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Le Japon déverse des milliers de tonnes d'eau radioactive dans l'océan

La centrale Fukushima-Daiichi

La centrale Fukushima-Daiichi

Photo : AFP / Forces navales japonaises

Radio-Canada
Mis à jour le 

La centrale nucléaire Fukushima-Daiichi a entrepris lundi le déversement plus de 11 000 tonnes d'eau dans l'océan Pacifique. Selon l'exploitant de la centrale, le niveau de radioactivité de cette eau est faible.

L'objectif est de libérer de l'espace dans les réservoirs servant au traitement des déchets pour y accueillir l'eau hautement radioactive qui s'est accumulée dans les salles des machines, en particulier dans celle du réacteur 2.

Après le raz-de-marée du 11 mars, des milliers de tonnes d'eau ont été déversées sur les réacteurs endommagés pour les refroidir, ce qui a inondé les salles des machines. Selon Tepco (Tokyo Electric Power), responsable de la centrale, il est nécessaire de transvider cette eau dans les réservoirs pour permettre aux ouvriers de faire les réparations requises.

Cette opération est d'autant plus importante qu'une brèche de 20 centimètres a été découverte dans une fosse surplombant la mer. Deux tentatives de colmatage, d'abord au ciment, puis au moyen d'un mélange de polymères, papier journal et sciure, ont déjà échoué. Lundi, le gouvernement a appelé Tepco à agir rapidement pour stopper la fuite radioactive.

L'eau qui sera déversée dans l'océan est faiblement radioactive, selon Tepco, mais elle l'est tout de même environ 100 fois plus que les seuils autorisés.

L'exploitant de la centrale assure que ces rejets n'auront aucune conséquence sur la santé des Nippons. « Un adulte peut être exposé à une radioactivité d'environ 0,6 millisievert pendant un an s'il consomme chaque jour des algues et des produits de la mer de cette région. Dans l'environnement naturel, les gens sont exposés à des radiations de 2,4 millisieverts par année », a affirmé un responsable de Tepco.

Trois des six réacteurs de la centrale, qui menaçaient d'entrer en fusion, sont maintenant stables, a indiqué de son côté l'Agence japonaise de sûreté nucléaire et industrielle.

Plus de trois semaines après le tremblement de terre et le tsunami, le bilan provisoire s'établit à 12 157 morts confirmés et 15 496 disparus.

Des changements s'imposent, affirme l'AIEA

Par ailleurs, l'Agence internationale de l'énergie nucléaire (AIEA) a indiqué lundi que le monde n'aura d'autre solution que de changer son approche de l'énergie nucléaire, après le désastre de Fukushima.

« La crise à Fukushima-Daiichi a des implications énormes pour l'énergie nucléaire et nous confronte tous à un défi majeur. Nous ne pouvons pas reprendre une approche routinière [après un tel accident] », a déclaré le directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano, en introduction à une réunion de la Convention sur la sûreté nucléaire, lundi.

Impact sur l'après-Kyoto

D'autre part, le Japon laisse entendre que l'accident nucléaire survenu le 11 mars pourrait avoir un impact sur sa politique climatique, à la reprise des négociations sur le climat à Bangkok.

« Il est trop tôt pour évaluer l'impact des récents développements sur l'offre et la demande énergétiques, l'économie japonaise en général ou nos politiques en matière de changement climatique à l'avenir », a déclaré dimanche le vice-ministre aux Affaires environnementales, Hideki Minamikawa. « Ce qui est clair, c'est que le gouvernement japonais doit d'abord se concentrer sur les efforts immédiats à fournir pour soulager les survivants, sur la reconstruction et sur toutes les mesures possibles pour contrôler à nouveau la centrale nucléaire endommagée. »

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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