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Bolduc critiqué pour avoir subventionné un groupe pro-vie

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, le docteur Yves Bolduc

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, le docteur Yves Bolduc

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, s'est retrouvé dans l'embarras mardi pour avoir accordé une aide financière à un organisme opposé à l'avortement.

La députée péquiste Agnès Maltais a rendu l'affaire publique pendant l'étude des crédits du ministère de la Santé à l'Assemblée nationale.

Elle a révélé que M. Bolduc avait accordé, l'an dernier, une subvention de 1000 $ à même son enveloppe discrétionnaire au centre Naître ou ne pas naître, un groupe pro-vie de Québec.

Sur son site web, le centre affiche en effet son aversion pour « l'avortement provoqué ».

Sa mission, peut-on lire, est de « promouvoir le sens de l'émerveillement et l'acceptation des responsabilités lors de grossesses, planifiées ou non, désirées ou non. »

L'organisme a aussi pour mission d'informer les femmes « sur le développement de l'enfant à naître depuis la fécondation, la phase embryonnaire, la phase foetale jusqu'à la naissance et les premiers jours de la vie », mentionne le site.

Bolduc se défend

En point de presse, le ministre Bolduc s'est défendu en plaidant l'ignorance. Le ministère n'a pas vérifié l'orientation idéologique de l'organisme avant d'y accorder une aide financière, a-t-il expliqué.

« On a des milliers de demandes au niveau du ministère, parfois les gens nous disent tout simplement que c'est pour aider les femmes dans certaines circonstances. On ne valide pas toujours si ce sont des groupes pro-vie ou des groupes pro-choix », a précisé le ministre de la Santé.

Soucieux de mettre fin à la controverse, M. Bolduc a réitéré sa profession de foi en faveur du libre choix en matière d'interruption volontaire de grossesse.

« La position qui est très claire au Québec, c'est que c'est la femme qui décide si, oui ou non, elle doit poursuivre sa grossesse. Et on va plus loin que ça; on offre le service (d'avortement) gratuit », a-t-il fait valoir.

Conséquemment, Naître ou ne pas naître ne recevra plus un centime de l'État, a fait comprendre le ministre.

« C'est définitif, on favorise le choix de la personne et on n'encourage pas les gens à faire autrement (...) Dans ce cas là, avoir su que c'était un groupe pro-vie, on n'aurait pas donné de discrétionnaire parce qu'au Québec, on est pro-choix », a-t-il dit.

Quant à elle, la députée Maltais a déploré le manque de vigilance du ministre envers un organisme qui nage à contre-courant du consensus québécois sur l'avortement.

« La société a décidé d'être pro-choix. Si le ministre met de l'argent public dans un organisme pro-vie, il se trouve à faire un choix, un choix qui n'est pas celui de la société », a-t-elle soulevé.

Comme la société québécoise est clairement en faveur du libre choix, le gouvernement ne doit pas, de l'avis de la porte-parole péquiste en matière de santé, utiliser l'argent des contribuables pour soutenir des groupes pro-vie.

Sur un plan plus large, Mme Maltais plaide en faveur d'un mécanisme de certification pour s'assurer que les établissements de santé ne commettent pas l'erreur de recommander des femmes à des organismes pro-vie.

La députée de Taschereau est elle-même intervenue auprès d'établissements de Québec pour les mettre en garde contre des organismes qui font, a-t-elle affirmé, de la « désinformation » au sujet de l'avortement.

« Je ne suis pas à la chasse aux sorcières, mais je veux une certification pour que les établissements de santé sachent à qui ils ont affaire », a dit la députée de Taschereau.

La Presse Canadienne

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