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Le gouvernement Harper renversé par l'opposition

Le premier ministre Stephen Harper

Le premier ministre Stephen Harper votant contre la motion de censure déposée par les libéraux.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Les partis de l'opposition à Ottawa ont fait tomber le gouvernement conservateur minoritaire en adoptant, vendredi, la motion de censure déposée par le Parti libéral du Canada accusant le gouvernement d'outrage au Parlement.

Les députés ont voté en faveur de la motion de censure à 156 voix contre 145.

Les députés libéraux, bloquistes et néo-démocrates ont donc renversé le gouvernement en raison de son refus de fournir les coûts de plusieurs projets de loi, notamment en matière de justice, et non sur un vote lié au budget.

L'adoption de cette motion censure a mis un terme aux activités du 40e Parlement canadien.

C'est la première fois de l'histoire canadienne qu'un gouvernement est déclaré coupable d'outrage au Parlement et qu'il est renversé sur une motion portant sur cette question.

La motion de censure du PLC

« Que la Chambre est d'accord avec la décision du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre que le gouvernement est reconnu coupable d'outrage au Parlement, ce qui est sans précédent dans l'histoire parlementaire canadienne, et en conséquence, la Chambre ne fait plus confiance au gouvernement. »

Son gouvernement étant défait, le premier ministre Harper se rendra samedi, vers 9 h, à Rideau Hall pour demander au gouverneur général, David Johnston, de dissoudre le Parlement. Les élections seront officiellement déclenchées après cette visite.

La campagne électorale qui s'en vient sera la quatrième en sept ans. La dernière a eu lieu en octobre 2008.

Stephen Harper mettra ensuite le cap sur Québec, où il amorcera sa campagne électorale.

Répartition des sièges au Parlement :

  • 143 députés conservateurs
  • 77 députés libéraux
  • 47 députés bloquistes
  • 36 députés néodémocrates
  • 2 députés indépendants
  • 3 sièges vacants

Hostilités en Chambre avant le vote

Engagés dans une dernière escarmouche parlementaire, dont l'issue ne faisait aucun doute vendredi matin, les députés de tous les partis ont tenté de s'assurer de l'avantage du terrain en prévision de la prochaine manche : les élections générales.

Un gouvernement qui ne respecte pas la démocratie ne mérite pas de rester en place.

Le chef libéral Michael Ignatieff
Le chef libéral Michael Ignatieff se levant pour voter en faveur de la motion de censure contre le gouvernement.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef libéral Michael Ignatieff se levant pour voter en faveur de la motion de censure contre le gouvernement.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

« Nous avons demandé des comptes à ce gouvernement. Pendant quatre mois, nous avons demandé le vrai coût des avions de chasse, des prisons, des baisses d'impôts pour les entreprises », a martelé M. Igniatieff. « Pendant quatre mois, nous n'avons reçu aucune réponse, mis à part le mépris et l'arrogance de ce gouvernement. »

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a continué d'enfoncer le même clou que le PLC : « Ce qui entache ce gouvernement, c'est le patronage, le trafic d'influence, la fraude électorale, l'enquête de la GRC. Est-ce qu'on se rend compte que les Québécois et les Québécoises ont perdu toute confiance en ces guignols? »

De son côté, le ministre Christian Paradis a récupéré l'annonce de l'entente entre Québec et Ottawa sur les hydrocarbures, annoncée jeudi, pour reprocher à M. Duceppe de nuire aux intérêts de la province. M. Paradis estime que M. Duceppe se réjouit des mésententes entre Ottawa et Québec à des fins politiques.

Quant à M. Layton, il a raillé le premier ministre Harper, absent en Chambre, qu'il a accusé de « bouder dans son bureau depuis trois jours ». Le chef du NPD soutient que M. Harper, s'il avait vraiment voulu éviter des élections, aurait pu prendre le téléphone pour tenter de dégager un compromis avec des membres de l'opposition afin de faire fonctionner le Parlement.

Le conservateur John Baird a affirmé pour sa part que c'est l'opposition qui faisait outrage au Parlement, en énumérant tous les projets de loi que la motion de censure allait effacer.

Le calme avant la tempête

Les députés qui se sont présentés en Chambre, vendredi matin, ont par ailleurs passé une partie de la journée à féliciter des députés dont la carrière se termine, dont le président du Conseil du Trésor, Stockwell Day, le ministre des Transports, Chuck Strahl, et le député bloquiste Serge Ménard.

Itinéraires des chefs samedi

Stephen Harper : Québec
Michael Ignatieff : Montréal
Gilles Duceppe : Montréal
Jack Layton : Edmonton

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