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Réactions canadiennes à l'interdiction de la burqa et du niqab en France

Une Française portant le niqab.

Une Française portant le niqab.

Photo : AFP / Fred Dufour

Radio-Canada

La décision de la France d'interdire le port de certains voiles musulmans fait couler beaucoup d'encre au Canada. La loi interdisant de porter le niqab ou la burqa en public est entrée en vigueur lundi.

Les femmes qui ne s'y conforment pas s'exposent à des amendes de 150 € (205 $) ou de se voir imposer un cours de citoyenneté.

Au Canada

Le Congrès musulman canadien voudrait voir le gouvernement fédéral bannir le port du voile islamique en public. Il voit dans la burqa un symbole de l'islam extrémiste. Le fondateur Tarek Fatah estime que le multiculturalisme n'est qu'une façade qui renforce les différences au lieu de les aplanir.

Mais dans un quartier musulman de Toronto, tous ne partagent pas le point de vue de M. Fatah. Un homme qui balaie le stationnement d'une mosquée conservatrice de la métropole fait valoir que la plupart des femmes qui la fréquentent portent le voile. Il souligne que la cigarette dérange les gens, mais pas le voile qui est un vêtement comme un autre.

« Le voile est une question de religion, pas de plaisir », lance une femme, accompagnée de son mari et de sa fille, qui est vêtue d'un hijab.

Pendant ce temps, des non-musulmans cherchent un compromis. John McTager s'oppose d'une part à ce que l'État dicte l'habillement des gens, mais il s'inquiète de la ségrégation de certaines femmes qui portent le voile intégral.

Contexte européen

En France, où 2000 à 3000 femmes portent la burqa ou le niqab, la loi en question a été adoptée le 11 octobre dernier au terme d'un débat houleux.

La Belgique a été le premier pays européen à franchir le pas de l'interdiction totale du port du voile islamique intégral à l'extérieur d'un domicile privé. En avril 2010, la loi belge a déterminé que toute personne qui se trouverait dans un endroit public le visage masqué ou dissimulé, en tout ou en partie, par un vêtement de manière qu'elle ne soit plus identifiable serait passible d'une amende ou d'une peine de prison.

Un projet de loi québécois contre le voile

Au Québec, le gouvernement de Jean Charest a introduit à l'Assemblée nationale un projet de loi visant à interdire le port du voile intégral dans les services de l'administration publique. Si le projet de loi 94 est adopté, une femme portant un niqab ou une burqa ne pourrait pas solliciter un service offert par l'appareil gouvernemental québécois, qu'il s'agisse de commissions scolaires, d'écoles privées subventionnées, de cégeps, d'établissement de santé ou de centres de la petite enfance.

Voile, niqab et politique fédérale

Le chef libéral fédéral Michael Ignatieff a appuyé le projet de loi du gouvernement du Québec. Il a soutenu que les accommodements raisonnables impliquaient que chaque parti fasse des concessions, un principe qui, selon lui, est respecté par le texte de loi.

De son côté, le député conservateur de Lévis-Bellechasse, Steven Blaney a déposé une proposition à la Chambre des communes à Ottawa pour clarifier la loi afin que les électeurs canadiens soient obligés de voter à visage découvert.

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