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Pas d'enquête policière sur Delorme, dit le ministre Dutil

Yvan Delorme

Yvan Delorme

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a affirmé qu'il n'y a jamais eu d'enquête policière sur l'ancien chef de police de Montréal, Yvan Delorme. Au cours des débats parlementaires sur les crédits de son ministère, il a précisé qu'il s'agissait en fait d'une habilitation sécuritaire.

Un peu plus tôt dans la journée, les partis d'opposition avaient accentué la pression sur le gouvernement. Lors d'un point presse, Stéphane Bergeron et Sylvie Roy, les porte-paroles en matière de sécurité du Parti québécois et de l'Action démocratique du Québec, ont demandé que toute la lumière soit faite sur les liens présumés entre l'ex-chef de la police de Montréal, la firme de sécurité privée BCIA et des membres du gouvernement.

Des faits « nébuleux » qui nécessitent des « précisions »

Stéphane Bergeron et Sylvie Roy ont tous deux manifesté leur vive inquiétude concernant les rumeurs et allégations qui circulent au sujet d'Yvan Delorme. « Il y a un certain nombre d'éléments dans cette affaire qui sont hautement nébuleux et qui nécessitent de la part du gouvernement des précisions », a soutenu le porte-parole du PQ.

Les partis d'opposition s'étonnent de l'enquête commandée par l'ex-ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis. Ami de l'ancien chef de police de Montréal, Jacques Dupuis avait sollicité la Gendarmerie royale du Canada (GRC), à l'automne 2009. Il avait confié aux agents fédéraux le soin d'enquêter sur Yvan Delorme, au moment du renouvellement du mandat de ce dernier à la tête du corps de police de Montréal. Un poste qu'Yvan Delorme avait quitté peu de temps après, dans des conditions obscures, en prétextant un départ anticipé à la retraite.

Une « habilitation sécuritaire »

Questionné en entrevues à ce sujet, Jacques Dupuis a répondu que la vérification qu'il avait lui-même demandée à la GRC avait trait à de présumés liens entre Yvan Delorme et la communauté italienne de Montréal. L'ex-ministre n'a toutefois pas voulu donner plus de détails.

En matière de renseignement, « tout ce qui touche la mafia italienne » relève de la GRC, a confirmé le directeur général de la Sûreté du Québec (SQ), Richard Deschênes, qui était présent à l'Assemblée nationale pour le débat budgétaire sur les crédits du ministère de la Sécurité publique.

« Comment prétendre qu'il s'agit d'une enquête quand il s'agit d'une vérification. On était dans un processus de renouvellement de nomination. »

— Une citation de  Robert Dutil

En chambre, Robert Dutil a donné une version différente de celle de son prédécesseur. L'actuel ministre de la Sécurité publique a affirmé que la vérification concernant Yvan Delorme avait été demandée à la SQ, qui avait pris d'elle-même l'initiative de renvoyer le dossier à la GRC afin d'obtenir des informations plus approfondies.

Le ministre n'a pas précisé la nature des informations visées par l'enquête. Il a toutefois souligné qu'il ne s'agissait pas d'une enquête comme telle, mais d'une vérification d'allégations et de rumeurs. Le ministre a en effet expliqué qu'une enquête policière est déclenchée en cas de soupçons sur la commission d'un crime. Tandis qu'une habilitation sécuritaire consiste à vérifier les liens qu'entretient la personne ciblée avec d'autres personnes.

Quels liens entre Yvan Delorme et Luigi Coretti ?

En l'occurrence, il s'agissait de considérer les liens entre Yvan Delorme et Luigi Coretti, propriétaire de l'agence de sécurité BCIA. Cette agence avait obtenu, sans appel d'offres, le contrat de surveillance de la centrale du Service de police de la Ville de Montréal. « Aucune connotation négative » n'ayant été décelée entre les deux hommes, « la vérification s'est avérée négative », a assuré le ministre de la Sécurité publique.

La chronologie des faits laisse cependant croire à l'opposition péquiste qu'Yvan Delorme a quelque chose à cacher sur les raisons de son départ à la retraite, que l'intéressé n'a jamais justifié, invoquant simplement des raisons personnelles.

Dans un communiqué publié dimanche, l'ex-chef de la police de Montréal a écrit qu'il avait pris sa décision de quitter le service « quelques mois avant » l'annonce officielle du renouvellement de son mandat, le 5 mai 2010. Il n'explique pas pourquoi il avait négocié les conditions de son renouvellement - obtenant une revalorisation de ses prestations de retraite - si, dans ce cas-là, il avait décidé de partir.

Dans ce contexte, l'opposition fait un rapprochement entre la date de son départ et l'annonce un peu plus tôt de la faillite de l'agence de sécurité privée BCIA. Cette entreprise largement subventionnée surveillait alors le quartier général de la police de Montréal, à la demande d'Yvan Delorme.

« C'est le festival de la confusion », a reproché de son côté Sylvie Roy. La porte-parole de l'ADQ a par ailleurs jugé qu'il y avait « trop de faits troublants » pour fermer les yeux sur toute cette affaire.

Avec les informations de La Presse canadienne

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