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La vaste coalition internationale contre Kadhafi est déterminée

Sommet international sur la Libye à Paris

Sommet international sur la Libye à Paris

Radio-Canada

Des chefs d'État et de gouvernement ainsi que des représentants de pays occidentaux et arabes sont passés de la parole aux actes contre le régime libyen, à l'issue d'une réunion extraordinaire à Paris, samedi.

Au terme de la rencontre, qui visait à organiser les mesures à prendre pour faire respecter la résolution onusienne votée jeudi, le président Sarkozy a annoncé que la France avait déployé des avions Rafales dans le ciel de Benghazi pour protéger les civils.

« D'ores et déjà, nos avions empêchent les attaques aériennes sur la ville » a dit d'entrée de jeu le président français, précisant qu'ils étaient aussi prêts à « intervenir contre des blindés ».

La menace a d'ailleurs rapidement été mise à exécution : à peine deux heures plus tard, des avions français ont ouvert le feu contre des véhicules militaires libyens. Des tirs de missiles de croisière américains et britanniques ont suivi.

Hillary Clinton, secrétaire d'État des États-Unis, François Fillon, premier ministre français, Nicolas Sarkozy, président français (19 mars 2011)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : AFP / Pool/Ian Langsdon

Dans son allocution, le président Sarkozy a précisé que cette intervention, conforme au mandat inscrit dans la résolution 1973, a l'aval de pays arabes.

« Ensemble, nous avons décidé d'assurer l'application de la résolution du conseil de sécurité exigeant un cessez-le-feu immédiat et l'arrêt des violences contre les populations civiles en Libye », a dit Nicolas Sarkozy.

Le président français a inscrit cette action dans le grand mouvement de révoltes qui secoue les pays arabes, souligné l'espoir qu'elles ont fait naître et le devoir de leur apporter aide et soutien.

Nous intervenons pour permettre au peuple libyen de choisir lui-même son destin.

Nicolas Sarkozy

Au nom des pays représentés à la rencontre de Paris, il a enfin appelé Kadhafi a respecter l'intégralité de la résolution 1973 s'il souhaite une reprise des discussions.

La rencontre de Paris réunissait des dirigeants européens, arabes, africains et nord-américains.

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, le premier ministre britannique David Cameron, le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel étaient notamment du nombre à Paris, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa et le président de l'Union africaine, Jean Ping.

Le Qatar et plusieurs pays européens, dont la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège, devraient participer aux opérations militaires, aux côtés de la France et de la Grande-Bretagne.

Le Canada montera au front

Un peu plus tard, en conférence de presse, le premier ministre canadien a confirmé que des opérations aériennes internationales d'importance seront menées « très bientôt » en Libye.

M. Harper a admis que la mise en place de la zone d'exclusion aérienne était une affaire compliquée qui pourrait comprendre la perte de vies humaines. Il n'y a aucune garantie que des civils où des membres des Forces canadiennes, puissent éviter d'être blessés, a-t-il dit.

Stephen Harper a ajouté qu'un blocus naval était en place.

La population libyenne nous a lancé un défi: Est-ce que nous croyons en la liberté ou est-ce que nous ne faisons que dire croire en la liberté.

Stephen Harper

Le premier ministre a précisé que pour faire appliquer la résolution de l'ONU, des avions canadiens et la frégate NCSM Charlottetown ont rejoint la force internationale rassemblée dans la région.

Face à la menace d'intervention militaire, le régime a proclamé un cessez-le-feu. Mais le cessez-le-feu était un mensonge depuis le début. Les faits sur le terrain vont dans la direction opposée

Stephen Harper

Plus tôt en journée, Ottawa a fait savoir par un porte-parole être favorable à une participation de ses six chasseurs CF-18 aux opérations. Mais les appareils, qui viennent d'arriver en Sicile, ne seront pas opérationnels avant deux jours.

Lors de la réunion des chefs d'État et leaders sur la situation en Libye à laquelle a participé Stephen Harper, le Canada a toutefois dit qu'ils devaient agir de façon urgente. « Nous devons aider le peuple libyen et les aider maintenant, a ajouté le premier ministre. Sinon, la menace sur la population et la menace sur la stabilité de toute la région va sans doute s'accroître. »

Le premier ministre canadien a aussi ajouté qu'il fallait s'assurer de satisfaire les besoins humanitaires. Avant de dire toutefois que la population libyenne devrait à la fin, décider de son avenir.

Le rôle des États-Unis

Favorables aux interventions en Libye, les États-Unis ne comptent toutefois pas jouer le rôles de leader dans la coalition internationale. Barack Obama a précisé que son pays n'interviendrait pas au premier plan.

« Aujourd'hui, j'ai autorisé les forces armées des États-Unis à entreprendre une action militaire limitée en Libye », a-t-il déclaré à Brasília, au Brésil, où il entamait une tournée de cinq jours en Amérique latine.

Il a aussi insisté sur le fait que les États-Unis ne déploieraient pas de troupes au sol en Libye
« Comme je l'ai dit hier [vendredi], nous ne déploierons pas, je répète, nous ne déploierons pas de troupes américaines au sol » en Libye, a déclaré M. Obama. Il rejoint ici le point de vue de La France dont le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, précise que c'était clairement dit dans la résolution de l'ONU.

Barack Obama a justifié la décision des États-Unis de participer à une offensive contre le régime libyen par les attaques que ce dernier a menées contre son peuple. Il a dit au dirigeant libyen que « les actes ont des conséquences ».

La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a promis que Washington apportera « des capacités uniques » à l'effort militaire, sans plus de précisions. Elle a par ailleurs qualifié de « cruciale » la participation de pays arabes aux opérations.

Mais malgré les déclarations en demi-teinte de Barack Obama, les États-Unis ont tout de même fait partie des premiers à effectuer des frappes aériennes.

Voix dissidentes

La décision d'intervenir en Libye est lion de faire l'unanimité au sein de la communauté internationale.

Par la voix de leur ministère des Affaires étrangères, la Russie et la Chine ont dit regretter l'intervention armée étrangère en Libye.

La Chine précise craindre une escalade de la violence et souhaite le rétablissement au plus tôt de la stabilité dans le pays.

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a de son côté jugé « irresponsable » l'intervention armée internationale. Selon lui, l'intervention vise uniquement à s'emparer du pétrole libyen. Hugo Chavez a réclamé un cessez-le-feu immédiat.

L'ex-président de Cuba, Fidel Castro, le président du Nicaragua, Daniel Ortega, et le président de la Bolivie, Evo Morales, ont aussi dénoncé l'intervention militaire.

Kadhafi lance de nouvelles menaces

Mouammar Kadhafi a menacé d'attaquer des objectifs « civils et militaires » en Méditerranée en réaction à l'opération militaire lancée contre lui.

Dans un enregistrement sonore diffusé par la télévision officielle libyenne, Kadhafi a indiqué que la Méditerranée et l'Afrique du Nord étaient devenues un « champ de bataille » et que les intérêts des pays de la région étaient désormais en danger.

Il a dénoncé les frappes internationales, jugeant qu'elles étaient une « agression croisée injustifiée » contre laquelle « le peuple libyen va lutter ».

« Il est désormais nécessaire d'ouvrir les dépôts et d'armer toutes les masses, avec tout type d'armes, pour défendre l'indépendance, l'unité et l'honneur de la Libye », a-t-il déclaré.

Plus tôt, il avait prévenu Paris, Londres et l'ONU qu'ils regretteraient toute ingérence dans les affaires intérieures de la Libye.

Le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Khaled Kaaim, a quant à lui estimé qu'une intervention étrangère pousserait les voisins de la Libye à s'aller aux forces du colonel Mouammar Kadhafi.

Le ministère des Affaires étrangères a plus tard indiqué que la Libye avait demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le régime libyen a également affirmé qu'il considérait désormais comme nulle la résolution 1973 de l'ONU, et a plaidé pour son « droit » à utiliser de nouveau son aviation. Avant l'offensive internationale, le régime avait indiqué qu'il respectait la résolution onusienne.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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