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Exclusif

Le Tamiflu au coeur d'une polémique

Boîte de Tamiflu

Boîte de Tamiflu

Photo : AFP / Miguel Medina

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ottawa et les provinces devront bientôt dépenser des dizaines de millions de dollars pour renouveler leurs réserves de Tamiflu, ce médicament qu'on a stocké au coût de plus de 100 millions, en cas d'une pandémie de grippe.

Mais le Tamiflu est au coeur d'une controverse concernant son efficacité et ses effets secondaires. L'émission Enquête de Radio-Canada a découvert que plusieurs experts qui conseillent nos autorités de santé publique au sujet de ce médicament sont en situation de conflit d'intérêts.

Une efficacité contestée

Certains disent que ce médicament peut sauver des vies, mais d'autres croient que c'est un gaspillage de fonds publics.

« Nous avons trouvé que le Tamiflu avait un effet très modeste sur les symptômes de la grippe, que c'était une différence d'une journée au maximum », explique Barbara Mintzes, de l'Université de la Colombie-Britannique.

De plus, des centaines de cas d'effets secondaires neuropsychiatriques ont été rapportés chez des patients qui ont pris du Tamiflu, particulièrement chez les jeunes.

Le manufacturier, Roche, dit qu'il s'agit d'effets causés par la grippe elle-même.

Conflit d'intérêts

Au Canada, plus de 40 % du Tamiflu de la réserve nationale arrivera à péremption au cours de l'année et malgré la controverse, nos gouvernements ont toujours l'intention de renouveler leurs stocks parce qu'ils considèrent qu'il s'agit d'un médicament sûr et efficace.

Radio-Canada a toutefois découvert que plusieurs experts qui conseillent nos gouvernements sont en situation de conflit d'intérêts en raison de leurs liens avec le fabricant. Certains ont même participé à des vidéos promotionnelles du Tamiflu.

Le chef de l'Agence de santé publique du Canada, le Dr David Butler-Jones, n'y voit pas de problème. Ces experts déclarent à l'Agence leurs liens avec le fabricant.

Mais tout cela se fait dans le plus grand secret. La liste des experts qui conseillent le gouvernement et leurs déclarations de conflits d'intérêts ne sont pas divulguées publiquement.

Il est donc difficile pour les citoyens d'évaluer la valeur de l'information sur laquelle s'appuient nos autorités.

D'après un reportage de Frédéric Zalac

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