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Les forces syriennes entrent en masse à Deraa

Un homme lance une pierre sur un tank de l'armée syrienne dans la ville de Deraa.

Un homme lance une pierre sur un tank de l'armée syrienne dans la ville de Deraa.

Photo : AFP / YouTube

Radio-Canada

Plusieurs personnes ont été tuées lundi à Deraa, berceau de la contestation contre le régime de Bachar Al-Assad. Les troupes syriennes sont entrées par centaines dans la ville, appuyées par des blindés et des chars, et ont ouvert le feu, selon des témoins.

Cette attaque aurait fait 25 morts, selon un militant cité par l'Agence France Presse. D'autres bilans font état d'au moins cinq morts.

« Les hommes tirent dans toutes les directions et avancent derrière les blindés qui les protègent », a déclaré l'activiste Abdallah Al-Harriri, joint au téléphone par l'AFP. « L'électricité est coupée et les communications téléphoniques sont presque impossibles », a-t-il précisé.

L'armée syrienne a justifié cette opération en expliquant qu'elle avait agi à l'appel des habitants pour mettre fin à des actes de « sabotage et d'assassinat ».

« Des unités de l'armée, aidées des forces de sécurité ont pourchassé les groupes terroristes extrémistes, arrêtant plusieurs d'entre eux et saisissant d'importantes quantités d'armes et de munitions », a indiqué une source militaire à l'AFP.

Plus au nord, les forces de sécurité ont tiré sur des civils à Douma, dans la banlieue de Damas, d'après des témoins. L'un d'entre eux, cité par Reuters, parle de blessés et de dizaines d'arrestations.

Ces nouvelles violences interviennent après un week-end tous aussi meurtrier. Plusieurs dizaines de civils ont été abattus samedi et dimanche, à Damas et à Djabla, dans le nord-ouest de la Syrie.

Les décès de lundi portent à quelque 390 le nombre de personnes ayant péri depuis le début de la contestation le 15 mars, selon des chiffres compilés par l'AFP à partir de bilans d'ONG étrangères et de groupes de militants syriens.

La majorité des journalistes étrangers ont été expulsés du pays depuis le début des protestations, ce qui rend impossible la vérification de la situation sur le terrain.

Un jeune garçon syrien porte une pancarte où il est écrit 'Arrêtez la tuerie' dans les rues de Daraya, près de Damas.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un jeune garçon syrien porte une pancarte où il est écrit 'Arrêtez la tuerie' dans les rues de Daraya, près de Damas.

Photo : La Presse canadienne / STR

Condamnation du régime d'Al-Assad

Dans un communiqué publié lundi, 102 intellectuels et journalistes syriens ont condamné « les pratiques violentes et oppressives du régime ». Ils ont appelé les intellectuels du pays « qui n'ont pas brisé la barrière de la peur de prendre une position claire ».

La haute commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a demandé « l'arrêt immédiat des tueries en Syrie ». Elle juge « inacceptable » la « réaction erratique et violente » du gouvernement syrien face aux manifestants pacifiques.

Dans l'enceinte des Nations unies, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la France et le Portugal font circuler un projet de condamnation de la répression qui pourrait être rendu public mardi si les 15 pays du Conseil de sécurité arrivent à un accord unanime.

Une partie des employés de l'ambassade américaine en Syrie va quitter le pays

Les États-Unis ont décidé d'évacuer une partie du personnel de leur ambassade en Syrie. Selon le département d'État américain, cette décision a été prise en raison de « l'instabilité et de la situation incertaine » régnant dans le pays. Les familles des diplomates, les employés non-essentiels et les chargés d'affaires de l'ambassade ont reçu l'ordre de quitter Damas en milieu de soirée.

Un peu plus tôt dans la journée, la Maison-Blanche avait annoncé que l'administration Obama examinait la possibilité d'adopter des « sanctions ciblées » contre le pouvoir syrien.

« La violence à laquelle le gouvernement syrien a recours contre son peuple est absolument déplorable », a affirmé Tommy Vietor, porte-parole de la présidence américaine.

La Syrie ferme un poste frontière avec la Jordanie

Quelques heures après l'intervention meurtrière à Deraa, le poste frontière de Ramtha entre la Jordanie et la Syrie a été fermé.

Celui de Jaber, à 95 km au nord d'Amman, la capitale jordanienne, est cependant resté ouvert.

Plus tôt dans la journée, le ministre jordanien de l'Information, Taher Adwan, cité par l'agence Petra, avait déclaré que la Syrie avait fermé l'ensemble de sa frontière avec la Jordanie.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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