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Le saumon du Pacifique joue un rôle dans la biodiversité de la flore des rivières

Ours ayant pêché un saumon

Ours ayant pêché un saumon

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le saumon du Pacifique joue un rôle important en apportant des nutriments à proximité des cours d'eau de la plus grande forêt humide tempérée du monde, en Colombie-Britannique.

C'est ce qu'a démontré une étude menée par l'équipe de Morgan Hocking, de l'Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, et publiée dans la revue Science.

Lors de leur migration annuelle, les saumons remontent les rivières de l'Ouest canadien pour se reproduire. Mais nombre d'entre eux sont attrapés par les loups et les ours, qui charrient les poissons morts loin des cours d'eau.

Les carcasses de saumons favorisent la croissance de certaines plantes

Cela permet à certaines plantes de pousser avec succès dans ces zones. L'équipe de chercheurs en déduit qu'un changement dans la population des saumons aurait un impact certain sur la biodiversité.

« Le long de la côte pacifique, tous les saumons meurent après la reproduction. Leurs carcasses se trouvent en masse dans les rivières. Mais nombre d'entre eux sont tués avant cela par les ours et les loups, explique John Reynolds, professeur d'écologie et coauteur de la publication. Cela représente une grande quantité de nutriments déversés dans les cours d'eau ou près des rives. »

Mais la question que s'est posée l'équipe est de savoir où aboutissent en fin de compte ces nutriments que les poissons ont consommés pendant leur croissance en mer. Les scientifiques ont mené leur recherche dans le réseau de 50 rivières de la Great Bear Rainforest, en Colombie-Britannique.

Saumons morts après s'être reproduits dans la rivière Adams, en Colombie-BritanniqueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Saumons morts après s'être reproduit dans la rivière Adams en Colombie-Britannique

Ils ont trouvé que « les ours et les loups ne mangent qu'une petite partie du saumon, a indiqué John Reynolds. Ils abandonnent le reste dans une zone de 5 à 15 mètres du cours d'eau. »

Les ours, par exemple, ont des plateformes d'alimentation. Ils attrapent un poisson, l'emportent sur la rive, le mangent et retournent en pêcher un autre.

Avant même d'effectuer ces recherches, les chercheurs pensaient que si les saumons avaient un impact sur la biodiversité, ce serait près des rivières. Ce qu'a justement démontré leur étude. Les chercheurs ont en effet découvert que près des cours d'eau, la flore était dominée par des plantes qui s'étaient développées grâce à un large apport d'azote, comme la ronce ou le sureau.

« À mesure qu'on s'éloigne de l'eau, ajoute John Reynolds, on a tendance à voir de plus en plus d'espèces qui sont moins dépendantes d'un apport accru en azote. »

Ainsi, dans les rivières où le saumon est moins présent, la flore des rives des cours d'eau était composée de plantes ayant moins de contenus azotés, comme le bleuet et la myrtille.

Les chercheurs concluent que la prédiction de l'impact du saumon sur les écosystèmes terrestres pourrait jouer un rôle clé dans le développement de techniques efficaces de conservation et de gestion des habitats.

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