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Une coalition environnementale et politique réclame la fermeture de Gentilly-2

La centrale nucléaire Gentilly-2
La centrale nucléaire Gentilly-2 (archives)
Radio-Canada

Le mouvement Sortons le Québec du nucléaire, le Parti québécois et Québec solidaire ont réclamé lundi la fermeture définitive de la centrale nucléaire Gentilly-2 de Bécancour.

Le porte-parole du regroupement, le docteur en physique nucléaire Michel Duguay, le député péquiste Yves-François Blanchet, ainsi que les chefs de Québec Solidaire, Françoise David et Amir Khadir, ont tenu une conférence de presse à Montréal. Plusieurs organismes citoyens et environnementaux ont également pris part à la rencontre.

Le Québec est à l'heure des choix. Non au nucléaire, non aux mines d'uranium et non à Gentilly. Quand les gens bougent, ils peuvent gagner.

Françoise David, chef de Québec solidaire

La coalition est d'avis que la réfection de la centrale nucléaire engendrera des dépassements de coûts. Elle ajoute que plusieurs études prouvent que le nucléaire comporte des risques pour la santé.

Sortons le Québec du nucléaire estime que le projet de réfection de la centrale est une aberration écologique, économique et éthique.

Un de ses fondateurs, Christian Simard, interpelle le premier ministre Jean Charest pour qu'il fasse appel « à ses convictions, et non aux gains politiques à court terme ».

Cette filière suscite des inquiétudes grandissantes depuis le tremblement de terre et le tsunami survenus au Japon. La catastrophe a durement endommagé les réacteurs de la centrale nucléaire Fukushima-Daiichi implantée dans cette zone, provoquant une série d'accidents nucléaires.

Plusieurs pays ont par la suite annoncé une révision de leur filière nucléaire.

Mme Marois soutient que la fermeture de la centrale québécoise devient inévitable en raison des problèmes techniques que connaissent les travaux de réfection de Gentilly-2, en plus de ce que laisse entrevoir pour l'avenir les coûts faramineux qu'exige celle de Point Lepreau, au Nouveau-Brunswick.

Conférence de presse du mouvement Sortons le Québec du nucléaireConférence de presse du mouvement Sortons le Québec du nucléaire

À ce sujet, Pauline Marois compte interpeller le premier ministre lundi à l'Assemblée nationale.

De son côté, le gouvernement se demande aussi si cela vaut la peine d'investir deux milliards de dollars dans les travaux de réfection de la centrale, qui doivent s'amorcer en 2012. La ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a déclaré vendredi dernier avoir demandé à Hydro-Québec un état de la situation sur le projet.

Québec appuie donc les démarches de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), qui a demandé au chef de la centrale Gentilly-2 de réexaminer les dossiers de sûreté. Hydro-Québec doit notamment évaluer les risques d'incendie à proximité de la centrale, les mesures de prévention en cas d'accident grave et s'assurer d'avoir le bon plan de mesures d'urgence.

Pour Michel Duguay, ces démarches sont une admission de la CCSN que les événements qu'on voit au Japon peuvent se produire au Canada ».

Dans le cas de Gentilly, c'est pire qu'ailleurs. La CCSN a noté plus de 50 lacunes dans les domaines de sûreté à Hydro-Québec. Le 10 décembre dernier, à Ottawa, François Rinfret, de la CCSN, a dit qu'il était le temps de sonner l'alarme par rapport à Gentilly. Bien nous aussi, on sonne l'alarme.

Michel Duguay, porte-parole du mouvement Sortons le Québec du nucléaire

Intelligence plutôt que puissance

Le directeur pour le Québec de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand, affirme que le secteur éolien a moins d'impact sur l'environnement et est devenu moins coûteux que le nucléaire.

« Gentilly-2 est une aventure financière très risquée et est l'équivalent d'un stade olympique en énergie, dit-il. Il serait préférable d'investir dans les énergies renouvelables. Le temps est venu de penser moins en termes de puissance et plus en termes d'intelligence. Il y a un marché à capter là-dedans, il y a une expertise à développer et cela représente l'avenir. »

Pauline Marois fermerait la centrale

Pauline Marois

Pour sa part, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a indiqué qu'elle fermerait la centrale, si elle est élue première ministre et ce, même si les travaux de réfection de plus de 2 milliards de dollars y avaient été amorcés entre-temps.

Mme Marois estime que rien ne justifie une telle dépense. La chef péquiste Mme Marois s'est défendue de faire preuve d'opportunisme en tenant ses propos alors que le Japon traverse une crise nucléaire. Elle a rappelé que le PQ a pris l'engagement de fermer Gentilly-2 dès décembre 2009.

Ce n'est pas nécessaire de faire la réfection de cette centrale a un coût aussi élevé, alors que le Québec a les moyens, par l'efficacité énergétique, par l'utilisation des énergies renouvelables, et par l'utilisation de son hydro-électricité de se passer du nucléaire.

Pauline Marois

La chef de l'opposition officielle se dit convaincue de pouvoir « sortir le Québec du nucléaire ». En entrevue au quotidien Le Devoir, elle a expliqué que dès son accession au pouvoir, elle compte proposer un projet de politique énergétique et entend élargir le mandat d'Hydro-Québec. Elle estime notamment que la société d'État devrait assumer, à la place du privé, les coûts du développement de l'énergie éolienne.

eolienneéolienne Photo : AFP

Hydro-Québec devrait « optimiser ses barrages » en construisant tout autour des parcs d'éoliennes, au lieu d'aller « embêter les citoyens un peu partout avec de petits projets », dit-elle.

Selon la chef péquiste, ce principe pourrait s'appliquer au projet hydroélectrique sur la rivière Romaine, dans l'Est-du-Québec, en le complétant d'ici deux ans par un réseau intégré d'éoliennes.

La future politique énergétique du Québec « devrait cesser de préparer de nouveaux grands projets hydro-électriques au profit d'une exploitation croissante de l'efficacité énergétique et des énergies vertes, de façon à ce que ces énergies alternatives réduisent davantage notre impact sur le climat, mais pas aux dépens de la biodiversité », a-t-elle ajouté.

Une fois élue, Pauline Marois se donne un an pour appliquer cette nouvelle politique, qu'elle compte personnellement mener à terme.

Avec les informations de La Presse canadienne

Mauricie et Centre du Québec

Énergies renouvelables