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La Syrie se prépare à une autre journée de manifestations

Sur cette photo prise avec un téléphone cellulaire, un Syrien assis dans un autobus observe un camion transportant des militaires près de Homs.

Sur cette photo prise avec un téléphone cellulaire, un Syrien assis dans un autobus observe un camion transportant des militaires près de Homs.

Photo : La Presse canadienne / AP

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président syrien Bachar Al-Assad a officiellement promulgué la loi entraînant la levée de l'état d'urgence, en vigueur depuis 1963. Ce geste vise vraisemblablement à calmer les ardeurs des opposants à la veille de nouvelles manifestations qui ont suivi la prière du vendredi.

« Ce décret sera publié dans le journal officiel et applicable dès sa publication », affirme l'agence officielle Sana.

Bachar Al-Assad, qui fait face à une contestation populaire sans précédent depuis qu'il a pris la tête du pays, en 2000, a également promulgué deux autres lois approuvées plus tôt cette semaine par le gouvernement, soit celle abrogeant la Cour de sûreté de l'État et celle encadrant les manifestations.

La Cour de sûreté de l'État est un tribunal d'exception créé en 1968 pour remplacer la Cour militaire d'exception. La Cour de sûreté a cependant conservé les mêmes prérogatives, et ses jugements sont sans appel. « Tous les procès [intentés actuellement] dans le cadre de ce tribunal seront examinés par les tribunaux » compétents, indique le décret, selon la télévision syrienne.

Le décret portant sur « la réglementation des manifestations pacifiques, qui sont un droit essentiel garanti par la constitution », indique pour sa part qu'il « faut concilier la sécurité du citoyen et l'usage du droit à manifester, et [qu']il faut permettre aux autorités de protéger les biens publics et privés ».

L'opposition sceptique

L'état d'urgence a été décrété en Syrie en 1963, après l'arrivée au pouvoir du parti Baas, le seul parti autorisé dans ce pays de 22 millions d'habitants. Il permet de museler l'opposition et de procéder à des arrestations arbitraires, privant la population de presque toutes les libertés civiles, dont le droit de manifester.

Son abolition satisfait une des revendications des manifestants qui défilent dans les rues de nombreuses villes du pays depuis le début du mois de mars. Il est cependant loin d'être clair que cette décision permettra de calmer le jeu.

Une figure de proue de l'opposition, Haitham Al-Maleh, a déclaré à Reuters que la levée de l'état d'urgence n'aura pas vraiment de signification tant et aussi longtemps que le système de justice ne sera pas indépendant et que les pouvoirs des forces de sécurité ne seront pas diminués.

Un défenseur des droits de la personne, Ammar Qurabi, salue le geste, mais indique lui aussi que d'autres mesures doivent suivre, comme la libération des prisonniers incarcérés depuis le début des troubles et la tenue d'un nouveau procès pour toutes les personnes condamnées par la Cour de sûreté de l'État.

« L'état d'urgence n'a pas été aboli, il a été vaincu. C'est une victoire qui résulte des manifestations, des protestations et du sang des martyrs qui exigent la liberté en Syrie », écrit pour sa part sur Twitter une activiste syrienne de renom, Suhair Atassi, qui a été arrêtée à plusieurs reprises par le régime.

À Deraa, la ville du sud où ont éclaté les premières manifestations en faveur de plus grandes libertés politiques, des résidents affirment que des unités de l'armée se sont rapprochées de la ville, en prévision de nouvelles manifestations prévues pour vendredi. Elles s'en étaient éloignées depuis deux jours.

Un militant des droits de l'homme a aussi déclaré à Reuters que des camions transportant des soldats et des véhicules équipés de fusils mitrailleurs ont été vus se dirigeant vers Homs, en provenance de Damas. Des affrontements entre manifestants et forces de sécurité ont fait plusieurs morts dans cette ville lundi et mardi.

Selon Amnistie internationale, au moins 200 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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