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Des milliers de manifestants au Maroc réclament des changements

Des manifestants tiennent des pancartes en arabe et en français, réclamant plus de justice au Maroc

Photo : Abdelhak Senna

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Près de 35 000 personnes ont manifesté dimanche dans les grandes et petites villes du Maroc pour réclamer davantage de démocratie et de justice sociale, et la fin de la corruption.

Le mouvement lancé par de jeunes Marocains sur Facebook fait suite au « mouvement du 20 février », qui avait mené aux premières manifestations réclamant des changements importants au pays.

Rabat, Casablanca, Fès, Agadir, Tanger, Marrakech et d'autres villes ont reçu les milliers de pas des manifestants épris de changements, dans la foulée des mouvements populaires qui secouent le Maghreb et le Moyen-Orient depuis plusieurs semaines.

« Le Maroc devrait commencer à tirer sérieusement les leçons de ce qui se passe par ici », a commenté à Reuters Bouchta Moussaif, l'un des 2000 manifestants qui ont défilé le long des remparts de la vieille ville de Rabat.

Les manifestations ont eu lieu sans incident.

« Nous voulons maintenir la pression pour que les réformes se réalisent », expliquait à l'AFP, à Rabat, Seddik Lahrach de l'ONG Forum Justice et Vérité.

La gauche et la droite réunies

Les jeunes organisateurs qui se sont servis du réseau social le plus connu, Facebook, ont reçu l'appui de l'association Justice et Bienfaisance - principal mouvement islamiste du Maroc -, l'Association marocaine des droits humains (AMDH), et d'autres regroupements et ONG.

L'Union socialiste des forces populaires (USFP) dévoilait samedi qu'elle participerait à la marche.

« Ça prouve que les Marocains sont déterminés à aller au bout de leurs revendications pour la démocratie, la justice sociale, la dignité et une vraie constitution démocratique, pas ce qui a été annoncé par le roi », a fait valoir aussi à l'AFP Khadija Ryadi, présidente de l'AMDH.

Contrairement à la Tunisie et à l'Égypte, la foule ne désirait pas le départ du souverain Mohammed VI - au pouvoir depuis le décès de son père, Hassan II, en 1999. Elle réclamait plutôt l'instauration d'une monarchie parlementaire.

« Nous sommes tous pour notre roi. Mais je pense que le premier ministre et les deux conseillers du roi doivent partir. Nous voulons en finir avec la corruption qui existe partout », a déclaré à l'AFP Dalila, une manifestante.

Le 9 mars, le roi Mohammed VI a proposé des changements constitutionnels

  • Création d'une commission de révision de la Constitution
  • Indépendance de la justice
  • Séparation des pouvoirs
  • Renforcement des pouvoirs du premier ministre

Des musulmans radicaux se trouvaient également parmi la foule, demandant des changements importants au fonctionnement de leur pays. Des femmes, le visage entièrement voilé, montraient aux caméras du monde entier des photos de membres de leur famille emprisonnés, torturés, condamnés à mort.

« Mon fils se trouve dans le couloir de la mort depuis sept ans. Ils l'ont condamné à mort parce qu'il prie. La mort parce qu'il est un bon musulman », a déclaré Zahra Sahif, montrant un permis de visite de prison avec sa photo et celle de son fils.

« Ils ne lui ont même pas accordé le droit de faire appel », a-t-elle ajouté. « Qu'est-ce que c'est que cette justice? C'est parce que les Américains leur donnent de l'argent? »

Parmi les pancartes « Liberté et dignité pour le peuple marocain », « démission du gouvernement » et autres slogans et drapeaux du Maroc, flottaient aussi des drapeaux amazighs (berbères). Certaines personnes arboraient un balai pour « balayer la corruption ».

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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