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Le Conseil du statut de la femme s'invite dans le débat sur la laïcité

crucifix
Radio-Canada

Le Conseil du statut de la femme appelle à la mise en oeuvre d'une série de mesures touchant à la laïcité dans l'espace public, dont le retrait des symboles religieux, le rejet de la « laïcité ouverte » et l'abandon du volet « Culture religieuse » du cours « d'Éthique et culture religieuse ».

Dans un document intitulé Affirmer la laïcité, un pas de plus vers l'égalité réelle entre les femmes et les hommes, l'organisme consultatif du gouvernement, qui fournit des avis à la ministre de la Condition féminine du Québec, avance que la laïcité doit être davantage défendue.

Estimant qu'il existe une laïcité « par défaut » dans la société actuelle, le conseil déplore qu'elle ne soit pas affirmée concrètement dans les statuts du Québec.

« Nulle part dans nos lois, nulle part dans notre charte québécoise, on affirme que le Québec est un État laïc, c'est-à-dire qu'il y a une nette distinction entre le religieux et l'État. Nous, on dit que le gouvernement doit maintenant procéder à cette déclaration de laïcité », affirme Christiane Pelchat, présidente du Conseil, en entrevue sur les ondes de RDI.

Selon l'organisme, le débat entourant la prière à l'hôtel de ville de Saguenay démontre la confusion qui règne dans la société. « Le tribunal des droits de la personne dit au maire de Saguenay, ''tu ne peux plus réciter de prière, il n'y a plus de symboles religieux parce que le conseil et le maire sont des agents de l'État, donc il faut montrer une neutralité.'' D'un autre côté, on a le crucifix à l'Assemblée nationale qui est toujours là. Alors, les gens sont un peu confus, ont se dit ‘'ben voyons, qu'est-ce qui se passe''? »

Non seulement importe-t-il au conseil de jeter un peu de lumière sur la confusion ambiante mais, il en irait plus largement de l'avenir de l'égalité entre les hommes et les femmes.

« L'oppression des femmes émane beaucoup des religions monothéistes. Au Canada et au Québec particulièrement, la religion catholique a été une source de discrimination faite aux femmes », affirme sans détour Mme Pelchat, estimant que la religion a encore le pouvoir de « porter atteinte à l'égalité des femmes ».

Des recommandations

C'est donc pour pallier au manque estimé de clarté des règles, mais surtout pour assurer à long terme l'égalité des hommes et des femmes que le Conseil du statut de la femme propose toute une série de mesures dont certaines pourraient faire grincer des dents.

Il appelle d'abord à la tenue d'une commission parlementaire afin de « faire le point sur la laïcité ».

Il propose également au gouvernement de modifier la Charte québécoise afin d'affirmer que l'État est laïque, en introduisant cette mention au préambule : « Considérant que l'État est laïque... »

Il souhaite également changer le libellé d'un autre article (9.1) afin de faire trôner le concept de laïcité aux côtés des termes « valeurs démocratiques », « ordre public » et « bien-être général du Québec ».

Là où le conseil tranche sans hésitation, c'est au sujet du port de vêtements ou de signes religieux « nettement visibles » par les employés de l'État, ce qu'il condamne.

« Quand on dit que l'État est laïc, ça veut dire que l'état ne peut pas paraître associé à la religion. Et toutes les religions, pas seulement la religion catholique. Ces fonctionnaires qui représentent l'État ne peuvent pas porter de signe religieux », tranche Christiane Pelchat.

Le Conseil du statut de la femme s'oppose en ce sens à la Fédération des femmes du Québec qui, elle, estime qu'une telle mesure pourrait discriminer les femmes musulmanes à l'embauche.

Le Conseil prend donc position et propose l'interdiction de la prière dans les conseils municipaux ainsi que le retrait de symboles religieux dans les institutions de l'État, sous réserve de leur « caractère patrimonial ».

En plus de soulever toute une réflexion sur les notions « d'interculturalisme » et de « multiculturalisme », et de rejeter le concept de « laïcité ouverte », le Conseil souhaite également faire retirer le contenu « Culture religieuse » du cours « d'Éthique et culture religieuse ».

« La laïcité ne naît pas naturellement au sein d'un État, elle se bâtit. Le Québec est à l'heure des choix », conclut l'avis du Conseil du statut de la femme.

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