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Les violences se poursuivent en Libye, malgré le cessez-le-feu

Des rebelles libyens à Benghazi

Des rebelles libyens à Benghazi célébrant la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU.

Photo : La Presse canadienne / Anja Niedringhaus

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les forces fidèles à Mouammar Kadhafi poursuivent leurs attaques contre les insurgés, malgré l'annonce d'un cessez-le-feu immédiat par le régime libyen.

Le régime libyen a démenti ces informations, accusant à son tour les insurgés d'avoir violé le cessez-le-feu dans la région d'Al-Magrun, à environ 80 km au sud de Benghazi.

À Misrata, les rebelles et des témoins sur place ont indiqué que les forces pro-Kadhafi ont continué vendredi à pilonner la ville, qui est aux mains des insurgés.

Un porte-parole des rebelles a cependant indiqué qu'ils contrôlent toujours la ville, située à 200 kilomètres à l'est de Tripoli.

Des combats étaient également rapportés jeudi soir et vendredi matin à Nalout et à Zenten, deux villes de l'ouest du pays sous contrôle de l'opposition.

Des affrontements étaient aussi signalés à Ajdabiya, près de Benghazi, le fief de l'insurrection.

Des forces militaires sont d'ailleurs massées aux alentours de Benghazi, mais aucun affrontement n'a été rapporté jusqu'ici. Le vice-ministre des Affaires étrangères a indiqué que les troupes gouvernementales n'avaient pas l'intention de pénétrer dans la ville.

Le vice-ministre Khaled Kaim a précisé que la présence de forces gouvernementales aux abords de Benghazi et d'autres villes ne viole pas les termes du cessez-le-feu.

« En ce qui concerne la présence de l'armée dans des villes libyennes, nous estimons qu'elle est importante pour assurer la sécurité des habitants. Cela ne viole pas le cessez-le-feu », a-t-il affirmé.

Une forte explosion suivie immédiatement de tirs antiaériens dans le même secteur a cependant été entendue depuis Benghazi, vendredi. L'origine de l'explosion est cependant toujours inconnue.

La Croix-Rouge revient à Benghazi

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé avoir réinstallé vendredi son personnel à Benghazi, en raison de l'amélioration de la sécurité dans la ville. Le CICR va maintenir une équipe de quatre personnes pour reprendre son travail humanitaire. L'organisation avait évacué son personnel vers Tobrouk il y a deux jours.

Cessez-le-feu immédiat

Le ministre libyen des Affaires étrangères, Moussa Koussa, a annoncé plus tôt vendredi un cessez-le-feu immédiat, conformément à la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette décision, a-t-il dit, vise à protéger les civils, tel que le préconise la résolution.

« Le gouvernement ouvre des canaux pour un dialogue réel et sérieux avec toutes les parties », a-t-il assuré lors d'une conférence de presse à Tripoli.

Le ministre Koussa a aussi affirmé que Tripoli va protéger les étrangers et leurs avoirs dans le pays. Quelques minutes après l'annonce, le quotidien New York Times a annoncé que ses quatre journalistes arrêtés mardi seront libérés vendredi.

Le ministre des Affaires étrangères a dit qu'il jugeait « très étrange et inacceptable » le volet de la résolution de l'ONU qui autorise l'usage de la force par des pays étrangers.

« Nous exprimons notre profond regret quant à la résolution qui comporte plusieurs mesures contre les Libyens, notamment une zone d'exclusion aérienne portant notamment sur les vols civils, ce qui va accroître les souffrances du peuple libyen », a-t-il dit.

Les déclarations du ministre Koussa ont été accueillies par des célébrations de joie à Benghazi, berceau de l'opposition et siège du Conseil national de transition libyen, gouvernement de transition autoproclamé.

Un porte-parole des rebelles, Mustafa Gheriani, a cependant déclaré après l'annonce du ministre Koussa que les forces pro-Kadhafi continuaient à pilonner Ajdabiya, proche de Benghazi, et Misrata, la dernière ville tenue par l'insurrection dans l'ouest.

Un commandant des rebelles, Khalifa Heftir, a aussi affirmé qu'il s'agissait d'un « bluff ». « Le monde entier sait que Mouammar Kadhafi est un menteur. Lui, ses fils et sa famille, et tous ceux qui sont avec lui sont des menteurs », a-t-il déclaré à l'Agence France-Presse.

Le ministre libyen des Affaires étrangères, Moussa Koussa (à gauche) était accompagné d'un traducteur pour son annonce.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre libyen des Affaires étrangères, Moussa Koussa (à gauche) était accompagné d'un traducteur pour son annonce.

Photo : AFP / Al-Arabiya

Prudence dans les capitales européennes

Le ministre français des Affaires étrangères a réagi avec prudence à l'annonce de M. Koussa. « Il faut rester très prudent », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Mouammar Kadhafi, dit-il, « commence à avoir peur, mais sur le terrain, la menace n'a pas changé ».

L'annonce du ministre Koussa a été faite au moment où Paris et Londres fourbissent leurs armes en vue d'une intervention militaire en Libye, tel que l'autorise le Conseil de sécurité. Ottawa se prépare aussi à annoncer sa participation.

En entrevue à la BBC, le premier ministre Cameron a également fait preuve de prudence. « Nous le jugerons à ses actes et non à ses paroles », a-t-il dit.

« Ce qui est absolument évident, c'est que la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU dit qu'il doit arrêter de faire ce qu'il fait, c'est-à-dire de brutaliser son peuple. Sinon, toutes les mesures nécessaires peuvent être prises pour l'arrêter », a-t-il ajouté.

« C'est ce dont nous sommes convenus hier soir, c'est ce à quoi nous nous préparons et nous le jugerons sur ce qu'il fait », affirme M. Cameron.

Le premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a pour sa part affirmé que la communauté internationale « ne va pas se laisser tromper » par le régime libyen « et va vérifier par tous les moyens le degré de respect » de la résolution de l'ONU.

Les marchés ont cependant réagi positivement à l'annonce. Les cours du pétrole ont chuté d'environ trois dollars à Londres comme à New York dans les minutes qui ont suivi l'annonce du gouvernement libyen.

La résolution 1973, adoptée par dix voix pour et cinq abstentions, autorise le recours à « toute mesure nécessaire », pour protéger les civils à l'exception du déploiement d'une force d'occupation.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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