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Le retour d'un classique québécois au TNM

Détail de l'affiche d'«À toi pour toujours, ta Marie-Lou»
Détail de l'affiche d'«À toi pour toujours, ta Marie-Lou» avec Marie Michaud et Denis Bernard Photo: Jean-François Gratton
Radio-Canada

Le Théâtre du Nouveau Monde termine sa saison 2010-2011 avec À toi, pour toujours, ta Marie-Lou de Michel Tremblay. Pour célébrer les 40 ans de la pièce, le metteur en scène Gill Champagne se réapproprie l'oeuvre du dramaturge québécois.

Résumé

1971. Un quartier ouvrier de Montréal. Deux soeurs se revoient pour la première fois depuis dix ans. Depuis la disparition de leurs parents, Léopold et Marie-Louise. Carmen vient supplier sa soeur Manon de rompre avec le passé et de s'ouvrir au monde.

Manon vit claustrée dans la maison familiale avec le souvenir de leur mère. Elle a épousé sa vision étriquée de la religion, son héroïsme souffrant et la haine de son mari. Manon ne veut rien changer à son lot, celui de sa mère : isolement social, misère sexuelle, rancoeur. Elle n'a rien à apprendre de la vie, surtout pas de sa soeur, une traînée à ses yeux.

Carmen s'est libérée en devenant chanteuse western, sur la Main. On l'applaudit, on l'admire peut-être... Elle conserve ses illusions.

Les échanges entre les deux soeurs sont acerbes. Leurs perceptions des origines de la tragédie de leurs parents diffèrent.

Tels des revenants, Léopold et Marie-Lou se réincarnent. Ils crachent les morceaux insignifiants de leur enfer quotidien : enfermement, asservissement, pauvreté, mésentente sexuelle. Né de leur incapacité à communiquer, le besoin de parler devient besoin de blesser.

Léopold et Marie-Lou s'entre-déchirent jusqu'à ce que la mort apparaisse comme la seule issue possible. Tout ce que Léopold trouve, c'est de demander à Marie-Lou si elle veut faire un tour de « machine »... Carmen et Manon s'isolent dans leur rêve. L'avenir n'avait aucune chance.

Les personnages de À toi pour toujours, ta Marie-Lou ne sont pas toujours ce qu'ils paraissent : un père en apparence sans-coeur, une mère soi-disant maltraitée par son mari; Carmen, prétendue damnée, voulant sauver sa soeur du paradis éternel, et Manon, supposée sacrifiée, incarnant les conflits de la famille.

Gill Champagne a réuni Denis Bernard (Léopold), Marie Michaud (Marie-Lou), Éveline Gélinas (Manon) et Dominique Quesnel (Carmen) pour nous parler de solitude et d'incommunicabilité, message qui n'a pas perdu sa pertinence.

Créée il y a 40 ans

À toi pour toujours, ta Marie-Lou a été écrite en 11 jours en 1970, pendant la Crise d'octobre. La première a eu lieu le 29 avril 1971, au Théâtre de Quat'Sous. Sous la direction d'André Brassard, Hélène Loiselle et Lionel Villeneuve, un couple dans la vie, personnifient Marie-Louise et Léopold. Luce Guilbeault et Rita Lafontaine jouent respectivement Carmen et Manon.

Bien que la pièce suive la trace des Belles-Soeurs par la langue, par le milieu et par les personnages, elle innove en apportant une lueur d'espoir pour Carmen, voix importante de la résilience québécoise que l'on retrouvera par la suite dans Sainte-Carmen de la Main.

À toi pour toujours, ta Marie-Lou

texte de Michel Tremblay
mise en scène de Gill Champagne
avec Denis Bernard, Marie Michaud, Éveline Gélinas et Dominique Quesnel
Théâtre du Nouveau Monde
du 3 au 28 mai 2011

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