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Al-Assad impute les troubles en Syrie à une «conspiration»

Le président syrien Bachar Al-Assad, lors de son discours au Parlement syrien.

Le président syrien Bachar Al-Assad, lors de son discours au Parlement syrien.

Photo : AFP / HO/Télévision syrienne

Radio-Canada

Dans un discours prononcé devant le Parlement, le président syrien, Bachar Al-Assad, a affirmé que le mouvement de contestation qui secoue son pays depuis deux semaines est attribuable à une « conspiration » visant à détruire la Syrie.

Il n'a cependant pas profité de cette allocution, retransmise à la télévision d'État, pour annoncer l'abrogation de l'état d'urgence ni d'autres mesures spécifiques visant à calmer la grogne des manifestants, comme la libéralisation de la presse ou l'instauration du pluralisme politique.

L'état d'urgence, depuis près d'un demi-siècle

L'état d'urgence a été décrété en 1963, après l'arrivée au pouvoir du parti Baas, seul parti autorisé dans ce pays de 22 millions d'habitants. Il permet de museler l'opposition et de procéder à des arrestations arbitraires, et prive la population de presque toutes les libertés civiles, dont le droit de manifester.

Le président Al-Assad, qui n'avait pas encore pris la parole depuis le début des troubles, admet que les événements des derniers jours constituent « un moment exceptionnel qui apparaît comme un test de notre unité ».

Il en impute cependant la responsabilité à une « minorité » de Syriens qu'il accuse de vouloir diviser le pays. Il appelle la population à défendre l'unité du pays, notamment à Deraa, qui est à l'origine du mouvement de contestation.

Cette conspiration est différente quant à la forme et au moment choisi de ce qui se passe ailleurs dans le monde arabe. [...] La Syrie n'est pas isolée de la région [...], mais nous ne sommes pas une copie des autres pays.

Bachar Al-Assad

Le président Al-Assad admet que certains griefs de la population sont légitimes et que des réformes sont nécessaires. Son gouvernement, assure-t-il, poursuit l'objectif d'en adopter plusieurs, tel qu'il l'avait annoncé à son arrivée au pouvoir, en juin 2000.

Ces réformes sont présentement à l'étude, a-t-il ajouté, et elles seront implantées en fonction d'un calendrier qui sera rendu public, afin que le Parlement puisse suivre leur progression. Il n'a pas dit quand ces informations seront communiquées.

Nous sommes totalement favorables à des réformes. C'est le devoir de l'État. Mais nous ne sommes pas favorables à des dissensions.

Bachar Al-Assad

Selon le président syrien, ces réformes annoncées ont été stoppées par les événements internationaux de la dernière décennie, qu'il s'agisse des attentats du 11 septembre 2001, des guerres en Afghanistan et en Irak, de la guerre entre Israël et le Liban ou, plus récemment, de l'assaut israélien contre la bande de Gaza.

Bachar Al-Assad a par ailleurs accusé les chaînes satellitaires et d'autres médias de colporter des mensonges. Le commentaire visait vraisemblablement la chaîne Al-Jazira, dont la couverture des événements dans le monde arabe bouscule les dirigeants.

Le discours de Bachar Al-Assad est prononcé au lendemain de la démission du gouvernement.

Depuis deux semaines, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de plusieurs villes du pays, dont Deraa, Hama, Lattaquié et la capitale, Damas, pour réclamer des réformes politiques. Le mouvement semble inspiré des soulèvements survenus en Tunisie et en Égypte.

Les manifestations ont été réprimées dans la violence. Human Rights Watch avance que 60 personnes ont perdu la vie depuis le début des troubles. Des groupes de défense des droits de la personne avancent cependant un bilan beaucoup plus lourd de 130 morts.

Les manifestations de la population sont sans précédent pour le régime de Bachar Al-Assad, qui a hérité du pouvoir de son père, Hafez, il y a bientôt 11 ans.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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