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Mort de Ben Laden : le Pakistan se défend

Le président pakistanais, Asif Ali Zardari, lors de son séjour en France

Le président pakistanais, Asif Ali Zardari, lors de son séjour en France

Photo : AFP / AFP/Bertrand Guay

Radio-Canada

Dans une tribune publiée par le Washington Post, le président du Pakistan Asif Ali Zardari confirme que son administration n'a pas été informée de l'opération des forces spéciales de la marine américaine qui s'est soldée par la mort d'Oussama ben Laden.

Il soutient cependant que le Pakistan a « fait sa part » dans la traque pour le chef d'Al-Qaïda.

« Bien que les événements de dimanche n'étaient pas le fruit d'une opération conjointe, une décennie de coopération et de partenariat entre les États-Unis et le Pakistan ont mené à l'élimination d'Oussama ben Laden synonyme de menace permanente contre le monde civilisé », assure le président pakistanais.

« Nous autres Pakistanais tirons une certaine satisfaction du fait que notre aide pour identifier un messager de Ben Laden a conduit en fin de compte aux événements de ce jour », ajoute-t-il.

M. Zardari n'a cependant pas offert d'explications au sujet du lieu où se cachait Ben Laden. Le fondateur d'Al-Qaida a été tué à Abbottabad, tout près de la principale académie militaire du pays, à une heure de route de la capitale, Islamabad.

Il n'était nulle part où nous avions prévu qu'il serait, mais maintenant il est parti.

Asif Al Zardari

La situation géographique de la cache de Ben Laden soulève bien des questions au sein de la classe politique américaine, qui soupçonnait déjà les services secrets pakistanais de jouer double jeu dans ce dossier, en participant à la guerre contre les talibans d'une part, tout en conservant des liens avec eux d'autre part.

Le principal conseiller du président Obama en matière de contre-terrorisme, John Brennan,a affirmé mardi que le fait que Ben Laden a été trouvé si près de la capitale « soulève des questions ».

« On va entrer dans une période de véritable pression » sur les Pakistanais « afin qu'ils nous démontrent vraiment qu'ils ne savaient pas que Ben Laden se trouvait chez eux », a déclaré lundi l'indépendant Joseph Lieberman, qui préside la commission de la sécurité nationale du Sénat.

« En terme d'aide militaire, notre soutien dépendra des réponses que le Pakistan va apporter aux questions qui doivent être posées sur la présence de Ben Laden dans un endroit aussi central », a pour sa part déclaré le sénateur démocrate Carl Levin, qui préside la commission des services militaires du Sénat.

Les Pakistanais tenus à l'écart

Dans un entretien publié mardi par le magazine américain Time, le directeur de la CIA, Leon Panetta, a admis que les autorités américaines craignaient que le Pakistan ne compromette l'opération en « alertant la cible ».

Selon un communiqué du ministère pakistanais des Affaires étrangères, les hélicoptères américains qui ont participé à l'opération ont volé de manière à échapper aux radars pakistanais en tirant parti du relief montagneux de la région.

Des avions de chasse pakistanais ont décollé quelques minutes après que l'intrusion eut été remarquée, ajoute le ministère, mais les appareils américains avaient déjà quitté l'espace aérien.

Le ministère dit être préoccupé par ce qu'il qualifie d'« action unilatérale non autorisée » des Américains en sol pakistanais.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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