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Les rebelles libyens stoppés aux portes de Syrte

Radio-Canada

Les insurgés libyens ont tenté lundi de se rapprocher de Syrte, ville natale du colonel Kadhafi, mais ils sont tombés dans une embuscade tendue par les forces loyalistes à une soixantaine de kilomètres de là.

Rebelles libyensDes rebelles libyens pris dans une embuscade sur la route entre Ben Jawad et Syrte, le 28 avril 2011. Photo : PC / AP/STR

Les rebelles ont mené l'offensive depuis Ben Jawad, qu'ils ont saisie en fin de semaine. Selon l'Agence France-Presse (AFP), leur progression a été stoppée à Harawa, un village situé à environ 60 km à l'est de Syrte, après que leur colonne de véhicules soit tombée dans une embuscade.

Selon des journalistes français qui les accompagnaient, les forces pro-Kadhafi ont détruit plusieurs de ces véhicules et au moins deux rebelles ont été touchés, sans qu'il soit possible de savoir la gravité de leur état.

La ville de Syrte, située à 120 km au sud-ouest de Tripoli, demeure entre les mains de forces loyalistes, ont confirmé lundi des journalistes occidentaux invités par le régime. Elle a cependant été le théâtre de nombreuses explosions depuis dimanche soir.

Selon un journaliste de l'AFP, pas moins de 13 explosions ont été entendues dans la ville depuis dimanche. Le bruit des avions dans le ciel laisse croire qu'il s'agit de frappes aériennes.

Il n'a pas été possible de constater l'étendue des dégâts. Dans la ville, les boutiques sont fermées et les rues sont désertes. Des camionnettes de forces loyalistes patrouillent la ville. Plusieurs résidents ont été aperçus quittant la ville en voiture vers l'ouest.

Les insurgés ont progressé rapidement en fin de semaine. Après avoir vaincu les troupes loyalistes à Ajdabiya, au terme d'une semaine de combats, ils ont pris coup sur coup les villes pétrolières de Brega et de Ras Lanouf, puis Ben Jawad.

Si les rebelles devaient prendre Syrte, ils pourraient poursuivre leur route vers la ville de Misrata, 200 km à l'ouest, où les forces loyalistes assiègent les rebelles depuis plusieurs semaines.

Syrte est considérée comme étant fermement sous le contrôle des forces fidèles à Kadhafi. Aucune manifestation réclamant le départ du dirigeant libyen n'y a été signalée depuis la mi-février.

Les bombardements se poursuivent

La coalition internationale a mené lundi soir des raids aériens à Mezda, dans le centre du pays, et à Gharyan, dans l'ouest. Les deux villes sont utilisées comme bases arrière des forces de Kadhafi dans leurs offensives contre Zenten et Yefren, contrôlées par les insurgés.

« Des sites militaires et civils dans les régions de Gharyan et Mezda ont été ce soir la cible de raids de l'agresseur occidental, croisé et colonialiste », a rapporté l'agence officielle Jana.

Cette information a été corroborée par des témoins. Selon un habitant de Gharyan, une forte explosion a secoué la ville à 20 h 15 (14 h 15 HAE). Un dépôt d'armes et de munitions aurait été pris pour cible.

Un témoin a aussi rapporté à l'AFP avoir entendu neuf violentes explosions à Tajoura, une banlieue à 30 km de Tripoli.

Avions RafaleDeux Rafale français survolent la base d'Istres après une sortie en Libye, le 28 mars 2011. Photo : AFP / ECPAD/Nicolas-Nelson Richard

Dimanche soir, des avions de chasse Rafale ont frappé un « centre de commandement important » de l'armée libyenne situé « à 10 km au sud des faubourgs de Tripoli », a annoncé lundi l'état-major de l'armée française.

Ces attaques aériennes ont été conduites par des Rafale de la marine, qui partaient du porte-avions Charles de Gaulle, qui croise au sud de l'Italie, et par des appareils de l'armée de l'air, a précisé le porte-parole de l'armée, le colonel Thierry Burkhard.

« L'évaluation des dommages est en cours », a précisé le colonel Burkhard, lors d'un point de presse au ministère de la Défense, et devrait rester « confidentielle ».

Les CF-18 canadiens en action

Les CF-18 canadiens ont effectué leur deuxième sortie en Libye depuis leur arrivée dans la région. Les appareils ont détruit un dépôt de munitions et ont assuré la coordination d'autres raids aériens de la coalition internationale impliquant plus de 20 avions de guerre dans le ciel libyen, ont confirmé les Forces canadiennes, lundi.

La cible, un bunker situé à 92 kilomètres au sud de la ville de Misrata, a été frappé par une bombe de 225 kilogrammes. Il s'agit du second dépôt de munitions à être visé par les avions canadiens à l'intérieur d'une même semaine.

Quatre avions de chasse du 425e escadron de Bagotville, au Québec, ont pris part à cette sortie survenue dimanche.

L'OTAN est impartiale, assure Rasmussen

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, nie que les alliés appuient ouvertement les rebelles, comme l'affirme le régime du colonel Kadhafi. L'OTAN est impartiale, a-t-il dit lundi sur les ondes d'Al-Jazira.

Lors d'un point de presse lundi, le nouveau chef des opérations de l'OTAN, le général canadien Charles Bouchard, a indiqué que les avions de l'Alliance atlantique ont commencé à faire respecter la zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye.

Il a souligné que la transition du commandement entre la coalition internationale et l'Alliance atlantique, décidée dimanche à Bruxelles, se poursuivait toujours.

Le général Bouchard a insisté sur le fait que l'opération militaire s'inscrit strictement dans le cadre de la résolution de l'ONU et vise essentiellement à protéger la population.

« Chaque opération se fait avec précaution pour éviter au maximum des dégâts collatéraux. Notre travail est d'assurer la sécurité des gens. », a-t-il déclaré.

La résolution 1973 du Conseil de sécurité autorise les pays membres de l'ONU à prendre toutes les mesures à leur disposition pour protéger les civils libyens. La résolution prône officiellement un cessez-le-feu.

La façon de faire de la coalition internationale continue d'attirer les critiques. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a estimé lundi que la coalition occidentale soutient les insurgés, ce qui constitue une « ingérence » dans les affaires libyennes.

« Nous considérons que l'ingérence de la coalition dans une guerre civile n'est, en tout état de cause, pas autorisée par la résolution de l'ONU », a déclaré M. Lavrov, selon Interfax.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, et Al-Jazira

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