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Al-Qaïda confirme la mort de Ben Laden et jure de le venger

Ayman Al-Zawahiri et Oussama Ben Laden, dansune vidéo diffusée par Al-Jazira en 2003.

Ayman Al-Zawahiri et Oussama Ben Laden, dansune vidéo diffusée par Al-Jazira en 2003.

Photo : AFP / Al-Jazira

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le centre de surveillance des sites islamistes SITE affirme qu'Al-Qaïda confirme la mort d'Oussama ben Laden dans un communiqué diffusé vendredi sur des forums voués au djihad dans Internet.

« Al Qaïda a publié le 6 mai 2011 une déclaration sur des forums djihadistes confirmant la mort de son chef, Oussama ben Laden », écrit SITE.

Selon SITE, l'organisation annonce en outre qu'il diffusera « prochainement » un enregistrement sonore réalisé par Oussama Ben Laden une semaine avant sa mort.

Al-Qaïda jure par ailleurs de venger la mort de son leader, qu'il qualifie de malédiction « qui poursuivra les Américains et leurs agents » et de poursuivre sa lutte.

L'organisation exhorte les Pakistanais à se soulever contre leur gouvernement pour « nettoyer » leur pays de « la honte » qui rejaillit sur lui.

Division au sein d'Al-Qaïda

La confirmation de la nébuleuse terroriste survient au moment où des informations contradictoires au sujet de l'influence du fondateur d'Al-Qaïda font surface dans les médias.

Ainsi, selon des sources au sein des services secrets pakistanais, Oussama ben Laden avait des problèmes d'argent, et cela avait contribué à sa marginalisation dans l'organisation, qui s'est conséquemment divisée en deux factions.

Selon une source du Wall Street Journal, Ben Laden et Ayman Al-Zawahiri, le présumé numéro deux de l'organisation, se sont « séparés il y a environ six ans ». Al-Zawahiri est le successeur présumé de Ben Laden à la tête d'Al-Qaïda.

Selon cette source, Oussama ben Laden a été marginalisé parce qu'il ne disposait plus des fonds nécessaires pour soutenir les opérations d'Al-Qaïda et que sa popularité au sein de l'organisation était en baisse.

Le Wall Street Journal avance que les tensions entre les deux hommes se sont développées en 2005, en raison des tactiques particulièrement sanglantes utilisées par la filiale du groupe en Irak, dirigée à l'époque par Abou Moussab Al-Zarqawi.

Ben Laden et la plupart des dirigeants d'Al-Qaïda étaient « dégoutés » par les méthodes d'Al-Zarqawi, soutient le quotidien américain.

Le Wall Street Journal indique qu'une lettre d'Ayman Al-Zawahiri trouvée lors de l'opération américaine qui s'est soldée par la mort d'Al-Zarqawi montre que le présumé numéro deux d'Al-Qaïda dénonçait l'hérésie chiite et « réprimandait gentiment » Ben Laden.

Associated Press diffuse des informations semblables, en s'appuyant sur des témoignages fournis par deux journalistes pakistanais qui ont assisté à une séance d'information des services de renseignement jeudi.

Ces deux journalistes, qui refusent que leur nom soit divulgué, soutiennent qu'ils se sont aussi fait dire que Ben Laden avait des problèmes financiers, que l'organisation était divisée, et que la faction la plus importante était celle d'Al-Zawahiri.

Les journalistes admettent que la source qui a fourni ces informations n'a pas dit comment les services secrets pakistanais en seraient arrivés à cette conclusion.

Un responsable américain du contre-terrorisme a déclaré au Wall Street Journal qu'il n'a jamais entendu parler de division entre les deux hommes. Une autre source américaine du journal soutient cependant que les États-Unis ont des preuves solides selon lesquelles Ben Laden avait des problèmes financiers.

Ces informations des sources pakistanaises sont distillées au moment où l'agence de renseignement pakistanaise, connue sous l'acronyme ISI, est montrée du doigt par de nombreux politiciens américains pour son incapacité à localiser le fondateur d'Al-Qaïda.

Une des épouses de Ben Laden parle

L'une des trois femmes qui se trouvaient avec Oussama Ben Laden dans le complexe d'Abbottabad où il a été tué dimanche soutient qu'elle y a vécu pendant six ans, sans jamais quitter l'étage où elle se trouvait, selon ce qu'a déclaré un responsable des services secrets pakistanais à Associated Press.

La femme d'origine yéménite, Amal Ahmed Abdullfattah, est toujours soumise à un interrogatoire. Elle a été arrêtée par les forces de sécurité pakistanaises dans le complexe où a eu lieu le raid. Huit ou neuf enfants se trouvaient aussi sur place lorsque les forces pakistanaises sont arrivées. Trois cadavres ont aussi été découverts.

Un responsable pakistanais affirme que la CIA n'a pas accès aux trois femmes de Ben Laden, dont les témoignages pourraient jeter un nouvel éclairage sur ce qui s'est passé dans le complexe d'Abbottabad au cours des six dernières années en général, et le 3 mai en particulier.

Une autre version des faits

L'administration Obama a plutôt affirmé, jeudi, que les éléments d'information glanés dans le complexe où Ben Laden vivait montrent qu'il était toujours activement impliqué dans les activités d'Al-Qaïda, à tout le moins jusqu'en février 2010.

Selon l'administration Obama, Al-Qaïda projetait il y a quelques mois des actes terroristes ciblant le réseau ferroviaire américain, pour marquer à sa façon le 10e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.

Manifestations au Pakistan, en Égypte et en Turquie

Des milliers de personnes ont manifesté vendredi au Pakistan contre les « agressions » américaines après l'élimination d'Oussama ben Laden en territoire pakistanais.

Dans toutes les grandes villes du pays, divers partis islamistes avaient appelé à manifester, mais les grandes foules n'étaient pas au rendez-vous.

« Mort à l'Amérique! », ont scandé les manifestants au centre-ville d'Abbottabad, loin du quartier périphérique où Ben Laden avait élu domicile.

En Égypte, une manifestation de quelque 300 islamistes dénonçant la mort du chef d'Al-Qaïda a été bloquée vendredi par des soldats aux abords de l'ambassade des États-Unis au Caire.

Les manifestants portaient une banderole sur laquelle figure un portrait de Ben Laden, avec l'inscription « Oussama Ben Laden est le symbole du djihad ».

Environ 200 personnes ont manifesté aussi à Istanbul, en Turquie, contre les États-Unis et pour dénoncer la mort du chef d'Oussama Ben Laden.

Les manifestants, réunis devant la mosquée Fatih à la fin de la prière du vendredi, portaient une banderole sur laquelle on pouvait lire: « États-Unis terroristes, Oussama moudjahid » (combattant) et scandaient « Allah akbar » (Dieu est grand).

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Wall Street Journal

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