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Gbagbo arrêté, Ouattara promet une ère nouvelle

Alassane Ouattara
Le président élu Alassane Ouattara prononce un discours à la nation, le 11 avril 2011. Photo: La Presse canadienne / AP/TCI
Radio-Canada

Alassane Ouattara, président internationalement reconnu de Côte d'Ivoire, a annoncé le lancement d'une procédure judiciaire contre le président sortant Laurent Gbagbo, arrêté plus tôt lundi.

La procédure judiciaire visera aussi sa femme et ses collaborateurs.

M. Ouattara a fait ces annonces au cours d'un discours à la nation sur les ondes de la station de télévision TCI, lundi soir. Il a appelé les Ivoiriens à « s'abstenir de tout acte de représailles ou de violences ».

Il a aussi annoncé la mise sur pied d'une « commission vérité et réconciliation ». Le président a également promis une « nouvelle ère d'espérance ».

Quelques heures avant, M. Gbagbo était apparu brièvement sur les ondes de TCI, acquise à M. Ouattara, pour lancer un appel à l'arrêt des affrontements en Côte d'Ivoire.

L'arrestation de Laurent Gbagbo par les forces d'Alassane Ouattara a été confirmée par l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire, Jean-Marc Simon, ainsi que par un porte-parole des forces d'Alassane Ouattara. Ce dernier a été capturé dans son bureau.

Laurent Gbagbo et sa femme lors de leur captureLaurent Gbagbo et sa femme lors de leur capture Photo : AFP / pigiste

Basé à Paris, un autre porte-parole d'Alassane Ouattara a indiqué que Laurent Gbagbo a été conduit à l'Hôtel du Golf, le quartier général du camp Ouattara, situé dans l'est d'Abidjan. Selon lui, le président sortant irait « bien » et serait accompagné de son épouse et de son fils.

Le chef des opérations de maintien de la paix aux Nations unies, Alain Le Roy, a pour sa part affirmé que des « gendarmes de l'ONU assurent maintenant la sécurité de M. Gbagbo et de sa femme dans un appartement de l'Hôtel du Golf ».

Un porte-parole officiel du ministère français de la Défense a de son côté démenti une information venant à la fois de porte-paroles de Ouattara et de Gbagbo, selon laquelle ce dernier avait été capturé par les forces spéciales françaises.

Ce porte-parole précise que ce sont bien les forces du camp Ouattara qui ont procédé à l'arrestation du président sortant, avec l'appui des soldats de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) et des militaires français.

Le représentant d'Alassane Ouattara auprès des Nations unies, Youssoufou Bamba, a fait savoir que l'ex-président serait « présenté devant la justice » et qu'il serait jugé « pour les crimes qu'il a commis ».

Des soldats de Ouattara célèbrent la capture de Laurent Gbagbo, à AbidjanDes soldats de Ouattara célèbrent la capture de Laurent Gbagbo, à Abidjan Photo : AFP / ISSOUF SANOGO

Les pro-Gbagbo déposent les armes

Les Nations unies ont pour leur part annoncé que les forces fidèles à Laurent Gbagbo venaient de déposer les armes et de se rendre aux soldats du camp Ouattara.

Lors de cette annonce, le porte-parole de l'ONU, Farhan Haq, a rappelé que la mission de l'ONUCI consistait à protéger les parties prenantes au conflit ivoirien, et que cela incluait le président Gbagbo et ses partisans.

Au pays, Guillaume Soro est intervenu à la télévision pro-Ouattara pour commenter l'arrestation de l'ex-président Laurent Gbagbo et de son épouse, Simone. Selon le premier ministre d'Alassane Ouattara, « le cauchemar est terminé ». Il a également lancé un « dernier appel » aux forces armées fidèles à Laurent Gbagbo en les exhortant à rallier la garde républicaine afin d'éviter les « chasses à l'homme ».

Les forces françaises actives sur le terrain

Un peu plus tôt dans la journée, des troupes françaises de l'opération Licorne s'étaient rapprochées du centre-ville de la capitale ivoirienne.

Une trentaine de véhicules blindés, appuyés par un hélicoptère, avaient quitté lundi matin leur base située à la périphérie d'Abidjan. Ces véhicules, transportant chacun quatre à huit soldats, avaient été vus en train de circuler sur l'un des principaux boulevards de la capitale, en direction de la résidence de Gbagbo.

Aucune information n'avait été donnée sur la mission de ces troupes. Un officier français aurait cependant demandé aux militaires de se tenir « prêts au combat ». Les soldats sous ses ordres auraient rechargé leurs armes en quittant la base.

Par ailleurs, la nuit dernière, les forces de l'ONUCI, appuyées par des hélicoptères français, avaient poursuivi leurs bombardements.

Plusieurs roquettes ont été tirées sur la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo, au bord de la lagune Ebrié. Ces tirs auraient partiellement endommagé la propriété, dans laquelle était reclus le chef de l'État sortant.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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