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Deux véritables mesures et une grande question

Radio-Canada

Si vous devez retenir deux choses de ce budget, si vous voulez savoir ce qui compte vraiment, jetez un oeil sur les mesures qui modifient le Régime des rentes du Québec et les augmentations des droits de scolarité. Le reste, quoi qu'on en dise, n'a pas beaucoup d'importance.

Le Régime des rentes

Pour le Régime des rentes du Québec, le gouvernement Charest veut assurer la pérennité du système. Personne, ou presque, ne lui formule de reproches à cet égard, même si en 2017, il en coûtera, en moyenne, plus de 150 $ par travailleur par année. Le Conseil du patronat n'est pas contre, mais il estime que le régime est trop généreux et il suggère que le gouvernement en réduise les bénéfices. La CSN n'est pas contre, mais elle croit que les salariés qui accomplissent un travail pénible seront pénalisés, car ce sont eux qui voudront prendre leur retraite avant 65 ans. La FTQ n'est pas contre, mais elle voudrait que le régime soit beaucoup plus généreux, question que tous les travailleurs profitent d'un minimum vital à la retraite.

Les droits de scolarité

Étudiants

Pour les droits de scolarité, la hausse substantielle - 325 $ par année pendant cinq ans - réunit dans chaque camp les alliés habituels. Le pari du gouvernement, c'est qu'un meilleur financement améliora la qualité de l'enseignement et de la recherche dans les universités. Néanmoins, bien des Québécois ont désormais à l'esprit la rémunération des recteurs de Concordia, McGill ou Laval, qui ne semble pas souffrir particulièrement du sous-financement des universités.

Voilà ce qui compte, dans la mesure où l'on garde à l'esprit les hausses de taxes importantes que le ministre Raymond Bachand a imposées l'an dernier. Des taxes qui augmenteront encore cette année et l'an prochain (essence, taxe de vente et contribution santé).

Mais la création de 15 000 places à 7 $ en garderie, n'est-ce pas important? Sans doute... si le gouvernement agissait réellement. Pas un cent ne sera investi cette année à ce chapitre. Et puis, le gouvernement n'a pas encore créé toutes les places subventionnées qu'il a déjà promises.

Le plan de redevances sur le gaz de schiste ne mérite-t-il pas toute notre attention? Peut-être... si Raymond Bachand annonçait qu'il augmente dès aujourd'hui les droits pétroliers et gaziers (le fameux 10 cents l'hectare), cela ferait plus sérieux. Ce plan a des allures de proposition, et il semble avoir été conçu davantage à des fins politiques que budgétaires.

Difficile de ne pas tenir le même raisonnement quant aux Régimes volontaires d'épargne-retraite, qui semblent encore bien loin d'une quelconque réalité. Québec doit discuter avec Ottawa et les autres provinces avant de modifier ses lois et ses règlements pour les mettre en place. La mesure ne paraît pas bien ficelée, et les avantages de ce système par rapport aux outils actuels ne sont pas évidents.

La question : le contrôle des dépenses

Depuis des mois, un débat fait rage sur la maîtrise que le gouvernement libéral exerce sur les dépenses de l'État. L'Action démocratique du Québec et certains médias ont exprimé des doutes sérieux à cet égard. Le budget 2011-2012 ne dissipe pas le malaise, malgré les assurances des ministres Raymond Bachand et Michelle Courchesne. D'autant qu'une chose est claire, la dette du Québec augmente encore plus vite que ne l'avait prévu le gouvernement.

Une analyse du journaliste Michel Pepin

Économie