L'opposition rejette le budget, ouvrant la porte à des élections

Gilles Duceppe, Michael Ignatieff et Jack Layton
Photo : La Presse canadienne / Archives
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Les trois partis d'opposition ont indiqué qu'ils n'allaient pas appuyer le budget Flaherty, déposé mardi après-midi. À moins d'un revirement, le gouvernement Harper devrait donc tomber en vertu de plusieurs scénarios électoraux, et les Canadiens seront convoqués aux urnes au début mai, pour une quatrième fois en sept ans.

Jack Layton, chef du NPD
Les yeux étaient tournés vers le Nouveau Parti démocratique, de qui dépendait la survie du gouvernement conservateur minoritaire. Les autres formations avaient déjà indiqué qu'elles rejetteraient le budget parce que les conservateurs avaient écarté leurs principales demandes.
Dans l'heure qui a suivi le dépôt du budget, le chef néo-démocrate, Jack Layton, a clairement indiqué que sa formation allait voter contre le budget. « Il n'y a rien dans ce budget qui m'a convaincu que Stephen Harper [...] est prêt à faire fonctionner le Parlement pour donner un répit aux familles de la classe moyenne », a-t-il déclaré aux journalistes.
Le ministre des Finances, Jim Flaherty, avait pourtant inclus dans son budget de petites mesures ciblées de nature à plaire au NPD - renouvellement du programme de rénovation domiciliaire, ajout d'un crédit d'impôt pour les aidants naturels et bonification du programme de supplément du revenu garanti destiné aux personnes âgées qui ont un faible revenu -, mais elles se sont donc avérées insuffisantes.
Si Jack Layton a déclaré qu'il ne pouvait pas appuyer le budget « dans sa forme actuelle », ouvrant ainsi la porte à des négociations avant le vote, cette option n'est guère probable, le Parti conservateur ayant déjà indiqué qu'il faudrait voter sur le budget déposé.
En entrevue à Radio-Canada, le chef adjoint du NPD, Thomas Mulcair, a renchéri en disant que le caucus néo-démocrate avait unanimement rejeté le budget, expliquant qu'il y avait aussi une « question de confiance » en « toile de fond ». Les conservateurs ne respectent pas le Parlement, ils ont falsifié des documents, a-t-il ajouté, faisant notamment référence à des modifications apportées par le bureau de la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, à une demande de subvention.
Dans cette affaire, Bev Oda pourrait d'ailleurs être reconnue coupable d'outrage au Parlement.
Ce qu'on a demandé n'est pas là.
Pour le reste, on ne leur fait pas confiance.
Des « non » connus d'avance

Michael Ignatieff, chef du Parti libéral du Canada
Le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, a été le premier à commenter le budget devant la presse, alors que le ministre Flaherty venait tout juste de commencer son allocution en Chambre. Sans surprise, le leader libéral a indiqué que son parti aller voter contre.
Les libéraux réclamaient l'annulation des baisses d'impôt consenties aux grandes entreprises. Le 1er janvier dernier, le taux général fédéral d'imposition du revenu des sociétés est passé de 18 % à 16,5 %. Ce taux passera à 15 % en 2012.
À l'instar du chef néo-démocrate, Michael Ignatieff a affirmé que Stephen Harper ne comprenait pas la réalité des « Canadiens ordinaires ».
« Ce budget dépense 1000 fois plus pour des avions de chasse furtifs que pour aider les étudiants du niveau postsecondaire, 1000 fois plus pour des prisons que pour la prévention du crime, plus pour une seule journée du G20 que pour les aînés dans un an, trois fois plus sur les publicités partisanes que pour les soins familiaux et rien pour les soins à la petite enfance », a-t-il martelé.

Gilles Duceppe a indiqué que son parti n'appuiera pas le budget.
Comme prévu, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a lui aussi fait savoir que son parti n'appuierait pas le budget parce que le dossier de l'harmonisation des taxes de vente avec le Québec n'a pas été réglé.
Cette demande était évaluée à 2,2 milliards de dollars. Le ministre conservateur Christian Paradis a confirmé à la Chambre des communes, lundi, qu'aucune entente n'avait encore été conclue avec Québec.
Le chef bloquiste a en outre estimé que la hausse du supplément de revenu garanti incluse dans le budget était nettement « insuffisante » et regretté que l'inscription de ceux qui y ont droit ne soit pas automatique.
Gilles Duceppe a également déploré qu'il n'y ait pas d'améliorations apportées à l'assurance-emploi et que le budget fasse perdurer plusieurs contentieux entre Québec et Ottawa, notamment au chapitre de la péréquation.
Dans un communiqué, la formation a en outre estimé que le budget « [privilégiait] clairement l'Ontario et l'Ouest canadien, alors que le Québec passe encore une fois son tour ».
La candidate du Parti vert, Elizabeth May, une formation qui n'est pas présente aux Communes, a pour sa part dénoncé, en entrevue à Radio-Canada, le « manque d'éthique » des conservateurs et leurs « décisions désastreuses pour l'environnement ».
Elle a assuré que son parti était prêt pour une campagne électorale. Les candidats sont déjà trouvés pour « presque toutes les circonscriptions », a soutenu Mme May, qui s'est dite confiante de présenter un candidat dans chacune des 308 circonscriptions du pays.




