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Mine Jeffrey : des relents de favoritisme, selon l'opposition

La mine Jeffrey à Asbestos (archives)

La mine Jeffrey à Asbestos (archives)

Radio-Canada

Alors que le gouvernement publiait mercredi sa décision d'octroyer une garantie de prêt de 58 millions de dollars pour soutenir le redémarrage de la mine Jeffrey, l'opposition a pointé du doigt les liens entre le premier ministre Jean Charest et un collecteur de fonds du Parti libéral. Des liens qui expliqueraient l'empressement du gouvernement à financer la relance controversée de la mine d'Asbestos, en Estrie.

Lors des questions en Chambre, le député péquiste Bertrand St-Arnaud a questionné le gouvernement sur sa façon de procéder. Il s'est étonné de la publication de la garantie de prêt alors que les députés devaient décider aujourd'hui même si une commission parlementaire allait réévaluer les risques de l'amiante pour la santé.

Baljit Chadha (à droite), lors d'une mission en Inde avec Jean Charest.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Baljit Chadha (à droite), lors d'une mission en Inde avec Jean Charest.

Photo : Gouvernement du Québec

20 000 $ récoltés pour le PLQ par Baljit Chadha

Le député de Chambly a rappelé que le président de Balcorp, Baljit Chadha, principal promoteur de la relance de la mine Jeffrey, avait monté en 2009 une opération de financement pour le Parti libéral du Québec.

« Un cocktail de financement du Parti libéral, (organisé) à la résidence personnelle de Westmount du président de la firme Balcorp, un proche du premier ministre, a déclaré Bertrand St-Arnaud. Un cocktail qui a rapporté 20 000 $ en présence du premier ministre lui-même. Pourquoi cette aide financière, aujourd'hui, avant la commission parlementaire que l'on réclame? », s'est-il interrogé.

Malgré le fait que la Société canadienne du cancer ainsi que tous les directeurs québécois de la santé publique craignent les effets de la relance de l'exploitation de la mine Jeffrey, le ministre du Développement économique, Clément Gignac, a simplement répondu qu'il croyait que l'amiante chrysotile pouvait être utilisé de manière sécuritaire.

Faciliter la tâche des promoteurs du projet de la mine Jeffrey

S'agissant de la publication de la garantie de prêt, Clément Gignac a affirmé lors d'un point de presse qu'il était important de l'officialiser. Et ce, même si les investisseurs associés au projet n'ont pas complété leur financement. « Le projet va aller de l'avant uniquement s'ils ramassent les 20 millions manquants de mise de fonds », a détaillé le ministre à l'issue de la période des questions.

Étant donné l'incertitude relative au débat sur le chrysotile, « il est évident que si le gouvernement du Québec se positionne pour dire que nous on croit en l'utilisation du chrysotile, c'est plus facile pour les promoteurs de pouvoir recueillir le 20 millions », a-t-il poursuivi.

En fin d'après-midi, le Parti québécois a publié un communiqué pour dénoncer l'attitude du gouvernement, ainsi que le refus des libéraux de confier à une commission parlementaire le soin de se pencher sur les effets de l'amiante.

C'est honteux de refuser de mettre à jour les études relatives à l'amiante chrysotile alors qu'on sait à quel point l'exploitation de cette ressource est controversée.

Scott McKay

« Les libéraux sont non seulement inconscients, mais en plus, ils tournent le Parlement au ridicule de plus en plus souvent en disant une chose en Chambre et en faisant exactement le contraire dès la porte du Salon bleu fermée », a poursuivi Scott McKayle député péquiste de L'Assomption, accusant les libéraux « de faire plaisir au président de Balcorp, un proche du premier ministre ».

Favorable à l'arrêt de l'exploitation de l'amiante, Amir Khadir a lui aussi critiqué la décision du gouvernement. « Derrière cette décision irrationnelle se trouvent des intérêts purement électoralistes et malheureusement encore la filière du financement du PLQ », a regretté le député de Québec solidaire.

Jean Charest récuse les accusations de l'opposition

Plus tôt dans la journée, Jean Charest a nié que ses liens avec Baljit Chadha soient à l'origine de l'octroi de la garantie de prêt. « La réponse, c'est non », a rétorqué abruptement le premier ministre.

Clément Gignac a, de son côté, minimisé les soupçons en affirmant que les libéraux recueillent plus de dons parce qu'ils ont des politiques favorables au développement économique, contrairement aux souverainistes.

« Il y a beaucoup de monde qui appuie le Parti libéral parce que nous, de notre côté, c'est l'économie, ce n'est pas la séparation », a ajouté le ministre du Développement économique.

Avec les informations de La Presse canadienne

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