•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Voici les lauréats des prix littéraires de Radio-Canada

Les lauréats des prix littéraires de Radio-Canada 2011 : Monique Letarte, Isidore Guy Makaya et Alain-Bernard Marchand

Les lauréats des prix littéraires de Radio-Canada 2011 : Monique Letarte, Isidore Guy Makaya et Alain-Bernard Marchand

Richard Raymond
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ils ont 45, 52 et 61 ans. Dans la vie de tous les jours, Isidore Guy Makaya poursuit des études de doctorat en droit international; Alain-Bernard Marchand est conseiller principal auprès du sous-ministre adjoint au ministère du Patrimoine canadien; Monique Letarte a travaillé 25 ans en développement international et en coopération.

Une femme et deux hommes. Un point commun : ils écrivent et remportent les premiers Prix littéraires de Radio-Canada 2011.

Trois catégories

Catégorie récit : Elle en moi, de Monique Letarte, de Gatineau, raconte l'histoire d'une femme atteinte de cancer, qui cherche à demeurer enracinée et reliée aux autres.

Catégorie poésie : Chants d'un autre siècle, d'Alain-Bernard Marchand, d'Ottawa, explore les liens entre la poésie et la chanson populaire de la deuxième moitié du siècle dernier.

Catégorie nouvelle : Le cas Makosso, d'Isidore Guy Makaya, de Montréal-Nord, nous entraîne en Afrique, dans une bourgade en émoi après le décès insolite d'un homme mort debout.

Radio-Canada.ca a rencontré ces trois auteurs différents venus d'horizons différents. Pourquoi écrivent-ils? Pour qui?

Alain-Bernard Marchand

« Pour que quelque chose résonne », répond spontanément Alain-Bernard Marchand. « Lorsqu'on écrit, notre matériau de base, c'est la chose la plus démocratiquement partagée. On est tous dans le langage. On naît dans une langue. À partir du moment où on écrit, on choisit ce matériau-là qui appartient au plus grand nombre pour se singulariser.

C'est ça le grand défi : c'est de prendre une chose qui appartient à tout le monde et d'essayer de trouver sa propre voix, de passer cette langue collective à travers son corps pour qu'elle puisse rejoindre quelqu'un d'autre. La beauté de ce prix-là, c'est son anonymat, parce que ce n'est pas un auteur qui est choisi, ce sont des textes qui sont choisis », conclut le poète.

Monique Letarte

Monique Letarte, quant à elle, écrit pour plusieurs raisons : « D'abord, j'aime les mots, j'aime jouer avec les mots. Pour moi, c'est une façon de vivre une certaine folie à travers les mots. C'est aussi mon moyen de réflexion. Je tiens toujours un journal personnel. C'est une façon de voir ce qui m'arrive dans la vie. Avec les mots, je suis capable de verbaliser et de prendre conscience de ce que je vis. C'est une façon d'amener à la conscience ce qui pourrait se passer dans l'inconscient.

Pour moi, c'est essentiel : je ne peux pas m'en empêcher. Chaque jour, il faut que je le fasse. Quand j'écris pour un concours, j'essaie de prendre une expérience et de rejoindre le collectif, de trouver quelque chose dans mon vécu ou dans mes opinions ou dans ce que le monde vit, quelque chose qui résonne à plusieurs ».

Isidore Guy Makaya

Isidore Guy Makaya remonte dans son passé : « Moi, je suis venu à l'écriture grâce à mes soeurs. Ce sont elles qui me demandaient d'écrire des lettres d'amour à leurs chums parce qu'au Congo-Brazzaville où je suis né, les hommes comme les femmes ont le droit d'avoir plusieurs partenaires. Les femmes peuvent avoir un chic (celui qui est toujours présentable), un choc (sans commentaire... celui qui l'entretient sexuellement), un chèque (celui qui lui donne de l'argent).

En écrivant, j'essaie de donner le témoignage de ma vie et de la vie des autres. J'aime bien être le spectateur, comme je suis assez discret, assez réservé. Pour moi, la vie est merveilleuse. Et j'essaie d'écrire en donnant le témoignage de ma vie, de la vie des autres et de la société. Le problème est de savoir si ce que j'écris intéresse les autres ».

Manifestement ce que Monique, Isidore et Alain-Bernard écrivent intéresse les autres. Chacun recevra une bourse de 6000 $. Les seconds prix dans les catégories récit, poésie et nouvelle, respectivement Brin de nid de Monique Pariseau, Dans le noir de Dominic Gagné et Le Jourdain ou la rivière de la Peine de Luc Lamarre, recevront 4000 $ chacun.

La compétition des Prix littéraires Radio-Canada / CBC Literary Awards est la seule à récompenser des oeuvres originales et inédites dans les deux langues officielles. Elle compte parmi ses lauréats francophones Jacques Godbout, Kim Doré, Arlette Cousture, Marie-Sissi Labrèche, Michael Ondaatje et Susan Musgrave.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !