•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'ONU approuve un recours à la force en Libye

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté une résolution visant à protéger les civils libyens, incluant la possibilité de frappes aériennes contre les forces loyales au dictateur Mouammar Kadhafi.

Le Conseil de sécurité de l'ONU débattait de questions reliées à l'Afghanistan jeudi avant-midi.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Conseil de sécurité de l'ONU débattait de questions reliées à l'Afghanistan jeudi avant-midi.

Photo : AFP / Stan Honda

Dix des membres du Conseil de sécurité ont appuyé la résolution, tandis que cinq autres, dont les membres permanents que sont la Chine et la Russie, se sont abstenus lors du vote. Personne n'a voté contre la résolution.

La résolution comprend la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, mais va plus loin. Elle prévoit en effet le recours à « toute mesure nécessaire », donc ouvre la porte au recours à la force.

La France a écrit le projet de résolution avec le Royaume-Uni et le Liban.

Pour qu'un vote au Conseil de sécurité soit valide, il faut que 9 des 15 membres du Conseil de sécurité l'approuvent, et qu'aucun des cinq membres permanents (États-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie) n'oppose son droit de veto.

À Benghazi, dans l'est de la Libye, la foule a salué le vote de l'ONU par des tirs en l'air et en agitant des drapeaux tricolores datant de la monarchie. De nombreux pétards étaient également allumés un peu partout dans la ville.

Les principaux points de la résolution de l'ONU

En préambule à leurs décisions concernant la Libye, les Nations unies ont exprimé leur grave inquiétude sur la situation qui se détériore, l'escalade de la violence et le nombre de victimes civiles. Elles considèrent que les attaques systématiques contre la population civile peuvent être assimilées à des crimes contre l'humanité. L'ONU souhaite assurer la protection des civils et des zones peuplées par des civils et l'acheminement rapide et sans encombre d'une assistance humanitaire.

L'organisation internationale agit en vertu du chapitre 7 de la Charte des Nations unies qui autorise l'usage de la force. Elle demande l'établissement immédiat d'un cessez-le-feu et l'arrêt complet des violences et de toutes les attaques contre des civils. Elle demande aussi aux autorités libyennes de se conformer à leurs obligations en vertu du droit international, y compris le droit humanitaire international.

PROTECTION DES CIVILS
L'ONU autorise les États membres à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils et les zones peuplées par des civils sous la menace d'attaques par les forces du colonel Kadhafi, y compris Benghazi, tout en excluant une force étrangère d'occupation sous quelque forme que ce soit dans n'importe quelle partie du territoire libyen.

ZONE D'EXCLUSION AÉRIENNE
L'ONU décide d'établir une interdiction de tous les vols dans l'espace aérien de la Libye de manière à protéger les civils et autorise les États membres à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire respecter l'interdiction des vols. Cette interdiction ne concerne pas les vols dont l'unique objectif est humanitaire.

RESPECT DE L'EMBARGO SUR LES ARMES
Les Nations unies décident, pour assurer la stricte application de l'embargo sur les armes (contenu dans la résolution précédente du 26 février sur la Libye), d'inspecter sur leur territoire, y compris les ports et les aéroports ou en haute mer, les bateaux et les avions se rendant ou provenant de Libye.

L'ONU déplore par ailleurs l'utilisation systématique de mercenaires en Libye et demande à tous les États membres de se conformer strictement à leurs obligations pour empêcher la fourniture de mercenaires armés à la Libye.

GEL DES AVOIRS L'ONU décide que le gel des avoirs concernera tous les fonds, les avoirs financiers et les ressources économiques qui sont propriété ou contrôlées directement ou indirectement par les autorités libyennes. Elle affirme sa détermination à s'assurer que les fonds gelés seront dès que possible rendus accessibles au bénéfice du peuple libyen.

PANEL D'EXPERTS
L'ONU demande au secrétaire général de l'ONU de créer pour une période initiale d'un an un groupe allant jusqu'à huit experts qui auront pour tâche :

  • de regrouper, d'examiner et d'analyser les informations des États, des entités de l'ONU et des organisations régionales et d'autres parties intéressées concernant la mise en oeuvre des mesures décidées par la résolution, en particulier les incidents de non-respect;
  • de fournir au Conseil un rapport intérimaire sur son travail pas plus de 90 jours après la nomination du panel et un rapport final au Conseil pas plus de 30 jours avant la fin de son mandat avec ses découvertes et ses recommandations.
  • L'ONU renforcera, suspendra ou mettra fin aux mesures prises en fonction du respect ou non par la Libye de cette résolution.

LES RÉACTIONS INTERNATIONALES

La France, les États-Unis et le Royaume-Uni
Nicolas Sarkozy et Barack Obama se sont entretenus au sujet de la mise en oeuvre de la résolution 1973 de l'ONU sur la Libye. La France et les États-Unis font partie, avec le Royaume-Uni, des pays qui pourraient faire partie d'une coalition de pays volontaires pour intervenir militairement.

Ces États seraient prêts à lancer des raids aériens pour arrêter les attaques des forces de Mouammar Kadhafi contre les derniers retranchements des insurgés libyens. Des sources diplomatiques ont annoncé que des frappes aériennes pourraient être lancées dans les heures suivant le vote de l'ONU.

Le Canada
Des sources ont indiqué à CBC que le Canada déployait six chasseurs CF-18 dans la région de la Libye. La frégate canadienne NCSM Charlottetown mouille également en mer Méditerranée, à l'heure actuelle.

L'Italie
Rome a fait connaître son intention de prêter des bases militaires.

L'Allemagne
Berlin a répété que l'Allemagne ne participerait pas à une intervention militaire en Libye. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a indiqué qu'une opération militaire constituerait un risque et un danger considérables.

L'Union européenne
L'UE ne participera pas en tant que tel à d'éventuels bombardements ou à la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne. « L'Union européenne est prête à tout pour la mettre en oeuvre dans la mesure de ses compétences », ont déclaré le président de l'UE, Herman Van Rompuy, et la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

La question sera à l'ordre du jour d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères prévue lundi à Bruxelles, puis d'un sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'UE, qui devrait se tenir jeudi et vendredi prochains.

Le Qatar et les Émirats arabes unis
Un diplomate onusien a affirmé que les deux pays participeraient à des opérations militaires conjointes dans le cadre du mandat des Nations unies. Il a ainsi confirmé les propos du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui avait déclaré avoir d'excellentes raisons de croire qu'il y aurait une participation des pays arabes aux actions menées contre l'armée de Mouammar Kadhafi.

L'ambassadeur adjoint libyen à l'ONU, Ibrahim Dabbachi, qui a fait défection du régime Kadhafi, avait déclaré mercredi qu'environ cinq pays arabes étaient prêts à participer à l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne en Libye.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !