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Saint-Constant va faire l'objet de vérifications

Gilles Pépin, le maire de Saint-Constant
Gilles Pépin, le maire de Saint-Constant

Saint-Constant s'ajoute à la liste des villes qui font l'objet de vérifications du ministère des Affaires municipales.

Les enquêteurs vont se pencher sur les contrats de la municipalité, notamment sur celui de la future bibliothèque qui suscite bien des questions.

En 2010, les citoyens avaient rejeté un projet de bibliothèque d'une durée de 20 ans sur un terrain de Saint-Constant.

La Ville avait alors contourné l'opposition en contractant un bail de cinq ans moins un jour.

Un coût élevé

Les détracteurs du projet craignent désormais une facture trop salée.

« À peu près 7 millions de dollars pour une location. C'est là ma crainte », explique André Sauvé, conseiller municipal du district 5 de Saint-Constant.

Pour Pierre J. Hamel, spécialiste en finances publiques à l'INRS, le chiffre est encore plus élevé : « Cela sera probablement de l'ordre de 8 peut-être même de 9 millions de dollars ».

Le maire Gilles Pépin n'a pas, quant à lui, de réponse précise. Mais il affirme qu'avec le réaménagement, la Ville va récolter 3 millions de plus en taxes, ce qui réduira, selon lui, le coût net de cette bibliothèque.

Le maire de Saint-Constant pense que cette économie permettra de faire taire ses détracteurs. D'après lui, le coût net du projet se chiffre sur cinq ans à « environ 1,2 million de dollars ».

Une ville locataire

Rien ne protège pourtant la Ville contre une éventuelle hausse des coûts au terme du bail. Mais, le maire affirme avoir au contraire du pouvoir : « Si on occupe 25 % du centre d'achat et si l'on décide de partir demain matin, le propriétaire n'aimera peut-être pas cela ».

La comparaison avec les villes voisines est toutefois éloquente. Longueuil a par exemple déboursé 12 millions pour une bibliothèque dont elle est propriétaire.

« J'ai l'impression que Saint-Constant se retrouve à payer quelque chose comme cinq fois plus cher le pied carré pour un espace dont il n'est pas propriétaire », constate le professeur Pierre J. Hamel.

François Marchand, un avocat en droit municipal, s'interroge également sur le coût des infrastructures : « Tout est à la charge du locataire, c'est-à-dire la municipalité. On peut lire à plusieurs endroits que la Ville renonce à contester à peu près n'importe quoi et elle s'engage à payer à peu près tout. La municipalité se place dans une position extrêmement délicate ».

Ce n'est pas la première fois que Gilles Pepin est au coeur d'une polémique. En 2007, il avait été destitué par la Cour supérieure du Québec pour dépenses électorales frauduleuses. Le maire avait finalement été réélu en 2008.

D'après un reportage de Davide Gentile.

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