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L'endettement des ménages ne serait pas dû à des «dépenses frivoles»

Épicerie Zellers
Radio-Canada

L'endettement croissant des ménages canadiens serait dû à la stagnation des salaires, à l'accès accru au crédit et au transfert des dépenses des gouvernements vers les ménages, et non à une surconsommation des Canadiens, selon des chercheurs de l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS).

Statistique Canada a révélé plus tôt cette année que pour chaque dollar de revenu gagné, les Canadiens avaient une dette de près de 1,50 $ à la fin de 2010. Ce ratio d'endettement a presque quadruplé en 25 ans.

Les chercheurs de l'IRIS soulignent toutefois que ces chiffres masquent les disparités au sein des ménages. L'endettement affecte surtout les moins fortunés. Par exemple, le revenu annuel moyen des consommateurs insolvables était de 19 000 $ il y a cinq ans, alors que le revenu moyen pour l'ensemble des Canadiens était de 28 000 $.

Les chercheurs montrent que les dépenses des ménages sont restées relativement stables sur 30 ans. Les salaires ont quant à eux stagné pour la classe moyenne alors que pour les plus bas salariés, il y a eu diminution de 21 %. Les salariés les mieux rémunérés ont connu une augmentation de 16 % de leurs gains.

« Ce sont ces ménages pauvres qui se sont endettés lourdement puisque la disponibilité grandissante du crédit était pour eux la seule manière d'affronter une augmentation du coût de la vie au moment où leurs salaires diminuaient », souligne Simon Tremblay-Pepin, chercheur à l'IRIS, dans un communiqué.

Dépenses

Le logement, l'alimentation, les transports et les soins de santé formaient en 2007, plus de 66 % des dépenses des plus pauvres. En comparaison, les loisirs représentent 5 % de leurs dépenses. Toutefois, les prêts hypothécaires et les prêts étudiants représentent plus de 60 % des dettes des plus démunis.

Les gouvernements ont augmenté les tarifs régressifs et diminué les services durant les 30 dernières années, affirment les chercheurs. « Toutes ces stratégies ont participé à augmenter l'endettement des ménages pauvres, car elles les obligeaient à payer pour des services autrefois gratuits ou à contribuer davantage par le paiement de taxes et de tarifs », affirme Julia Posca, chercheuse à l'IRIS.

Les auteurs du rapport soutiennent que les institutions financières et le 10 % le plus fortuné de la population, qui possèdent la majeure partie de l'épargne et des actifs financiers, profitent de cette situation, aux dépens des moins fortunés.

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