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Pauline Marois expose la vision péquiste du Québec

Pauline Marois

Pauline Marois après son vote de confiance, samedi soir

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À la clôture du 16e Congrès national du Parti québécois, la chef Pauline Marois a présenté les grandes lignes de l'ébauche du programme péquiste sur lesquelles les délégués se sont entendus pendant la rencontre.

Lors de son discours, la chef péquiste s'est surtout adressée aux jeunes qu'elle a invités à joindre les rangs du PQ. Elle a affirmé que le parti entendait reprendre le contrôle de l'État en adoptant des politiques généreuses en matière de santé et d'éducation, tout en se conduisant de manière responsable, notamment en réduisant l'appareil bureaucratique.

Si elle est portée au pouvoir, Mme Marois promet de se porter à la défense de l'identité québécoise en prenant des mesures concrètes, et ce, même si elle risque de se buter à l'opposition d'Ottawa.

« Nous allons inscrire nos droits, en tant que peuple, dans une Constitution québécoise, nous adopterons une charte pour affirmer la laïcité de l'État québécois. Et si le Canada veut nous mettre des bâtons dans les roues, avec des reliques coloniales et son arbitrage judiciaire, les Québécois jugeront! »

— Une citation de  Pauline Marois

Dans la même veine, Mme Marois a adressé une mise en garde aux partisans du fédéralisme qui, selon elle, n'ont plus rien à offrir au Québec. « Pour les fédéralistes qui espéraient que notre volonté de bâtir un pays allait s'effacer après notre congrès, sachez que nous sortons d'ici encore plus déterminés, plus unis, plus forts et plus convaincus que jamais! », a-t-elle déclaré.

Pauline Marois a aussi invité les militants à transformer la formation politique en une puissante machine électorale, d'abord pour remporter l'élection fédérale du 2 mai, puis pour battre les libéraux de Jean Charest.

Marche arrière sur l'affichage en français

La chef péquiste a eu l'occasion, dimanche, de tester l'ascendant que lui a procuré l'appui historique des délégués lors de son vote de confiance.

Pauline Marois a convaincu les militants du PQ d'écarter l'idée d'imposer l'affichage unilingue français qui avait reçu l'aval d'une mince majorité dans la matinée.

L'adoption de cette résolution, qui visait l'exclusion de l'anglais de l'affichage commercial au Québec, avait provoqué un malaise au sein de l'assemblée. Plusieurs députés ont jugé la mesure trop radicale.

« Je pense qu'il n'y a personne qui ait vraiment envie qu'on refasse une guerre linguistique [...] On n'a pas envie que ça redevienne un débat entre les Français et les Anglais », a fait valoir Pierre Curzi. La langue d'affichage n'est « pas une priorité », a ajouté Louise Beaudoin. « J'ai un profond malaise, mais qu'est-ce que vous voulez, c'est comme ça... », a laissé tomber le député Bernard Drainville.

« Nous avons, mes amis, du pain sur la planche. Je ne souhaite pas que l'on s'engage dans un nouveau débat juridique sur la question de la langue de l'affichage, compte tenu que nous avons été déboutés jusqu'à l'ONU. Ce que je souhaite, c'est que nous mettions toutes nos énergies pour gagner nos batailles. »

— Une citation de  Pauline Marois

Les deux tiers des délégués ont finalement accepté de refaire le débat sur l'affichage unilingue en français, et une très nette majorité de l'assemblée a voté pour que la proposition soit mise de côté.

Lors de ce congrès, les péquistes étaient aussi appelés à élire le nouveau président de leur conseil exécutif. L'ancien journaliste de la radio de Radio-Canada Raymond Archambault a remporté le titre devant l'ex-député Daniel Turp. Il succède ainsi à Jonathan Valois.

Les nouvelles propositions du PQ

Les délégués ont voté en faveur de plusieurs propositions, notamment celle de la députée Lisette Lapointe sur la réalisation et la publication d'études sur la souveraineté si le PQ accède au pouvoir.

Les militants ont aussi décidé d'appliquer à une très forte majorité la loi 101 aux cégeps. Dorénavant, seuls les anglophones auraient accès aux cégeps anglais. Le PQ s'engage en contrepartie à renforcer l'enseignement de l'anglais au primaire et au secondaire. « C'est vraiment l'indicateur de notre détermination, de notre désir de rétablir un équilibre pour nous assurer que le français soit la langue officielle du Québec et qu'il redevienne la langue commune de l'ensemble des Québécois et des Québécoises », a déclaré le député Pierre Curzi.

Le Parti s'est également prononcé pour le plafonnement à 100 $ de la contribution par personne à des partis politiques. Actuellement, la loi électorale fixe la contribution maximale à 1000 $ par individu. L'État financerait davantage les formations politiques pour les pertes engendrées par cette mesure.

Le PQ a par ailleurs appuyé l'idée de tenir des élections à date fixe et de limiter à deux mandats consécutifs, ou 10 ans, la durée au pouvoir des premiers ministres du Québec.

Vers un « gouvernement souverainiste »

La chef du PQ, Pauline Marois, a aussi réussi à faire entériner son projet de gouvernement souverainiste.

Un gouvernement du PQ « occuperait tous les pouvoirs, adopterait une constitution québécoise, une nouvelle loi 101, une loi sur la citoyenneté », comme l'a expliqué Pauline Marois sur l'antenne de RDI.

Au cours de cet entretien, la responsable péquiste a d'autre part rappelé son engagement de créer, si elle est élue, une commission d'enquête publique et indépendante sur les pratiques de corruption et de collusion : « Je vais faire le ménage. Je suis une femme qui fait ce qu'elle dit ».

Les délégués péquistes procéderont aussi en journée à l'élection des nouveaux membres du conseil exécutif national. L'ancien chef d'antenne de la radio de Radio-Canada, Raymond Archambault, s'oppose à l'ex-député et constitutionnaliste Daniel Turp dans la course à la présidence du conseil.

Un appui record

L'atmosphère était euphorique dimanche matin au congrès, au lendemain du vote de confiance qui a consacré Pauline Marois, avec une note de plus de 93%.

« Quand on est uni, on envoie un beau message à la population québécoise, car on leur demande de nous faire confiance. Pour nous faire confiance, ils veulent une certaine harmonie entre nous et c'est ce à quoi nous sommes arrivés », a ajouter Mme Marois.

Entrée triomphale de Gilles Duceppe

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a fait une allocution au congrès du Parti québécois à Montréal.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a fait une allocution au congrès du Parti québécois à Montréal.

Le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe (Nouvelle fenêtre) était de passage au congrès du Parti québécois dimanche matin.

Il a répété que seul le Bloc peut empêcher les conservateurs d'obtenir un gouvernement majoritaire. À son avis, les libéraux sont discrédités depuis le scandale des commandites et le NPD est incapable de faire des gains dans la province.

Dans son discours, Gilles Duceppe a tendu la main aux militants péquistes, leur demandant de travailler à la campagne du Bloc jusqu'au jour de l'élection.

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