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L'eau de Tokyo impropre à la consommation pour les nourrissons

Eau du robinet à Tokyo

Photo : Yoshikazu Tsuno

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'angoisse de la contamination radioactive monte à Tokyo, où les autorités interdisent depuis mercredi de faire boire de l'eau du robinet aux bébés en raison de la hausse importante de son taux d'iode radioactif attribuable aux rejets de la centrale nucléaire de Fukushima.

Les autorités locales ont mesuré une concentration d'iode radioactif de 210 becquerels par kilogramme dans l'eau courante de la mégapole. La loi japonaise fixe le seuil autorisé à 100 becquerels pour les enfants âgés de moins d'un an.

Le ministère des Sciences avait déjà annoncé samedi que des traces d'iode radioactif avaient été relevées dans l'eau des préfectures de Tokyo, de Tochigi, de Gunma, de Saitama, de Chiba et de Niigata, mais dans des concentrations nettement en deçà du taux permis.

Contamination radioactive des aliments

Le gouvernement japonais a également interdit la consommation et la vente de certains aliments produits dans la préfecture de Fukushima, où se trouve la centrale nucléaire accidentée, et dans trois préfectures voisines. Des niveaux anormaux de radioactivité ont été détectés dans du lait cru et dans plusieurs variétés de légumes provenant de ces régions.

Les autorités nippones ont toutefois assuré que, consommés de façon ponctuelle, ces aliments ne présentaient aucun danger. « Malheureusement, cette situation risque de durer longtemps, c'est pourquoi nous demandons leur interdiction dès maintenant », a affirmé un porte-parole du gouvernement.

Mardi, le ministère de la Santé a également ordonné un renforcement de l'analyse des produits de la mer, après la découverte de taux anormalement élevés d'iode radioactif et de césium dans l'océan à proximité de la centrale.

Les produits japonais boudés

L'inquiétude soulevée par les produits alimentaires nippons s'est propagée à l'étranger. Les États-Unis ont interdit l'importation du lait, des produits laitiers, des légumes frais et des fruits en provenance de quatre préfectures, dont Fukushima.

En Europe, la France a demandé à la Commission européenne de renforcer les contrôles sur les importations de produits frais japonais aux frontières de l'Union européenne. Paris a déjà décidé d'inspecter tous les coquillages et poissons en provenance du Japon.

Fumée noire au-dessus du réacteur 3

La situation des installations de la centrale semble toujours très précaire alors que des travailleurs ont pu réintégrer leur poste après avoir été évacués en raison de la fumée noire qui s'échappait du réacteur 3.

L'Autorité japonaise de sûreté nucléaire et industrielle a dit ignorer la cause de cette fumée. La société TEPCO, qui exploite le site, affirme pour sa part ne pas avoir noté de recrudescence de radioactivité à la centrale.

Le réacteur 3, l'un des plus endommagés, est chargé de combustible MOX, un mélange d'oxydes d'uranium et de plutonium dont les rejets sont particulièrement nocifs.

La salle de contrôle de ce réacteur est la première à avoir été partiellement remise sous tension, mardi soir. Le recours à une source d'alimentation externe a permis le rétablissement de l'éclairage.

La centrale Fukushima Daiichi compte six réacteurs, dont l'alimentation électrique a été interrompue par le séisme et le tsunami du 11 mars, ce qui a provoqué la mise hors service des systèmes de refroidissement du combustible.

Les ingénieurs ont réussi à relier les réacteurs au réseau électrique, mais seule la pompe de refroidissement du réacteur 5 a été relancée jusqu'à présent.

Le bilan du puissant tremblement de terre de magnitude 9 et de l'immense vague qui a suivi a dépassé les 24 000 morts et disparus, dont 9408 décès confirmés, selon la police nationale.

Le Japon a évalué mercredi que les dégâts de la catastrophe se situaient entre 197 et 309 milliards de dollars US, ce qui en fait la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire du pays.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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