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Les Québécois sont moins présents sur le web que les Nord-Américains

Une famille navigue sur le web.
Une famille navigue sur le web. Photo: iStockphoto
Marie-Ève Maheu

Le Québec compte de plus en plus d'utilisateurs réguliers d'Internet: en 2010, 75 % de la population adulte naviguait sur le web au moins une fois par semaine, alors que la proportion n'était que 40 % en 2000. La province accuse toutefois un léger retard par rapport aux moyennes canadienne et nord-américaine, qui se situent à 77 % d'utilisateurs réguliers.

C'est ce que révèle une enquête NETendances du Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO), publiée mardi.

Les auteurs de l'étude peinent toutefois à s'expliquer le décalage entre le Québec et le reste de l'Amérique du Nord.

Selon le titulaire de la Chaire de commerce électronique RBC Groupe financier à HEC Montréal, Sylvain Sénécal, qui a collaboré à l'enquête, la répartition de la population entre les différents groupes d'âge pourrait être légèrement différente au Québec, ce qui influencerait le portrait global. Les 18 à 24 ans sont presque tous des utilisateurs réguliers d'Internet (94 %), alors que les 65 ans et plus demeurent sous-représentés (40 %). La courbe démographique pourrait ainsi avoir un effet sur les données. « C'est une hypothèse », dit M. Sénécal, ajoutant que l'écart a toujours existé.

Néanmoins, le Québec reste bien au-dessus de la moyenne mondiale de 29 %.

Portraits des utilisateurs de la Toile

Si vous êtes un homme, si vous êtes âgé de 18 à 24 ans, si vous êtes détenteur d'une formation universitaire ou collégiale, si vous gagnez un revenu annuel supérieur à 60 000 $ ou si vous vivez à Montréal ou à Québec, vous faites partie des catégories de personnes qui sont les plus présentes sur Internet.

L'étude du CEFRIO montre qu'un écart existe toujours entre les hommes et les femmes au plan de l'utilisation du web: 79 % des hommes y naviguent régulièrement, contre 72 % des femmes. Toutefois, la différence entre les deux sexes a diminué depuis 2000, passant de 12 points à 7 points d'écart.

L'enquête NETendances montre également que les 55 à 64 ans et les 65 ans et plus sont les cohortes où l'utilisation régulière d'Internet a le plus augmenté entre 2009 et 2010, avec une hausse respective de 5 et 4 points. Ces deux groupes demeurent néanmoins sous-représentés chez les internautes québécois.

Qui sont les non-utilisateurs?

En 2010, 18 % des adultes québécois n'utilisent toujours pas Internet. Parmi eux :

  • Les personnes âgées de 65 ans et plus (dans une proportion de 49 %) et de 55 à 64 ans (24 %)
  • Les personnes qui ont uniquement une formation primaire ou secondaire (32 %)
  • Les familles dont le revenu est inférieur à 20 000 $ (40 %)
  • Les personnes retraitées (41 %) ou au foyer (25 %)

La première raison évoquée pour ne pas avoir accès à Internet est l'absence d'un ordinateur à la maison. Vient ensuite le manque d'intérêt vis-à-vis du web, puis un accès à l'extérieur de la maison.

Il faut dire que la maison est le lieu de prédilection pour naviguer sur la Toile. Les internautes québécois passent près de 10 heures par semaine sur Internet à la maison, contre 5,8 heures au travail.

Tendances à surveiller

L'utilisation des téléphones mobiles pour se brancher sur le Net est encore plutôt marginale. Mais le CEFRIO estime que c'est une « tendance de fond qui ne fera que s'accentuer au cours des prochaines années ».

Selon M. Sénécal, de HEC Montréal, il faudra que les prix des téléphones mobiles et des connexions Internet diminuent encore beaucoup avant que cette technologie s'impose comme c'est le cas aux États-Unis. « Mais l'offre mobile au Québec est encore naissante », précise-t-il.

Toutes les fois qu'il y a de nouvelles plates-formes, nos voisins du Sud sont toujours en avance sur nous. C'est lié à leur culture d'entrepreneuriat, mais aussi à la grandeur de leur marché. Mais le taux de pénétration au Québec augmente très rapidement.

Sylvain Sénécal

Les 25 à 34 ans sont les champions de l'utilisation du web sur leur téléphone mobile. Ils passent en moyenne 2,7 heures par semaine à naviguer sur le web avec leur appareil mobile, et 5 % d'entre eux dépassent 10 heures par semaine. Seuls les étudiants sont plus enclins qu'eux (8 %) à dépasser 10 heures par semaine.

Autre tendance marquée: les Québécois sont de plus en plus nombreux à délaisser leur ordinateur de table pour un portable. En un an seulement, la proportion de personnes possédant un ordinateur de table a chuté de 71 % à 57 %, en 2010. Sur la même période de temps, le proportion des Québécois qui sont propriétaires de portables a grimpé de 40 % à 50 %. Les intentions d'achat laissent présumer que cette tendance ira en accélérant.

L'adoption des tablettes numériques est aussi à surveiller, prévient le CEFRIO. La chargée de projet Annie Couture indique que ces tablettes semblent vouloir cannibaliser le marché des ordinateurs portables, sans toutefois les remplacer puisque leurs fonctions sont encore trop limitées. « Au lieu de s'acheter un deuxième ordinateur portable, une personne va s'acheter une tablette », explique-t-elle.

D'ailleurs, la firme de recherche américaine eMarketer prévoit que les ventes de tablettes numériques représenteront 23 % du marché étasunien, en 2015, surclassant ainsi les ventes d'ordinateurs portables.

Aux fins de l'enquête NETendance 2010 « Informatisation du Québec », trois collectes de données ont été réalisées, chacune auprès de 1001 adultes, en juin, juillet et novembre. La marge d'erreur est de plus ou moins 3,4 %, 19 fois sur 20.

Société