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La reconstruction au Japon sera longue et coûteuse

Dégâts du séisme et du tsuami à Minamisoma

Des maisons effondrées et des voitures endommagées par le séisme et le tsunami à Minamisoma.

Photo : AFP / Kazuhiro Nogi

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Seules quelques minutes ont suffi au tsunami pour faire du nord-est du Japon un champ de ruines. La reconstruction prendra des années et des dizaines de milliards de dollars.

Selon les premières estimations, les dégâts du raz-de-marée causé par un séisme de magnitude 9 devraient dépasser ceux du tremblement de terre de Kobé en 1995, que l'agence de notation Standard & Poor's avait évalués à 159 milliards de dollars américains.

Le tsunami a fait 3700 morts et des milliers de disparus, selon un bilan officiel provisoire. Il a dévasté des villes entières, inondé des ports, raffineries, usines, installations électriques et centrales nucléaires avec des conséquences graves, comme à Fukushima.

Le port de Sendai, le plus grand de la côte nord-est, a été rasé. Les conteneurs de marchandises destinées à l'exportation représentaient la plus grande part de son trafic. Trois autres ports (Hachinohe, Ishinomaki et Onahama) qui ont été durement touchés ne devraient pas être fonctionnels avant des mois.

Six raffineries de pétrole, soit un tiers des capacités du pays, sont à l'arrêt, dont deux en raison d'incendies. Les usines et industries des préfectures les plus sinistrées (Iwate, Miyagi, Fukushima et Ibaraki) représentaient environ 6 % de l'économie du Japon.

Nippon Steel et Sumitomo Metal Industries, d'importantes aciéries, ont été en partie inondées. Plusieurs entreprises (dont Sony, Toshiba et Toyota) ont dû interrompre leur production en raison de coupures de courant à grande échelle provoquées par l'arrêt de centrales nucléaires.

Un travail de longue haleine

L'agence de notation Moody's croit qu'il faudra des mois pour effectuer les opérations de nettoyage avant de commencer à reconstruire les principales infrastructures.

L'Association américaine des ingénieurs civils prévoit que la reconstruction sera très difficile en raison de l'étendue des dégâts. « Il faudra à mon avis 5 à 10 ans pour reconstruire ou réparer », estime Jun Yang, président de l'antenne de Hong Kong du regroupement. Et cette évaluation ne tient pas compte de la centrale de Fukushima.

D'après Ken Collis, de RedR, il est possible que des années s'écoulent avant que les premiers travaux d'ampleur soient réalisés. Cette association forme du personnel spécialisé dans l'intervention après les catastrophes pour le compte de l'ONU et des agences d'aide humanitaire.

M. Collins a travaillé aux Maldives après le tsunami de 2004. En se référant à son expérience, il estime que l'évaluation des besoins de reconstruction, l'octroi et la répartition des fonds peuvent prendre une année entière. Ensuite devraient s'écouler deux années supplémentaires qui serviront, selon lui, aux études et à la conception de nouvelles habitations, ponts, routes et bâtiments et de lancement d'appels d'offres.

Il y a plus de 15 ans, l'État nippon avait augmenté ses dépenses de 15 % dans l'année qui avait suivi le séisme de Kobé. Aujourd'hui, le gouvernement, aux prises avec une dette représentant le double du produit intérieur brut, est en mauvaise posture pour dépenser autant, selon Moody's.

Une facture colossale pour les assureurs

La société américaine EQEcat a estimé que la catastrophe pourrait coûter entre 12 et 25 milliards de dollars aux assureurs. Cette estimation englobe « les effets des secousses sismiques, du tsunami et des incendies qui ont suivi, ainsi que les pertes encourues dans l'assurance automobile, maritime, l'assurance-vie et l'assurance des personnes », a précisé la firme spécialisée dans la modélisation du risque.

Les dommages causés par les secousses sismiques devraient représenter la plus grande partie du coût, entre 8 et 15 milliards de dollars. L'assurance vie devrait représenter à elle seule quelque 3 milliards de dollars, si le chiffre d'environ 10 000 morts ou disparus se confirme.

Avec les informations de Associated Press, et Agence France-Presse

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