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Le gouvernement syrien remet sa démission

Manifestation pro-régime à Damas
Manifestation pro-régime à Damas Photo: AFP / ANWAR AMRO
Radio-Canada

Le gouvernement syrien a remis sa démission au président, un geste du régime qui vise à calmer la contestation populaire qui secoue le pays depuis deux semaines.

Selon le conseiller principal du président, Bachar Al-Assad pourrait aussi annoncer d'ici peu la levée de l'état d'urgence, en vigueur depuis 1963, qui interdit toute manifestation d'opposition au régime, ainsi que la fin d'une série de restrictions des droits civiques.

Le président devrait faire une allocution publique mercredi.

La démission du gouvernement survient alors que des dizaines de milliers de partisans du régime ont manifesté dans les rues de Damas et de plusieurs autres villes du pays, à l'appel des autorités.

Fonctionnaires et membres des syndicats contrôlés par le parti Baas au pouvoir ont brandi des portraits du président Bachar Al-Assad, attaquant à coup de slogans les contestataires qui demandent une démocratisation du régime.

La répression exercée par le régime contre les manifestants depuis deux semaines a fait une soixantaine de morts, selon Human Rights Watch. Les opposants au régime font état de leur côté de 130 morts, comparativement à 30 selon les autorités.

Des réformes à la portée critiquée

Les critiques du régime doutent que le régime veuille rétablir les libertés publiques. Elles estiment que, pour être effective, la levée de l'état d'urgence devrait s'accompagner du démantèlement de la Cour de sûreté de l'État et d'autres institutions qui constituent l'appareil répressif du régime.

Mais, là encore, les critiques estiment que la mesure serait de peu d'effet, l'essentiel du pouvoir se trouvant entre les mains du président et de son entourage, issus de la minorité alaouite.

L'instabilité croissante en Syrie pourrait avoir un impact sur la région, Damas étant le principal allié de Téhéran au Proche-Orient. La Syrie est aussi fortement impliquée dans la politique intérieure du Liban voisin.

La situation en Syrie s'invite à Londres

Les États-Unis et la France ont fermement condamné la répression par le gouvernement syrien des manifestations.

« J'ai exprimé avec vigueur notre condamnation de la brutale répression des manifestations par le gouvernement, en particulier des violences commises par les forces de l'ordre qui ont conduit à la mort de civils », a déclaré la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, à l'issue de la conférence de Londres consacrée à la situation en Libye.

Également présent à la réunion, le ministre français des Affaires étrangères, Alan Juppé, a renchéri en appelant le gouvernement syrien à entamer des « réformes puisque c'est ce que souhaite à l'évidence le peuple » et à dialoguer avec les opposants.

Appel partagé par les États-Unis qui, selon un porte-parole du département d'État, a indiqué que Washington considère que le président syrien est maintenant « à la croisée des chemins » et qu'il doit entreprendre des réformes pour répondre aux aspirations de son peuple.

Le ministre Juppé a toutefois précisé que la communauté internationale n'était pas encore prête à étudier de possibles sanctions contre la Syrie ou de résolutions du Conseil de sécurité.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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