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Des amendes pour les Françaises portant la burqa ou le niqab dans la rue

Radio-Canada

Les musulmanes françaises ne peuvent plus porter le voile intégral en public en France, sous peine de se voir imposer une amende de 150 euros (205 $) ou un stage de citoyenneté.

Une Française portant le niqab.

Une Française portant le niqab.

Photo : AFP / Fred Dufour

C'est aujourd'hui qu'entre en vigueur la loi interdisant de se dissimuler le visage en public, que ce soit dans la rue, dans les parcs, les commerces, les gares ou les institutions publiques.

La loi, validée par le Conseil constitutionnel et adoptée le 11 octobre dernier au terme d'un débat houleux, concerne de 2000 à 3000 femmes portant la burqa ou le niqab.

Son entrée en vigueur a été soulignée par une manifestation devant la cathédrale Notre-Dame de Paris. Au moins deux femmes voilées et plusieurs sympathisants ont été arrêtés.

La police est intervenue non pas en raison de la nouvelle loi, mais parce que les protestataires - des femmes voilées et des sympathisants - n'avaient pas obtenu l'autorisation de manifester.

Parmi la foule se trouvait Kenza Drider, la seule femme voilée à avoir été entendue par les parlementaires lors de la préparation de la loi. La femme de 32 ans, qui songe à porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme, s'est défendue d'avoir voulu provoquer les forces de l'ordre.

« Je ne fais qu'appliquer mes droits de citoyenne, je ne commets aucun délit. Je n'ai pas volé, je n'ai pas tué, je n'ai pas cassé. Je suis une citoyenne française à part entière », affirme Mme Drider, qui se défend d'être une intégriste, mais qui fait figure de porte-parole des défenseurs du voile intégral.

La loi, qui a l'appui du Conseil français du culte musulman, prévoit également une peine d'un an de prison et une amende de 30 000 euros (41 500 $) pour tout homme qui contraindrait une femme à se voiler. La peine est doublée si la personne contrainte est mineure.

La loi sera peu appliquée, selon les policiers

Le secrétaire général adjoint du Syndicat des commissaires, Manuel Roux, a admis lundi matin sur les ondes de France Inter que la loi serait « infiniment difficile à appliquer et infiniment peu appliquée ».

Selon M. Roux, les policiers vont « essayer de convaincre » les femmes transgressant la loi d'enlever leur voile, mais il ne leur revient pas de « faire du zèle » dans ce dossier. Si la persuasion ne fonctionne pas, admet-il, les choses vont « vraiment se compliquer ».

« On n'a pas de pouvoir de contrainte, la circulaire [du ministère de l'Intérieur Claude] Guéant nous dit même qu'il ne faut surtout pas utiliser de la force, on doit essayer de convaincre », affirme M. Roux. Les récalcitrantes ne doivent être conduites au commissariat qu'en dernier recours, indique-t-on.

Le président Nicolas Sarkozy a déclaré il y a un an que le voile intégral constituait une « atteinte à la dignité des femmes » et était « le signe d'un repli communautaire et d'un rejet de nos valeurs ».

La loi française, qui a été critiquée par les défenseurs des droits de la personne, entre en vigueur au moment où la place de l'islam et la laïcité sont au coeur des débats publics en France.

Le Québec et le voile intégral

Au Québec, le gouvernement Charest a présenté le projet de loi 94 (Nouvelle fenêtre)exigeant que toute personne qui adresse une demande de service à l'administration publique le fasse à visage découvert. Le projet de loi est toujours débattu à l'Assemblée nationale.

La commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables avait proposé d'interdire le port de signes religieux aux magistrats et procureurs de la Couronne, aux policiers, aux gardiens de prison, ainsi qu'aux président et vice-présidents de l'Assemblée nationale.

Elle recommandait que ces signes soient autorisés pour les enseignants, les fonctionnaires, les professionnels de la santé et les autres agents de l'État.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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