au Canada pour dénoncer les répercussions environnementales qu'engendre, selon eux, l'exploitation d'une mine appartenant à la société canadienne Barrick Gold et les violations des droits de la personne qui s'y commettraient.

Au cours d'une conférence de presse donnée à Ottawa, jeudi, Jethro Tulin et Mark Ekepa, qui viennent chaque année y plaider leur cause depuis 2007, implorent le Canada d'intervenir.

Ils demandent notamment aux autorités canadiennes de presser l'entreprise de mettre un terme aux assassinats, aux passages à tabac et aux viols collectifs commis à la mine de Porgera par les gardiens de sécurité employés par Barrick Gold.

Ces exactions alléguées ont été documentées dans un rapport de l'organisation Human Rights Watch publié en février dernier. La direction de l'entreprise avait alors congédié une douzaine d'employés et demandé aux autorités locales d'entreprendre une enquête criminelle sur ces allégations, ce qui, selon elle, a mené à trois arrestations.

En 2010, Amnistie internationale avait de son côté documenté des violations perpétrées contre des habitants par des policiers de Papouasie-Nouvelle-Guinée qui étaient logés, nourris et approvisionnés en carburant par les propriétaires de la mine.

Pour l'indemnisation des victimes

Les deux tribus veulent que la société minière, premier producteur mondial d'or, indemnise les victimes d'abus et paie pour réinstaller les familles vivant dans les abords pollués de la mine.

En 2008, le fonds d'investissement d'État de la Norvège s'est départi de ses actions dans Barrick Gold, invoquant le fait que ses activités ne respectaient pas l'environnement et la santé des populations locales. L'exploitation de la mine causerait l'accumulation de métaux lourds, surtout le mercure, dans l'environnement.

Un porte-parole de l'entreprise a déclaré que 850 familles avaient déjà été réinstallées ailleurs et que 380 autres le seraient d'ici 2014. « Rien n'a pratiquement changé sur le terrain », argue de son côté M. Tulin.

« Notre gouvernement est faible et dépend des sociétés qui exploitent nos ressources naturelles, a ajouté M. Ekepa. Nous ne pouvons pas porter notre cause devant un tribunal international ou une autre organisation de réglementation internationale. »

Notre seul espoir est que le peuple canadien et le gouvernement du Canada entendra notre appel.

Mark Ekepa

La mine de Porgera est détenue à 95 % par Barrick Gold et à 5 % par Mineral Resources Enga, une compagnie locale qui appartient à l'État de Papousie-Nouvelle-Guinée.

La surveillance et la réglementation des mines relèvent des gouvernements des pays où les mines sont situées.

Avec les informations de Agence France-Presse