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Expulsion des Barlagne : Le NPD, le Bloc et le PLC sont outrés

Sophie et David Barlagne et leur fille Rachel

Sophie et David Barlagne et leur fille Rachel

Photo : Famille Barlagne

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le chef néo-démocrate Jack Layton est intervenu vendredi matin en faveur de la famille française Barlagne menacée d'expulsion du Canada, en raison de la paralysie cérébrale de la fille cadette.

En campagne électorale au Québec, M. Layton et son bras droit Thomas Mulcair, candidat dans Outremont, ont commenté le cas, qualifiant d'« inacceptable et dégueulasse » l'épopée de cette famille menacée d'expulsion.

M. Mulcair a indiqué que cette décision fédérale ternissait la réputation du Canada à l'étranger. Il entend poursuivre le combat pour faire lever l'ordre d'expulsion qui doit être exécuté dans quatre mois.

Le chef néo-démocrate Jack LaytonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef néo-démocrate Jack Layton

« Imaginez si nous voyions une famille québécoise en France menacée d'expulsion juste parce que leur enfant est malade », a souligné Thomas Mulcair. Il dit travailler sur ce dossier depuis un an et demi et avoir posé une question au ministre de l'Immigration Jason Kenney. « Il est allé se cacher sous son bureau », a-t-il ironisé.

Jack Layton a indiqué que la candidate néo-démocrate Olivia Chow, qui se spécialise dans les questions touchant l'immigration, a proposé par le passé un projet de loi qui pourrait régler des cas comme celui de la famille en question.

Le chef néo-démocrate Jack Layton demande au ministre de l'Immigration Jason Kenney d'intervenir pour permettre à la famille Barlagne de rester au pays.

Bloquistes et libéraux critiquent le ministre Kenney

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a joint sa voix aux protestations.

« Bon Dieu! Il n'y a aucune raison, aucune raison, sauf l'entêtement de M. Kenney. Ce que je ne comprends pas, c'est que ce sont des gens qui ont été choisis par le Québec », a dit Gilles Duceppe.

Même sentiment de colère du côté du Parti libéral du Canada. Le candidat dans Outremont, Martin Cauchon, est outré du manque de compassion du gouvernement conservateur.

« À mon point de vue, c'est une décision qui n'a pas de sens, qui ne colle pas aux traditions canadiennes », a affirmé Martin Cauchon.

Interrogé à ce sujet lors d'une conférence devant des étudiants, le chef du PLC, Michael Ignatieff, a été estomaqué que le Canada agisse de la sorte avec une enfant handicapée.

« Nous sommes le Canada, nous sommes un pays avec certains moyens, a répondu Michael Ignatieff. Je trouve inacceptable l'idée de dire : "Allez-vous en, vous coûtez trop cher". La famille nous dit qu'en fait, elle n'a pas besoin de soins médicaux constants, c'est une jeune enfant handicapée! »

« Alors je trouve choquant le fait qu'on va expulser du Canada une famille qui a une enfant handicapée, a continué M. Ignatieff. Je trouve ça incroyable que ce soit possible au Canada. Et je crois que le ministre doit agir dès maintenant parce que ça crée une situation d'angoisse incroyable pour cette famille. Il faut avoir de la souplesse et de la compassion au Canada, bon Dieu! » 

Québec n'interviendra pas

Un peu plus tôt dans la matinée, le gouvernement provincial a dit qu'il ne pouvait pas agir dans le dossier de la famille Barlagne.

La ministre québécoise de l'Immigration et des Communautés culturelles, Kathleen Weil, a en effet affirmé à l'antenne de RDI, vendredi matin, qu'elle suivait le dossier, mais que celui-ci était du ressort du fédéral.

« Le Québec a la juridiction pour faire la sélection, l'accueil et l'intégration des immigrants. Mais pour ce qui est des considérations de santé, c'est vraiment le fédéral », a déclaré Mme Weil.

La ministre a ajouté qu'il ne s'agissait pas d'une situation unique : « Ce sont toujours des cas extrêmement difficiles, car c'est une famille qui s'intègre dans la société québécoise et dans le cas présent, elle parle français ».

Une demande humanitaire

La famille Barlagne a présenté jeudi une demande de résidence permanente pour motifs humanitaires au ministre de l'Immigration, Jason Kenney.

La famille a tenu un point de presse émouvant, jeudi matin.

Je voudrais dire au gouvernement haut et fort que ma fille Rachel n'est pas une charge pénible à supporter ni pour nous, ni pour la société, a déclaré la mère, Sophie Barlagne, les larmes aux yeux. C'est une extraordinaire petite personne de huit ans qui s'épanouit de plus en plus.

Sophie Barlagne

Si M. Kenney rejette la demande que lui ont faite les Barlagne en dernier recours, la famille d'origine guadeloupéenne risque l'expulsion en juillet.

Jason Kenney n'a pourtant pas l'intention d'intervenir.

C'est pas au ministre, c'est pas aux hommes politiques à prendre une décision sur les cas comme celui-là; c'est pour le système légal du Canada et c'est là où quelqu'un doit s'adresser.

Jason Kenney, ministre de l'Immigration

En plus de s'adresser au ministre de l'Immigration, les parents de Rachel ont invité tous les partis politiques fédéraux, actuellement en campagne électorale, à se prononcer sur le dossier.

D'après les reportages de Francine Plourde et Louiselle Lévesque

Avec les informations de Associated Press

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