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Crue de la rivière Richelieu : évacuations et soldats en renfort

Des maisons inondées le long de la rivière Richelieu
Des maisons inondées le long de la rivière Richelieu Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
Radio-Canada

Une autre journée difficile s'est amorcée sur les berges de la rivière Richelieu, au Québec, où des crues historiques provoquent d'importantes inondations entre le lac Champlain et Beloeil.

Jusqu'à maintenant, 3000 résidences ont été inondées et plus 2000 personnes ont été évacuées en Montérégie.

Les autorités font le point sur la situation

Lors d'une conférence de presse tenue en fin d'après-midi, les autorités ont confirmé avoir effectué des évacuations forcées. Elles ont invité les sinistrés à faire preuve de prudence lorsqu'ils circulent dans les zones inondées.

La Sûreté du Québec a tenu à rassurer les citoyens qui s'inquiètent pour leur demeure et leur sécurité. Deux bateaux surveillent le secteur en permanence pour prévenir les vols et les méfaits. Des patrouilles aériennes sont aussi effectuées afin de localiser les citoyens qui seraient en mauvaise position.

Une centaine de soldats supplémentaires s'ajouteront aux 700 militaires déjà sur place. Ils seront présents aussi longtemps qu'il le faudra, selon les autorités.

Le directeur régional de la Sécurité civile pour les régions de la Montérégie et de l'Estrie, Yvan Leroux, rappelle aux gens de ne pas consommer l'eau des puits, et ce, même si elle paraît claire. En ce qui concerne l'eau d'aqueduc, il recommande aux citoyens de consulter leur municipalité pour connaître les avis de faire bouillir l'eau et de non-consommation. Il invite également les résidents à faire appel à la vingtaine de travailleurs sociaux qui sont sur place, s'ils le jugent nécessaire.

Pour ce qui est de l'aide financière offerte par le ministère de la Sécurité publique, les gens sont invités à communiquer avec leur municipalité.

La route 133 rouverte

La route 133 à Otterburn Park est rouverte après la fermeture de son tronçon, mercredi dernier, entre le chemin des Épinettes, à Saint-Mathias-sur-Richelieu, et la rue Connaugh à Otterburn Park.

L'eau pourrait encore monter

Bien que la pluie qui s'abat depuis plusieurs jours sur la Montérégie ait cessé, les experts estiment que le niveau du Richelieu devrait s'élever d'encore 15 à 20 centimètres au cours du week-end en raison de l'écoulement des surplus d'eau dans le lac Champlain et ses affluents.

Au moins 18 localités situées le long du Richelieu sont inondées entre le lac Champlain et Beloeil. La crue des eaux, causée par les fortes pluies qui se sont abattues sur le sud du Québec et dans le nord-est des États-Unis pendant plusieurs jours, a fait augmenter de plus d'un mètre le niveau du Richelieu sur une distance d'au moins 50 kilomètres .

Les villes de Venise-en-Québec, Noyan, Saint-Jean-sur-Richelieu, Henryville, Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix et Sainte-Anne-de-Sabrevois sont parmi les plus touchées par les crues.

Évacuations à Noyan

Un véhicule de l'armée circule dans une rue inondée de Saint-Jean-sur-Richelieu. Photo : PC / Ryan Remiorz

Les autorités ont dû procéder à des évacuations forcées dans certains secteurs inondés de Noyan, une municipalité située sur la rive est du lac Champlain, près de la frontière américaine.

Une quinzaine de résidents sont évacués par la Sûreté du Québec.

Malgré la déception des sinistrés, la Ville estime qu'il s'agit d'une question de sécurité et de salubrité, dans la mesure où les systèmes d'égout sont caducs depuis longtemps. « Si on ne part pas avec eux autres [les militaires], c'est la Sûreté [du Québec] qui va venir. On ne va pas commencer à s'obstiner », raconte un évacué.

À Venise-en-Québec, une vaste opération de remplissage et de livraison de sacs de sable a lieu cet après-midi afin de protéger les résidences contre la montée des eaux.


Paradis salue les efforts de l'armée, Dutil estime qu'il faut revoir la définition d'une zone inondable

Le député conservateur Christian Paradis est à Saint-Jean-sur-Richelieu, vendredi, où il a notamment survolé la région en hélicoptère afin de constater l'ampleur de la situation. Celui qui est le ministre sortant des Ressources naturelles du Canada s'est dit encouragé par les efforts des militaires.

Rappelons qu'un contingent de 700 militaires et réservistes de la base de Valcartier, près de Québec, a été déployé jeudi dans la région pour prêter main-forte aux autorités et aux citoyens des municipalités les plus touchées. Ils effectuent notamment des patrouilles, distribuent des sacs de sable et participent aux évacuations de sinistrés.

M. Paradis a affirmé que l'armée restera aussi longtemps qu'il le faudra, soit tant que l'aide des militaires sera nécessaire. Il souhaite que ces derniers gardent le moral et qu'ils continuent leur « beau travail », et que les citoyens gardent leur calme.

Quant à une éventuelle aide financière fédérale pour les sinistrés, le député estime qu'il faut d'abord tempérer les effets néfastes de l'inondation. Des programmes financiers pourront ensuite venir en aide aux sinistrés, a-t-il ajouté, précisant que le gouvernement provincial devra, dans un premier temps, déterminer s'il y a bel et bien une catastrophe naturelle.

Souhaitant que se poursuive la collaboration entre Québec et les municipalités, le ministre québécois de la Sécurité publique du Québec, Robert Dutil, a rappelé dans une entrevue à RDI que sa priorité est la sécurité des gens, notamment en évacuant, parfois de force, les riverains.

Selon M. Dutil, cette inondation met en évidence que la définition de zone inondable est à revoir. « Quand on a des événements centenaires qui arrivent tous les trois, quatre ou cinq ans dans certaines régions, on s'aperçoit que la définition de la zone inondable n'est pas adéquate et que, oui, il faut la réviser. » Il prévient que, en raison de l'érosion des berges, il sera nécessaire de déplacer des maisons, comme ce fut le cas sur la Côte-Nord.


Pas de décrue avant la semaine prochaine

Selon François Brissette, hydrologue à l'École de technologie supérieure, les crues sont telles que le niveau des eaux ne devrait pas commencer à descendre significativement avant mardi ou mercredi, dans la vallée de la rivière Richelieu.

Plus de 3000 maisons sont inondées dans cette région et des milliers de personnes ont dû quitter leur domicile et trouver refuge ailleurs en attendant la baisse des eaux. Les dégâts matériels sont importants et très étendus.

À Saint-Jean-sur-Richelieu, deux centres d'accueil viennent en aide aux sinistrés, qui peuvent s'y rendre pour manger ou se laver.

De nombreuses exploitations agricoles ont aussi subi des dommages et voient leurs récoltes et troupeaux menacés par les eaux qui envahissent les champs.


Les pires inondations depuis le Saguenay, selon Jean Charest

Le premier ministre Jean Charest s'est également rendu sur les lieux jeudi pour constater l'ampleur des dégâts.

En point de presse, jeudi, il a fait remarquer que la Montérégie, bien qu'habituée aux crues printanières, est frappée par des inondations d'une étendue et d'une durée sans précédent.

Depuis les inondations du Saguenay, c'est probablement la catastrophe la plus importante qu'on a vécue au Québec.

Jean Charest



Des régions sous haute surveillance

Il n'y a pas qu'en Montérégie que les fortes pluies des derniers jours, combinées à la fonte des neiges, font déborder les cours d'eau. Plusieurs régions du Québec sont actuellement visées par des alertes aux inondations imminentes ou aux fortes crues.

C'est notamment le cas de la Gaspésie, où plusieurs rivières sont à leur niveau le plus élevé et où on attend encore de fortes pluies pour la fin de semaine. Presque toutes les rivières de la péninsule gaspésienne sont sous surveillance.

Après les craintes de débordement dans le Bas-Saint-Laurent au cours des derniers jours, un ralentissement du débit des rivières Matane, Matapédia, Bonaventure et Kamouraska a été constaté jeudi. La situation est aussi préoccupante sur la Côte-Nord, où environ 40 millimètres de pluie sont attendus au cours de la fin de semaine.

En Mauricie, sept municipalités sont touchées par les inondations. Le lac Saint-Pierre a atteint sa limite. D'ailleurs, la nuit dernière, l'eau a monté de 27 centimètres. Environ 150 résidences ont été inondées à Louiseville et Yamachiche en raison de la crue du lac Saint-Pierre. De son côté, la Ville de Trois-Rivières a notamment commencé à distribuer des sacs de sable à ses citoyens.


En rouge : les zones à risque d'inondation. En jaune: les zones à risque de fortes cruesEn rouge : les zones à risque d'inondations. En jaune: les zones à risque de fortes crues. Photo : Adapté d'une carte du Centre de prévision des crues du Québec


En Estrie, la situation revient lentement à la normale. Quelques résidences sont encore isolées autour du lac Memphrémagog, dont le niveau continue de baisser. Les autorités suivent de près la situation à Weedon, où le lac Louise risque de nouveau de déborder.

Dans la région de Québec, les menaces d'inondation diminuent d'heure en heure. Le niveau des cours d'eau baisse, notamment celui de la rivière Saint-Charles, qui avait atteint un seuil critique jeudi. Il n'y a désormais plus de risque d'inondation.

On craint toutefois des inondations dans la région de Saguenay, où plusieurs cours d'eau, gonflés à bloc, sont sortis de leur lit.

Dans Chaudière-Appalaches, la rivière Chaudière menace de nouveau de déborder. Une quarantaine de résidences pourraient être inondées si la pluie continue de tomber.

Au Nouveau-Brunswick, le niveau du fleuve Saint-Jean et de ses affluents continue de monter, vendredi. Jacques Doiron, de l'Organisation des mesures d'urgence de la ville d'Edmundston, explique cependant que la situation actuelle n'a rien de comparable à celle de 2008.


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